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    Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

    Juin 2015

    (Pleine lune du 2 juillet)

      

    Exercice philosophique/symbolique 13

     

    Symbolique Juin 2015

      

    Symbolique de l'œuf


    Le symbole était destiné à l'origine a voiler aux profanes les vérités sacrées tout en laissant celles-ci apparentes pour ceux qui savaient les lire. Une fois incorporées dans les symboles, ces vérités devenaient transmissibles selon les possibilités de l'esprit et de la sensibilité de chacun la connaissance des clés pour déchiffrer les symboles pouvait être nécessaire. C'est pour cette communication que le symbole a été choisi par les civilisations anciennes et par les cultures primitives : le concept de symbole leur a survécu mais il a été vivement attaqué par le cartésianisme et par le monde moderne.


    Le symbole, à la fois mystérieux et révélateur, a toujours été étroitement lié a l'an. Et bien souvent, les artistes ont appliqué leur talent a exécuter des œuvres dont le contenu symbolique leur était suggéré par d'autres hommes attachés aux traditions ou même par des prêtres, qu'il s'agisse de religions païennes ou du Christianisme.


    Certes, l'émotion artistique peut naître de la contemplation d'une œuvre d'art dont on n'appréhende pas tous les aspects. mais on éprouve une satisfaction plus forte si elle nous devient intelligible. Il est des symboles utiles à la compréhension des œuvres d'art et des religions.


    Le symbole reste difficile à définir. Parmi les auteurs qui renoncent à en donner une définition, R Berteaux use d'une comparaison juste " les mots ne peuvent expliquer tout, le contenu du symbole, pas plus qu'ils ne peuvent exprimer la totalité de l'art pictural ou de l'art musical... Les symboles synthétisent tous les messages, tant de l'inconscient que du conscient. Le symbole est destiné à faciliter l'accomplissement de trois étapes, découvrir, comprendre, créer. En effet il facilite la découverte du monde de l'inconscient, il permet de capter le réalité, il facilite la participation au processus de création ".


    Le symbole semble échapper à toute définition. On pourrait dire simplement qu'il est un objet ou très souvent une image ou un signe, plus rarement un concept abstrait, représentant ou faisant évoquer un objet, un personne ou un événement absent ou une abstraction. Il est un signe donnant accès à une connaissance.


    Le symbole a un sens proche de celui d'analogie emblématique ( la colombe est le symbole de la paix, la croix latine est le symbole du Christianisme... ). Le symbole indique une figuration condensée, une idée générale. Le mythe lui est narratif et déploie un univers d'images et de paroles. Ainsi, la symbolique se prolonge dans le mythe qui est dans un discours tandis que le symbole est par essence, soit muet, soit énigmatique.


    En Grèce primitive, le mythe de l'Œuf originel raconte comment la Nuit primordiale, surnommée " la déesse aux ailes noires " a été courtisée par le vent du Nord, c'est-à-dire par le serpent. De cette rencontre est née l'Œuf d'argent, autrement dit la Lune. C'est le mythe orphique où l'Œuf d'argent symbolise la révélation de la vie et de l'Être.


    Selon la doctrine d'Hermopolis, l'Œuf du monde est " pondu " par un " oiseau merveilleux ". L'oiseau est en fait, le Grand Étang Marécageux (le Chaos Originel). L'acte (la ponte) est le fait de la révélation du mystère et non pas du phénomène naturel.


    La genèse de Pan Kou en Chine décrit comment " l'Ancêtre des mille êtres de l'univers " est né de l'Œuf primordial dans lequel se trouvait, à l'état indistinct, le Ciel et la Terre avec toutes les créatures non encore parvenues à l'existence.


    D'autres héros chinois sont nés ultérieurement d'œufs fécondés par le soleil ou de l'ingestion d''oeufs d'oiseaux par leur mère.


    Les Egyptiens qui croyaient à la renaissance (promise par Osiris) font prononcer au mort, au moment de son passage dans l'au-delà, la formule de l'Œuf primordial avec lequel désormais il s'identifie. L'œuf est d'une grande importance dans la religion égyptienne. Il est le symbole du cycle naissance mort-résurrection.


    L'image de l'oiseau revient dans la pensée indienne. L'Œuf du monde a été pondu par le farouche et solitaire déesse Durgâ. Même le dieu Brahmâ est né de cette déesse-vie. Durgâ doit être symboliquement identique au cygne qui a pondu l'Œuf d'or d'où est sorti Brahmâ.


    Ainsi donc l'Œuf primordial (u chaos en forme d'œuf) est toujours défini comme réservoir de toutes les possibilités d'existence. Le symbole de l'œuf concerne ici la connaissance de ce qui était avant la création.


    Le fond sacré de l'œuf est représenté par le principe de l'Un (l'Un comme le principe des choses) et par le Finalité de la Genèse créatrice du monde (Cosmos, Dieu, Hommes). L'Œuf primordial se révèle donc comme le passage de l’Ancrée à la création.


    Toutes les origines et tous les commencements dont rend compte l'œuf symbolique décrivent le passage de l'Un au Multiple., du chaos à l'ordre, de la non existence à la vie. En même temps l'œuf symbolise la nostalgie de l'état primordial, le retour de l'informel, à l'état d'embryonnaire, à la " matrice " des choses. Et le cycle de la naissance et de la renaissance continue...
    Le serpent couvant l'Œuf du monde. Symbole mythologique de l'énergie créatrice (La naissance du monde (l'Inde), éditions du Seuil, Paris, pp. 346-347).


    Le mythe de l'œuf cosmogonique se retrouve chez la plus part des peuples où la pensée traditionnelle du sacré n'a pas été remplacée par la théologie de type biblique.

    Selon le texte : Au commencement, il n'y avait que le non être. Il fit l'Être. Il grandit et se changea en œuf. Il reposa toute une année, puis il se fendit. Deux fragments de coquilles apparurent l'un d'argent, l'autre d'or. Celui d'argent, voilà la terre; celui d'or, voilà le ciel. Ce qui était la membrane externe, voilà les montagnes. Ce qui était la membrane interne, voilà les nuages et les brumes. Ce qui était les veines, voilà les rivières. Ce qui était l'eau de la vessie, voilà l'océan.


    La même symbolique cosmogonique se retrouve dans la pensée chinoise où le Tao ; l'œuf, en tant que état préontologique du mystère, se " fend " en deux principe le " Yin et le Yang ". De sorte que le Yin représente la coquille " la terre " et le Yang la coquille " le ciel ".


    Dans d'autres mythes, on fait appel au serpent pour qu'il " couve " l'œuf pondu par la déesse- oiseau. Il s'agit d'Ophion, le serpent qui s'enroule autour de l'œuf primordial. L'œuf éclot se brise. De l'état virtuel on passe à l'état visible.


    La vision du serpent qui couve l'œuf du monde se retrouve aussi chez les Dogons d'Afrique occidentale. L'œuf cosmogonique donc traduit le passage de l'Un qui devient Deux. L'Œuf du monde, dès lors qu'il est à l'origine des dieux ou des hommes (anthropogonie), possède une nature double ou androgyne. En l’occurrence, le Principe assume le rôle du masculin et la Finalité du féminin. Platon aborde le thème de l'androgynie dans Le banquet " jadis, raconte Aristophane (l'un des convives), notre nature n'était pas ce qu'elle est à présent, elle était bien différente. D'abord il y avait trois espèces d'hommes, et non deux, comme aujourd'hui le mâle, la femelle et outre ces deux-là, une troisième composée des deux autres ; le nom seul en reste aujourd'hui, l'espèce a disparue. C'était l'espèce androgyne qui avait la forme des deux autres, mâle te femelle dont elle était formée ; aujourd'hui elle n'existe plus, ce n'est plus qu'un nom décrié ".

    L’androgyne ovulaire tient une grande place dans la cosmogonie des Tali. On sait que pour ses habitants du Kangou (Cameroun) la terre est née d'un crapaud et d'un œuf de tortue, chaque œuf tournoyant dans un sens contraire à l'autre. En ce moment, raconte le mythe, " les sexes n'étaient pas complètement différenciés, les enveloppes internes représentaient à la fois la semence masculine et l'humidité féminine. Chacun des œufs considérés séparément est comparé à un couple procréant, et leurs mouvements contrariés sont ceux d'un accouplement ; les deux œufs ensemble sont considérés comme formant un couple.

    L'état d'androgénie primitive convient davantage aux dieux qu'aux hommes. Eros (celui qui révèle) le premier des dieux, avait des ailes, deux sexes et quatre têtes. Eros représente la vie dans sa finalité germinative. Dans le chaos de la cosmologie japonaise c'est d'un œuf androgyne qu'il s'agit (naissance du ciel masculin et de la terre féminine).


    La naissance des Dioscures renvoie à l'œuf créateur. Les quatre jumeaux (deux mâles et deux femelles) sortent de l'œuf de Léda. Ils forment deux couples, ainsi l'œuf de Léda devient androgyne. En effet, Castor est associé à Clytemnestre et Pollux à Hélène. Les deux couples ressemblent à des jumeaux " androgynes " dans l'œuf coupé en deux.


    Le premier couple de jumeaux à comme père (légitime) le roi Tyndare de Sparte, époux de Léda. Le second couple doit sa naissance aux ébats amoureux de Zeus métamorphosé en cygne. Selon une autre version Léda avait trouvée dans un marais un œuf rouge-orangé, qu'elle rapporta chez elle et cacha dans un coffret. De cet œuf sortit Hélène de Troie. " Selon certains, cet œuf tomba de la lune, comme celui qui autrefois fit immergé dans l'Euphrate, puis tiré sur le rivage par des poissons et couvé par des colombes. L'œuf lunaire s'ouvrit pour laisser sortir la déesse syrienne de l'Amour : Pluton, Le banquet. Editions Gallimard. Paris 1950.


    D'autres disent que c'est la déesse elle même qui pond l'œuf du monde, après s'être unie avec le serpent Ophion, pour le couver ensuite sur les eaux en prenant la forme d'une colombe. L'Androgynie constituait la perfection de l'état primordial ".


    La résurrection apporte une nouvelle dimension à l'existence, celle de l'immortalité. C'est pourquoi le rite sacré de l'Œuf est aussi une " sorte de tombeau ".


    Dès lors, l'œuf pascal est à la fois tombeau et nid. Il est tombeau pour l'ancien ; Adam meurt dans le Christ, la nature meurt en hiver, l'homme meurt au monde. Il est berceau pour la renaissance du " nouveau ".


    L'œuf est " Pascal " parce que son sens comprend la mort (le tombeau) comme un élément de la Trinité osirienne (vie-mort-survie). Il était normal que chez les Egyptiens, qui croyaient ferment à l'immortalité, l'œuf soit évoqué dans toutes les formules funéraires (on sait qu'Osiris a été tué par son frère Seth. Il se partage les vingt-quatre pyramides qui sont enfermées dans l'Œuf d'Osiris. La pyramide c'est évidement le tombeau. Osiris disposent de douze pyramides blanches, Seth de douze pyramides noires. Le symbolisme est clair seules les pyramides osiriennes sont porteuses d'immortalité, car elles sont pures blanches). Osiris tué par son frère, renaît dans la vie éternelle qui est la suprême métamorphose de la vie. L'œuf d'Osiris est pascal, parce qu'il s'agit de sortir de la mort. La position recroquevillée du mort dans la tombe est osirienne. Elle imite la position du fœtus dans la matrice de la seconde naissance répète la première mais sur le plan de l'âme. C'est ainsi qu'on devient " Osiris ", comme on devient selon la parole de Saint Paul, identique au Christ ressuscité.

    Le symbolisme de l'œuf pascal trouve son expression universelle dans l'oiseau-Phénix. En effet cet oiseau fabuleux illustre bien le processus de l'immortalisation de la vie qui " renaît de ses cendres ". Il s'agit de l'oiseau d'Ethiopie, grand comme un aigle royal, dont on disait qu'il vivait pendant 500 ans ou même plus. Au terme de ses années, lorsque la mort approche, le Phénix qui se sent mourir pond l'œuf (principe de fécondité) c'est son tour à la vie informelle, au principe-un de l'œuf. Son nid devient sa tombe. Mais l'œuf est, de par sa nature fécondatrice, finalité de la vie la tombe devient le berceau du nouveau Phénix.


    La sublimation Pascal de l'œuf (passage, résurrection, immortalité) s'identifie désormais au symbolisme de l'oiseau qui renaît de ses cendres. L'œuf de Pâques symbolise le principe du renouveau. Jadis on échangeait des œufs colorés en rouge à la fête de l'équinoxe de printemps ; aujourd'hui encore on offre à Pâques dans une partie de l'Europe (Europe de l'est et de l'ouest). Dans les pays orthodoxes on prononce en même temps la phrase " le Christ est ressuscité ". 

    Souvent aussi à Pâques, Fête de la résurrection du Christ, les enfants cherchent dans les jardins des œufs cachés qu'ils pensent tombés du ciel. A notre époque les œufs en chocolat ou en sucre sont vendus à la même saison (printemps) qui est celle du renouveau de la nature (c'est le moment où la nature sort du tombeau de l'hiver). C’est aussi le " Nouvel An ". Jusqu'au décret de Charles IV en 1594, le Nouvel An commençait au printemps. En Iran les œufs décorés sont le cadeau spécifique du Nouvel An (dans ce pays le Nouvel An commence en mars). C'est une coutume quasiment universelle que de manger des œufs le jour de l'An (Perse, Babylone, Chine).L'œuf est donc lié à la renaissance du printemps. Ce symbolisme est tellement fort que l'œuf joue un rôle direct dans le rituel agricole de certains pays qui enterrent les œufs dans les labours ceci est encore observé au 21ème siècle dans les contrées de l'Europe septentrionale.

    Dans le repas de la Pâques juive la nourriture présente sur la table, si elle est consommable, est surtout symbolique. Les pains non levés disposés sur le plateau sont l'évocation à la fois du pain de misère, de la servitude vécue chez les Egyptiens et le souvenir de la fuite précipitée des fils d'Israël, qui ne laissa pas le temps à la pâte de gonfler. Six récipients sont placés autour du plateau ; le premier est une coupe contenant de la verdure du persil, du cerfeuil, des radis ou du céleri ; le deuxième est un verre rempli de vinaigre ou d'eau salée ; le troisième une coupe pleine de laitue ou de raifort, herbes amères comme l'était la vie des fils d'Israël en Egypte ; le quatrième récipient contient une pâte brunâtre faite de pommes râpées auxquelles on ajoute, selon les pays, des amendes, de la cannelle, des dattes, des figues, le tout pilé, rappellent le mortier et l'argile employés par les Hébreux en Egypte pour fabriquer les briques ; le cinquième reçoit un os garnit de viande , en souvenir de l'agneau pascal, et le dernier un œuf dur, cuit dans les cendres, en signe de désolation. L'Œuf est un aliment que l'on mange en signe de deuil.

    En Grèce au cours de l'après-midi de Pâques on va manger des œufs au cimetière, apportant une assiette qui recevra la part des disparus. Mais le plus des œufs reste à la maison, auprès de l'icône. Il protègera de la foudre. Cette efficacité des œufs contre le feu se retrouve dans le sud-ouest de la France si l'on jette un œuf pondu le vendredi saint dans un incendie, celui-ci s'éteint aussitôt. Au pays messin, un tel œuf offert à un sorcier le démasque. Dans les Hautes-Alpes, il préserve de la colique, et en Franche-Comté des chutes dangereuses. En Roumanie ou en Ukraine, ces œufs ne prennent pas la couleur ; conservés toute l'année ils ne se gâtent pas et préservent de toutes les maladies et calamités. C'est pourquoi on jette leurs coquilles brisées sur les toits des maisons afin de les protéger des esprits maléfiques, et qu'on en fait des colliers pour les femmes stériles.


    Au Moyen-âge, non seulement on peignait les œufs, mais on les illustrait, tous avaient un sens identique le bien qu'on souhaitait aux destinataires des œufs. Les symboles d'ont ils étaient ornés variaient selon le souhait que l'on exprimait le soleil était un vœu de richesse, le cerf de santé, le coq ou la poule de bonheur en général et ainsi de suite. Les fleurs, avec toutes leurs espèces, représentaient bien entendu le langage de l'amour.


    Des grands peintres comme Watteau et Lancret s'en mêlèrent. On offrit des œufs miniatures, comme celui de François 1er qui contenait toutes les stations du chemin de la Croix, ou des œufs teints, tel qu'un œuf normand, dont la coquille était recouverte d'or et de pierres précieuses que Louis XV offrit a Mme du Barry.


    " Si on le mange à la coque, j'en retiens la coquille " s'était écrié le chevalier de Bouffers en 1654. Nicolas de Bonnefon donnait quelques conseils pour colorer les œufs. Vous en ferez de jaunes avec du safran, de bleus avec de l'inde, de brun avec de l'écorce d'aulne ou de la mie ou des œufs de noix vertes, et ainsi des autres couleurs.


    Le Larousse Ménager a lui aussi sa méthode. Pour peindre des œufs, on les jette dans l'eau bouillante contenant une matière colorante inoffensive : rouge suc de betterave, pelure d'oignon, brun brou de noix, suc de réglisse, safran, écorce de pommier, ocre jaune, vert, suc d'épinard, huile tournesol, bleu d'oseille, fleur de violette ou de mauves desséchées.


    Les œufs décorés ne sont pas toujours destinés à être gardés. Ils se mangent la plus par du temps. En Roumanie et en Ukraine, on conserve cependant les coquilles pour les jeter dans la rivière. Ces coquilles descendent jusqu'à l'Au-delà dire aux défunts de garder courage car le Christ est ressuscité et que c'est la fête à la maison.


    Il existe aussi des œufs " écrits " pour les morts, chez les Tziganes, ornés de lignes sinueuses ou brisées que seuls les défunts savent déchiffrer. On les porte sur les tombes. Ainsi ceux qui ne sont plus partage néanmoins la joie de la famille.


    Appliqué à l'alchimie, le symbole analogique de l'œuf concerne le vase dans lequel s'opère la transmutation de la matière. Le vase dans lequel s'effectue la cuisson de la prima matéria porte le nom d'œuf en raison de sa forme et, surtout, du rôle de matrice qu'il joue. Le nom d'œuf philosophique lui avait été donné à cause de la forme de ce vase, mais aussi suivant des analogies plus profondes. Cet Œuf philosophique était une sorte de symbole de l'Œuf du monde, comme un modèle réduit de la création.


    Le symbolisme par analogie de l'œuf joue également dans l'explication de la cuisson. La transmutation alchimique répète la genèse ovulaire. Le symbolisme ovulaire par analogie est poussé jusqu'à ses constituants profanes. En effet, les trois éléments de l'œuf ont leurs correspondants alchimiques, la coquille est semblable à la terre (c'est-à-dire aux métaux imparfaits cuivre, fer, étain, plomb), le blanc renvoie au mercure (eau d'argent, eau de soufre natif, eau divine), le jaune d'œuf reçoit le nom de misy (sulfate basique de fer, couperose de cuivre, ocre grec, vermillon etc.). Mieux encore, les alchimistes ne se contentent pas de l'œuf symbole, ils font entrer dans la composition de leur cuisson, l'œuf réel, par exemple dans la production de l'or brillant. " L'or brillant, dont l'éclat s'étend jusqu'aux limites de la terre habitée ".

    Nicéphore Biemmidès (byzantin du XIIIème siècle) conseille de prendre la coquille des œufs, la laver, purifier, refroidir et broyer avant de la mettre dans le marmite. L'orifice du récipient étant ensuite bouché, on fait chauffer la poudre calcaire pendant huit jours jusqu'au moment où elle devient blanche. C'est la fameuse " chaux " des alchimistes. On prend alors le blanc intérieur de l'œuf qu'on fait monter dans un vase en forme d'œuf. On mélange la chaux et le liquide obtenu auxquels on ajoute de l'eau distillée. C'est avec cette préparation, appelée " eau divine " qu'on blanchit le corps de la magnésie. L'opération continue avec le jaune d'œuf qui doit produire une huile spéciale, qui sera mélangée à la chaux des coquilles crues, ainsi que la " cendre des jaunes d'œufs ". Biemmidès attire l'attention sur la propreté des œufs, sur leur nombre et leur poids.


    La naissance du monde à partir d'un œuf reste une idée commune à de nombreux pays. Mais outre ces symboles de naissance, de création, de renouveau, de résurrection, l'œuf évoque encore le repos (maison, nid, coquille, sein de la mère...) ou l’introversion et l’extraversion (rentrer, sortir de sa coquille). Le symbolisme de l'œuf s'exprime aussi par des images moins directes comme les pierres ovoïdes (cf. Pierre Noire de Cybèle, la boule du scarabée bousier, la demi-sphère du stûpa).

    L'œuf est parfois pris comme symbole de prospérité, il peut évoquer encore la perfection, l'intégrité, la virginité, la pureté...


    En Russie aujourd'hui, on peint des œufs en bois sur lesquels sont représentés des icônes ; des églises ; des villes avec leurs ange-gardiens. Mais la tradition dont on parle le plus en France, c'est des œufs de Fabergé. La famille Fabergé arrive en Russie grâce aux perturbations religieuses de France ( et encore aujourd'hui une descendante de Carl Fabergé vivant en Suisse m'a dit que dans sa famille, les filles étaient de religion orthodoxe et les garçon étaient protestants. Fabergé, orfèvre, joaillier, artisan et artiste fabrique des œufs puisque depuis le XVIIIème siècle, la tradition des œufs de Pâques artificiels existe. Louis XV et Louis XVI en offraient au membre de leur famille. S'il existe en Russie des œufs... en or !!! Il en existe d'autres pour bourses pleines ou vides ( verre, porcelaine, pierre dure, papier mâché... ). Il existe aussi une tradition intéressante à Pâques, les dames de la bonne société portent des colliers ou bracelets d'œufs, petites breloques plus ou moins précieuses et délicatement ouvragées par les joailliers. Plus ces dames étaient admirées, courtisées, aimées, plus elles en possédaient. Certaines en avaient une centaine. L'autre spécialité des œufs de Pâques étaient les œufs à surprise. Alexandre II en offrait un à sa femme. Nicolas II, un à sa femme l'autre à sa mère. Le premier œuf commandé par le Tsar le fut en 1884 et à partir de cette date, la famille Fabergé fournie la famille impériale. Il sort 57 œufs des ateliers Fabergé. Chacun est unique dans sa composition matérielle et artistique. Les matériaux les plus nobles sont utilisés : or, platine, cristal de roche, émail...

    De l'œuf de 1884, il sort une poule. Après, bouquets, carrosse, navires, miniatures, oiseaux se succèdent dans une irisation de matières précieuses ou rendues précieuse par le travail. A partir de la guerre de 14, les matériaux deviennent plus modestes et la fabrication plus simple. Ces œufs pouvaient demander jusqu'à 3 ans de travail.


    Mais la famille impériale n'était pas la seule à s'offrir des œufs. Les familles riches en commandaient aussi, mais le travail de la miniaturisation est moins poussée, sont plus gros. Ils s'inspirent souvent des œufs impériaux mais les détails changent. Les œufs impériaux demandaient beaucoup d'étude, il était normal d'en profiter pour des travaux moins fins.

     
    Et puis, il n'y a pas eu que des joailliers, les familles, les lapidaires. Il y a eu des peintres qui n'ont pas peints sur les coquilles d'œufs. Pietro Della Francesca a peint un retable représentant une vierge à l'enfant que domine un œuf. Bosch en a mis plein ses paradis et ses enfers. Dali a peint Léda aimée de Zeus devenu cygne et qui enfanta, d'après la légende, un œuf d'où sorti Hélène et Pollux. Il a même aménagé chez lui un salon dit de l'œuf. Gilbert Valentin le raconte en émaux. Certaines sculptures de Brancusi sont des visages tellement poli que l'on dirait un œuf.

     

     

    Exercice pratique

     

    L’exercice consiste à faire une retranscription d’au moins une page sur le regard que vous avez sur vous-même, votre mode de penser et votre mode de fonctionnement intérieur et extérieur. Ici les fautes d’orthographes, de français et de grammaire, n’ont aucune importance, puisque seul demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel. Ce n’est pas un exercice intellectuel, mais un exercice pour faire connaissance avec son « soi ». Soyez vrai, droit et sincère avec vous-même, avec votre cœur, avec vos pensées, et dans vos écris. N’essayez pas de mentir, de minimiser, ou d’augmenter, juste d’être vous-même, juste de vous accepter tel que vous êtes, pour vous donner la possibilité de vous découvrir en profondeur. Une retranscription simple et honnête, de « qui vous êtes » et « ou vous en êtes » maintenant. Ce travail vous aide à faire « connaissance » avec vous, à chaque fois de manière renouvelée et en toute objectivité. Grâce à cette réalité véridique, vous pouvez aborder « là ou vous en êtes » en toute sérénité et avancer avec un « plan de restructuration » en fonction des découvertes que vous observez, et de l’élévation que vous constatez. Au fur et à mesure des exercices, votre Conscience Individuelle grandit, s’affine et change, c’est cela la transmutation, l’ascension vers la source de la Conscience Universelle…... !

     

    Voici les questions:

     

    Cet exercice est un travail philosophique pour ouvrir votre réflexion, sur votre relation avec la symbolique de « l’oeuf »,  et observer toutes les particularités que celle-ci véhicule. C’est un entrainement pour vous « observer » vous-même.  Pour « observer » vos réactions personnelles, qu’elles soient avec les autres ou avec  le Cosmos. Votre environnement intérieur et extérieur, sont mis à contribution pour vous révéler « qui vous êtes » exactement, mais également « qui sont les autres ».  C’est une manière particulière de se défaire des contraintes, en prenant conscience des corrélations qui existent dans tous les niveaux de conscience. Mais c’est également une manière divine de se lier avec ceux qui nous ressemblent et le Cosmos. 

     

    1/ Que représente pour vous la symbolique de l’œuf ? Comprenez-vous le sens de cette symbolique, son utilisation au-delà des mots et des expressions ? Expliquez-nous votre point de vue en quelques lignes ?

     

    2/ Il y a plusieurs interprétations de l’œuf. Citez-nous lesquelles ?

     

    3/ La poule est dans l’œuf et l’œuf est dans la poule. Que signifie cette expression selon vous ?

     

    4/ Ce qui nous intéresse ici c’est le fait que nous ayons tous, un point commun avec l’œuf. En effet, nous sommes passés par le stade de l’œuf, totalement libre, autonome, et pendant quelques jours nous avons été des voyageurs dans l’espace sidéral de l’utérus de notre mère. Que vous reste-il de cet épisode ?

     

    5/ Le jaune et le blanc de l’œuf ont chacun une signification pour notre inconscient : le blanc représente notre protection ou comment nous nous sommes sentis protégés et aussi comment les échanges entre l’intérieur et l’extérieur se sont effectués ; le jaune représente nos origines, notre ADN, le début de notre vie. Les allergies à l’œuf sont aussi significatives de notre histoire familiale. Le blanc contient de l’albumine et son rejet, équivaudrait à ne pas vouloir tourner les pages de l’album familial car les émotions y sont trop importantes ou trop douloureuses et qu'il est préférable pour certains d’éviter d’aller vers cette souffrance. Le refus du jaune qui est plein de protéines indispensables à la vie cellulaire dénoterait en revanche une difficulté ou, une non acceptation de notre conception. Quand est-il de votre propre inconscient, du rapport entre le blanc et le jaune de l’œuf, avec votre identité familiale ? 

     

    L'œuf est une représentation immense de possibilités. Il ouvre beaucoup d’interrogations, même si beaucoup se recoupent. Que l’œuf soit fécondé, qu’il donne la vie et devienne multitude, il ouvre tous les possibles. Il peut rester simple, afficher une forme parfaite, où entrer dans une réalité relative, nos esprits le caressent avec délectation tant sa symbolique est abondante. Il ne se laisse jamais enfermer dans une définition, un peut comme nos âmes. Œuf de reptile, d'oiseau, ovule, rêve du peintre et du poète, matérialiste du renouveau, signe de résurrection, il est toujours accolé, accouplé au mot VIE. Alors, ne serait-il pas tout simplement, une représentation de la vie infinie……

     

     

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    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

     

    ¯˜ »*°•**•°* »˜¯ 

     

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    Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

    Mai 2015

    (Pleine lune du 2 juin 2015)

      

    Exercice philosophique/symbolique 12

     

     

      

    Symbolique de l’eau

     

    Les significations symboliques de l’eau peuvent se réduire à trois thèmes dominants : source de vie, moyen de purification, centre de régénérescence. Ces trois thèmes se rencontrent dans les traditions les plus anciennes et ils forment les combinaisons imaginaires les plus variées, en même temps que les plus cohérentes.

    Les eaux,  masse indifférenciée, représentent l’infinité des possibles, elles contiennent tout le virtuel, l’informel, le germe des germes, toutes les promesses de développement, mais aussi, toutes les masses de résorption. S’immerger dans les eaux pour en ressortir sans s’y dissoudre totalement, sauf par une mort symbolique, c’est retourner aux sources, se ressourcer dans un immense réservoir de potentiel et y puiser une force nouvelle : phase passagère de régression et de désintégration conditionnant une phase progressive de réintégration et de régénérescence.

    Le Rig Veda exalte les Eaux qui apportent vie, force et pureté, tant au plan spirituel qu’au plan corporel.

    Vous les Eaux, qui réconfortez,

    Apportez-nous la force,

    La grandeur, la joie, la vision !

    …Souveraine des merveilles,

    Régentes des peuples, les Eaux !

    …Vous les Eaux, donnez sa plénitude au remède,

    Afin qu’il soit une cuirasse pour mon corps,

    Et qu’ainsi je voie longtemps le soleil !

    …Vous les Eaux, emportez ceci,

    Ce péché quel qu’il soit, que j’ai commis,

    Ce tort que j’ai fait à qui que ce soit,

    Ce serment mensonger que j’ai prêté.

    (Traduction Jean Varenne, VEDV, 137.)

     

    Les variations des différentes cultures sur ces thèmes essentiels nous aideront à mieux saisir et approfondir, sur un fond quasi identique, les dimensions et les nuances de cette symbolique de l’eau.

     

    En Asie l’eau est la forme substantielle de la manifestation, l’origine de la vie et l’élément de la régénération corporelle et spirituelle, le symbole de la fertilité et celui de la pureté, de la sagesse, de la grâce et de la vertu. Fluide, sa tendance est à la dissolution ; mais homogène, elle l’est à la cohésion, à la coagulation. Comme telle, elle pourrait correspondre à sattva, mais comme elle s’écoule vers le bas, vers l’abîme, sa tendance est tamas ; comme elle s’étend à l’horizontale, sa tendance est aussi rajas.

     

    L’eau est la materia prima, la Prakriti : Tout était eau, disent les textes hindous ; les vastes eaux n’avaient pas de rive…, dit un texte taoïste. Brahmânda, l’Œuf du monde, est couvé à la surface des Eaux. De même, le Souffle ou l’esprit de Dieu, dans la Genèse, couve à la surface des Eaux. L’eau est Wou-ki, disent les Chinois, le Sans-Faîte, le chaos, l’indistinction première. Les Eaux, représentant la totalité des possibilités de manifestation, se séparent en Eaux supérieures, qui correspondent aux possibilités informelles, et en Eaux inférieures, qui correspondent aux possibilités formelles ; dualité que le Livre d’Hénoch traduira en termes d’opposition sexuelle, et que l’iconographie représente souvent par la double spirale. Les Eaux inférieures sont dit-on, enfermées dans un temple de Lhassa, dédié au roi des nâga ; les possibilités informelles sont représentées en Inde par les Apsara* (de Ap, eau). La notion d’eaux primordiales, d’océan des origines, est quasi universelle. On la retrouve jusqu’en Polynésie, et la plupart des peuples austro-asiatiques localisent dans l’eau la puissance cosmique. Il s’y ajoute fréquemment le mythe de l’animal plongeur, tel le sanglier hindou qui ramène un peu de terre à la surface, embryon mis au jour de la manifestation formelle.

     

    Origine et véhicule de toute vie : la sève est eau et, dans certaines allégories tantriques, l’eau figure prâna, le souffle vital. Sur le plan corporel, et parce qu’elle est aussi don du ciel, elle est un symbole universel de fécondité et de fertilité. L’eau du ciel fait le paddy, disent les Montagnards du Sud-Vietnam, fort sensibles par ailleurs à la fonction régénératrice de l’eau, qui est pour eux médicament et breuvage d’immortalité.

     

    Non moins généralement l’eau, l’eau est l’instrument de la purification rituelle : de l’Islam au japon, en passant par les rites des anciens fouchouei taoïstes (maîtres de l’eau consacrée), sans oublier l’aspersion d’eau bénite des chrétiens, l’ablution* joue un rôle essentiel. Dans l’Inde et dans le Sud-Est asiatique, l’ablution des statues saintes – et des fidèles – (particulièrement au nouvel an) est à la fois purification et régénération. La nature de l’eau la porte à la pureté, écrit wen-tseu. Elle est, enseigne Lao-Tseu, l’emblème de la suprême Vertu (Tao, ch.8). Elle est encore le symbole de la sagesse taoïste  car elle n’a point de contestations ; elle est libre et sans attaches, se laisse couler en suivant la pente du terrain. Elle est la mesure, car le vin trop fort doit être mêlé d’eau, ce vin fût-il celui de la connaissance.

     

    L’eau opposée au feu est yin. Elle correspond au nord, au froid, au solstice d’hiver, aux reins, , à la couleur noire, au trigramme k’an qui est l’abyssal. Mais d’une autre manière, l’eau est liée à la foudre, qui est feu. Or si la réduction à l’Eau des alchimistes chinois peut-être considérée comme un retour à la primordialité, à l’état embryonnaire, il est dit aussi que cette eau est feu, et que les ablutions hermétiques doivent s’entendre de purification par le feu. Dans l’alchimie interne des Chinois le bain et le lavage pourraient bien être aussi des opérations de nature ignée. Le mercure alchimique, qui est eau, est parfois qualifié d’eau ignée.

     

    Notons encore que l’eau rituelle des initiations tibétaines est le symbole des vœux, des engagements pris par le postulant.

     

    Pour revenir enfin au seul charme des apparences, citons la belle formule de Victor Segalen : mon amante à les vertus de l’eau : un sourire clair, des gestes coulants, une voix pure et chantant goute à goute (Stèles).

     

    C’est sous forme de symboles que s’exprime encore une prière védique aux Eaux, prière qu’il faut entendre comme concernant tous les niveaux d’existence, physique et mental, que les Eaux peuvent vivifier :

     

    O riches Eaux,

    Puisque vous régnez sur l’opulence

    Et que vous entretenez le vouloir propice et l’immortalité

    Et que vous êtes les souveraines de la richesse

    Qui s’accompagne d’une bonne prospérité,

    Daigne, Sarasvati, douée de cette jeune vigueur

    Celui qui chante.

    (Asvalayana Strantasutra 4. 13. VEDV, 270).

     

    Dans les traditions juives et chrétiennes, l’eau symbolise d’abord l’origine de la création. Le men (M) hébreu symbolise l’eau sensible : elle est mère et matrice. Source de toutes choses, elle manifeste le transcendant et de ce fait elle doit être considérée comme une hiérophanie.

     

    Toutefois l’eau, comme d’ailleurs tous les symboles, peut-être envisagée sur deux plans rigoureusement opposés, mais nullement irréductibles, et cette ambivalence se situe à tous les niveaux. L’eau est source de vie et source de mort, créatrice et destructrice.

     

    Dans la bible, les puits* dans le désert, les sources* qui s’offrent aux nomades sont autant de lieux de joie et d’émerveillement. Près des sources et des puits s’opèrent les rencontres essentielles ; tels des lieux sacrés, les points d’eau jouent un rôle incomparable. Près d’eux, l’amour naît et les mariages s’amorcent. La marche des Hébreux et le cheminement de chaque homme durant son pèlerinage terrestre sont intimement reliés au contact extérieur ou intérieur avec l’eau, celle-ci devient un centre de paix et de lumière, oasis.

     

    La Palestine est une terre de torrents et de sources, Jérusalem est arrosée par les eaux paisibles de Siloé. Les fleuves* sont des agents de fertilisation d’origine divine, les pluies* et la rosée apportent leur fécondité et manifeste la bienveillance de Dieu. Sans l’eau le nomade serait immédiatement condamné à la mort et brûlé par le soleil palestinien ; ainsi l’eau qu’il rencontre sur sa route est comparable à la manne : en le désaltérant elle le nourrit. C’est pourquoi l’eau est demandée par la prière, elle est objet de supplication. Que Dieu entende le cri de son serviteur, il envoie les ondées et fait rencontrer les puits et les sources. L’hospitalité exige qu’une eau fraîche soit présentée au visiteur, que ses pieds soient lavés, afin d’assurer la paix de son repos. Tout l’Ancien Testament célèbre la magnificence de l’eau. Le Nouveau Testament recevra cet héritage et saura l’utiliser.

     

    Yahvé est comparé à une pluie de printemps (Osée 6, 3), à la rosée qui donne aux fleurs leur croissance (Id. 14, 6), aux eaux fraîches s’écoulant des montagnes, au torrent qui abreuve. Le juste est semblable à l’arbre planté aux bords des eaux courantes (Nombres 24, 6) ; l’eau apparaît donc comme un signe de bénédiction.

    Mais il convient d’en reconnaître justement l’origine divine. Ainsi après Jérémie (2, 13), le peuple d’Israël dans son infidélité, méprisant Yahvé, oubliant ses promesses et cessant de le considérer comme la source d’eau vive, a voulu se creuser ses propres citernes ; celles-ci, lézardées, ne conservèrent pas l’eau. Jérémie, blâmant l’attitude du peuple à l’égard de son Dieu, source d’eau vive, se lamente en disant : Ils feront de leur pays un désert (18, 16). Les alliances étrangères sont comparées aux eaux du Nil et de l’Euphrate (11, 18). L’âme cherche son Dieu comme le cerf altéré cherche la présence de l’eau vive (Psaumes 42, 2-3).L’âme apparaît ainsi comme une terre sèche et assoiffée, orienté vers l’eau ; elle attend la manifestation de Dieu, telle la terre desséchée souhaite pouvoir être abreuvée par les pluies (Deutéronome, 32, 2).  C’est ce symbolisme, issu des bases les plus anciennes du monde méditerranéen, qui fournira au poète Garcia Lorca la trame même de sa tragédie Yerma, la femme stérile par manque d’homme comme est stérile, yermo, le désert, par manque de pluie.

     

    Il est tout naturel que les Orientaux aient regardé l’eau d’abord comme un signe et un symbole de bénédiction : n’est-ce pas elle qui permet la vie ? Quand Isaïe prophétise une ère nouvelle, il dit : de l’eau jaillira dans le désertle pays de la soif se changera en sources (Isaïe. 35, 6-7). Le voyant de l’Apocalypse ne parle pas différemment : L’agneau…les conduira aux sources des eaux de la vie (Apoc. 7, 17).

     

    L’eau est donnée par Yahvé à la terre, mais il est une autre eau plus mystérieuse : celle-ci relève de la Sagesse, qui a présidé lors de la création à la formation des eaux. Dans le cœur du sage, l’eau réside ; il est semblable à un puits et à une source, et ses paroles ont la puissance du torrent. Quand à l’homme privé de sagesse, son cœur comparable à un vase brisé laisse échapper la connaissance. Ben Sira compare la Thora (la Loi) à la Sagesse, car la Thora répand une eau de Sagesse. Les Pères de l’Eglise considèrent l’Esprit Saint comme auteur du don de sagesse qu’il verse dans les cœurs altérés. Les théologies du Moyen Age représentent ce thème en lui donnant un sens identique. Ainsi, pour Hugues de Saint-Victor, la Sagesse possède ses eaux, l’âme est lavée par les eaux de la Sagesse.

     

    L’eau devient le symbole de la vie spirituelle et de l’Esprit, offerts par Dieu et souvent refusés par les hommes.

     

    Jésus reprend ce symbolisme dans son entretien avec la femme de Samarie : Qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif… L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle (Jean 4, spécialement verset 14).

     

    Avant tout symbole de vie dans l’Ancien Testament, l’eau est devenue symbole de l’Esprit dans le Nouveau Testament (Apocalypse, 21).

     

    Jésus-Christ se révèle le Maître de l’eau vive avec la Samaritaine (Jean 4, 10). Il est la source ; Si quelqu’un à soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive (Id. 7, 37-38). Comme du rocher de Moïse, l’eau jaillit de son sein et sur la croix la lance fera couler de l’eau et du sang de son côté ouvert. C’est du Père que l’eau vive s’écoule, elle se communique par l’humanité du Christ ou encore par le don de l’Esprit Saint qui, suivant le texte d’un hymne de la Pentecôte, est fons vivus (fontaine d’eau vive), ignis caritas (feu d’amour), Altissimi donum Dei, (don du Très Haut). Saint Athanase précise le sens de cette doctrine, en disant : Le Père était la source, le Fils est appelé le fleuve, il est dit que nous buvons l’Esprit (Ad Serapionem, 1, 19). L’eau revêt donc un sens d’éternité, celui qui boit de cette eau vive participe déjà à la vie éternelle (Jean, 4, 13-14).

     

    L’eau vive, l’eau de la vie se présente comme un symbole cosmogonique. C’est parce qu’elle purifie, guérit, rajeunit qu’elle introduit dans l’éternel. Selon Grégoire de Nysse, les puits conservent une eau stagnante. Mais le puit de l’Epoux est un puits d’eaux vives. Il a la profondeur du puits et la mobilité du fleuve, ce qui n’est pas sans rapport avec le texte de Lorca cité plus haut.

     

    D’après Tertullien, l’Esprit divin choisit l’eau parmi les divers éléments, c’est à elle que vont ses préférences, car elle apparaît dès l’origine une matière parfaite, féconde et simple, totalement transparente (De baptismo, 3). Elle possède par elle-même une vertu purificatrice et pour cette raison encore elle est considérée comme sacrée. D’où son usage dans les ablutions rituelles ; par sa vertu, elle efface toute infraction et toute souillure. Seule, l’eau du baptême lave des péchés et elle n’est conférée qu’une fois, car elle fait accéder à un autre état : celui de l’homme nouveau. Ce rejet de l’homme ancien, ou plutôt cette mort d’un moment de l’histoire, est comparable à un déluge*, car celui-ci symbolise une disparition, un effacement : une époque s’anéantit, une autre surgit.

     

    L’eau possédant une vertu purificatrice, exercera de plus un pouvoir sotériologique. L’immersion est régénératrice, elle opère une renaissance, dans le sens ou elle est à la fois mort et vie. L’eau efface l’histoire, car elle rétablit l’être dans un état nouveau. L’immersion est comparable à la mise au tombeau du Christ : il ressuscite, après cette descente dans les entrailles de la terre. L’eau est symbole de régénération : l’eau baptismale conduit explicitement à une nouvelle naissance (Jean, 3, 3-7) elle est initiatrice. Le Pasteur d’Hermas parle de ceux qui descendirent dans l’eau morts et en remontèrent vivants. C’est le symbolisme de l’eau vive, de la fontaine de jouvence. Ce que j’ai en moi dit Ignace de Théophore (d’après Calliste), c’est l’eau qui opère et qui parle. On se souviendra que l’eau de la Castalie de Delphes donnait son inspiration à la Pythie. L’eau de la vie est la Grâce divine.

     

    Les cultes sont volontiers concentrés autour des sources. Tout lieu de pèlerinage comporte son point d’eau et sa fontaine. L’eau peut guérir en raison de ses vertus spécifiques. Au cours des siècles, l’Eglise s’est élevée maintes fois contre le culte rendu aux eaux ; la dévotion populaire a toujours considéré la valeur sacrée et sacralisante des eaux. Mais les déviations païennes et le retour des superstitions étaient toujours menaçants ; le magique guette le sacré pour le pervertir dans l’imagination des hommes.

     

    Si les eaux précèdent la création, il est bien évident qu’elles demeurent présentent pour la recréation. A l’homme nouveau correspond l’apparition d’un autre monde.

     

    Dans certains cas – et nous l’avons dit au début de cette notice – l’eau peut faire œuvre de mort. Les grandes eaux annoncent dans la vie les épreuves. Le déchaînement des eaux est le symbole des grandes calamités.

     

    Traits bien dirigés, les éclairs jailliront et des nuées, comme d’un arc fortement bandé, voleront vers le but ;

    une baliste lancera des grêlons chargés de courroux.

    Les flots de la mer contre eux feront rage,

    Les fleuves les submergeront sans merci.

    Le souffle de la toute puissance s’élèvera contre eux et les vannera comme un ouragan… (Sagesse, 5, 21-23).

     

    L’eau peut ravager et engloutir, les tornades détruisent les vignes en fleur. Ainsi l’eau peut comporter une puissance mauvaise. Dans ce cas, elle punit les pécheurs, mais elle ne saurait atteindre les justes qui n’ont pas à craindre les grandes eaux. Les eaux de la mort ne concernent que les pécheurs, elles se transforment en eaux de vie pour les justes. Comme le feu, l’eau peut servir d’ordalie. Les objets jetés se jugent, mais l’eau ne juge pas.

     

    Symbole de la dualité du haut et du bas : eau de pluie – eau des mers. La première est pure, la seconde est salée. Symbole de vie : pure, elle est créatrice et purificatrice (Ezéchiel, 36, 25) ; amère, elle produit la malédiction (Nombre, 5, 18). Les fleuves peuvent être des courants bénéfiques, ou donner abri à des monstres. Les eaux agitées signifient le mal, le désordre. 

     

     Les méchants sont comparés à la mer agitée…(Isaïe, 57, 20). Sauve-moi ô Dieu, car les eaux sont entrées dans mon âme, j’enfonce dans la boue…(Psaumes, 69, 1-2).

     

    Les eaux calmes signifient la paix et l’ordre (Psaumes 23, 2). Dans le folklore juif, la séparation faire par Dieu, lors de la création, des eaux supérieures et des eaux inférieures désigne le partage des eaux mâles et des eaux femelles, symbolisant la sécurité et l’insécurité, le masculin et le féminin, ce qui rejoint, nous l’avons énoncé, un symbolisme universel.

     

    Les eaux amères de l’Océan désignent l’amertume du cœur. L’homme – dira Richard de Saint- Victor – doit passer par les eaux amères, quand il prend conscience de sa propre misère, cette sainte amertume se changera en joie (De statu interioris hominis 1, 10, P.L. 196, 124).

     

    Dans les traditions de l’Islam, l’eau symbolise aussi de nombreuses réalités.

     

    Le Coran désigne l’eau bénite qui tombe du ciel comme l’un des signes divins. Les jardins* du Paradis ont des ruisseaux d’eaux vives et des sources (Coran, 2, 25 ; 88, 12, etc.). L’homme lui-même à été créé d’une eau se répandant (Coran, 86, 6).

     

    Dieu ! c’est lui qui à créé le ciel et la terre

    Et qui fait descendre du ciel une eau

    Grâce à laquelle il fait pousser des fruits

    Pour votre subsistance.

    (Coran, 14, 32 ; 2 164)

     

     

    Les œuvres des incroyants sont considérées comme de l’eau par celui qui a soif ; mais ce n’est qu’un mirage. Elles ressemblent aux eaux ténébreuses en une mer profonde, que des vagues successives viennent recouvrir (Coran, 24, 39-40). La vie présente est comparée à l’eau que le vent dissipe (Coran, 18, 45).

     

    Dans son commentaire des Fosus d’Ibn al-‘Arabi Rûmî identifie l’eau sur laquelle se trouve le Trône divin (Coran  11, 9) avec le Souffle du Dieu Miséricordieux. Parlant de la Théophanie éternelle, Rûmî dit que la mer se couvrit d’écume et, à chaque flocon d’écume, quelque chose prenait forme, quelque chose prenait corps (Diwân).  

     

    Jîlî symbolise l’univers par la glace, dont l’eau est la substance. L’eau est ici la materia prima.

     

    En un sens plus métaphysique, Rûmî symbolise le Fondement divin de l’univers par un océan, dont l’Eau est l’Essence divine. Elle remplit toute la création et les vagues sont les créatures.

     

    Par ailleurs l’eau symbolise la pureté et est utilisée comme moyen de purification. La prière rituelle musulmane – çalat – ne peut-être valablement accomplie que lorsque l’orant s’est mis en état de pureté rituelle par ses ablutions, dont les modalités font l’objet de règles minutieuses.

     

    Enfin l’eau symbolise la vie : l’eau de la vie, que l’on découvre dans les ténèbres, et qui régénère. Le poisson* jeté au confluent des deux mers, dans la Sourate de la Caverne (Coran, 18, v.61, 63), ressuscite quand il est plongé dans l’eau. Ce symbolisme fait partie d’un thème initiatique : le bain dans la source de l’immortalité. Ce thème revient constamment dans la tradition mystique islamique, spécialement en Iran. Dans les légendes concernant Alexandre, celui-ci part à la recherche de la Source de Vie, accompagné de son cuisinier Andras qui, un jour, lavant un poisson salé dans une source, le voit revivre et trouve à son tour l’immortalité. Cette source est située dans le pays des Ténèbres (à rapprocher sans doute du symbolisme de l’inconscient, nature femelle et yin).

     

    Dans toutes les autres traditions du monde, l’eau joue également un rôle primordial qui s’articule autour des trois thèmes déjà définis, mais avec une insistance particulière sur les origines. D’un point de vue cosmogonique, l’eau recouvre deux complexes symboliques antithétiques, qu’il ne faut pas confondre : l’eau descendante et céleste, la Pluie, est une semence ouranienne qui vient féconder la terre ; masculine donc et associée au feu du ciel : c’est l’eau à laquelle fait appel Lorca dans yerma. D’autre part, l’eau première, l’eau naissante de la terre et de l’aube blanche, est féminine : la terre est ici associée à la lune, comme un symbole de fécondité accomplie, terre gravide, d’où l’eau sort pour que, la fécondation déclenchée, la germination se fasse.

     

    Dans un cas comme dans l’autre, le symbole de l’eau contient celui du sang*. Mais il ne s’agit pas non plus du même sang, car le sang recouvre, lui aussi, un symbole double : le sang céleste, associé au soleil et au feu ; le sang menstruel, associé à la terre et à la lune. A travers ses deux oppositions, se discerne la dualité fondamentale lumière-ténèbres.

     

    Chez les Aztèques, le sang humain, nécessaire à la régénération du soleil, se nomme chalchiuatl, eau précieuse, c'est-à-dire le jade vert (SOUM), ce qui renvoie parfaitement à la complémentarité des couleurs rouge* et vert* : l’eau est l’équivalent symbolique du sang rouge, force interne du vert, car l’eau porte en elle le germe de vie, correspondant au rouge, qui fait cycliquement renaître la terre verte après la mort hivernale.

     

    L’eau semence divine, de couleur verte aussi féconde la terre pour donner les Héros, Jumeaux, dans la cosmogonie des Dogon (GRIE).

    Ces jumeaux viennent au monde, hommes jusqu’aux reins et serpents au-dessus. Ils sont de couleur verte (GRIE).

     

    Mais le symbole de l’eau, force vitale fécondante, va plus loin encore dans la pensée des Dogon et de leurs voisins Bambara. Car l’eau – ou la semence divine – est aussi la lumière, la parole, le verbe générateur, dont le principal avatar mythique est la spirale*de cuivre rouge. Cependant eau et parole ne se font acte et manifestation, entrainant la création du monde, que sous la forme de parole humide, à quoi s’oppose une moitié jumelle, demeurée hors du cycle de la vie manifestée, que Dogon et bambara appellent eau sèche et parole sèche. Eau sèche et parole sèche exprime la pensée, c'est-à-dire la potentialité, aussi bien sur le plan humain que sur le plan divin. Toute eau était sèche, avant que ne se forme l’œuf cosmique à l’intérieur duquel naquit le principe d’humidité, base de la genèse du monde. Mais le Dieu suprême ouranien, Amma, lorsqu’il créa son double, Nommo, Dieu d’eau humide, guide et principe de la vie manifestée, conserva par-devers lui, dans les cieux supérieurs, hors des limites qu’il donna à l’univers, la moitié de ces eaux premières, qui demeurent les eaux sèches. De même la parole non exprimée, la pensée, est dite parole sèche ; elle n’a qu’une valeur potentielle, elle ne peut engendrer. Dans le microcosme humain, elle est la réplique de la pensée primordiale, la première parole qui fût volée à Amma par le génie Yurugu, avant l’apparition des hommes actuels. Pour D. Zahan (ZAHD) cette parole première, parole indifférenciée, sans conscience de soi, correspond à l’inconscient : c’est la parole du songe, celle dont les humains ne sont pas maîtres. Le chacal*, ou le renard pâle, avatar de Yurugu, ayant volé la première parole, possède donc la clé de l’inconscient, de l’invisible et, en conséquence, de l’avenir, qui n’est que la composante temporelle de l’invisible. C’est la raison pour laquelle le plus important système divinatoire des Dogon est fondé sur l’interrogation de cet animal.

     

    Il est intéressant de noter que le Yurugu est également associé au feu chthonien et à la lune, qui sont universellement des symboles de l’inconscient (PAUC, ZAHD, GAND).

     

    La division fondamentale de tous les phénomènes en deux catégories, régies par les symboles antagonistes de l’eau et du feu, de l’humide et du sec, trouve une illustration remarquable dans les pratiques funéraires des Aztèques. D’autre part, les faits montrent également l’analogie de cette dualité symbolique avec la notion du couple originel Terre-Ciel : tous ceux qui mourraient noyés ou frappés par la foudre, les lépreux, les goutteux, les hydropiques, bref tous ceux que les dieux de l’eau et de la pluie avaient pour ainsi dire distingués en les retirant du monde étaient enterrés. Tous les autres morts étaient incinérés (SOUA, 231).

     

    Les rapports de l’eau et du feu se retrouvent dans les rites funéraires des Celtes. L’eau lustrale, que les druides employaient pour chasser les maléfices, était l’eau dans laquelle on éteignait un tison ardent tiré du foyer des sacrifices. Quand il y avait un mort dans une maison, on mettait à la porte un grand vase rempli d’eau lustrale, apportée de quelque maison ou il n’y avait point de mort. Tous ceux qui venaient à la maison en deuil s’aspergeaient de cette eau en sortant. (COLD, 226).

     

    Dans tous les textes irlandais, l’eau est un élément soumis aux druides qui ont le pouvoir de lier et délier. Les mauvais druides du roi Cormac ont ainsi lié les eaux du Munster, pour en soumettre les gens par la soif, et c’est le druide Mog Ruith qui les délie. La noyade est le châtiment appliqué à un poète coupable d’adultère. Mais l’eau est aussi et surtout, par sa valeur lustrale, un symbole de pureté passive. Elle est un moyen et un lieu de révélation pour les poètes qui l’incantent pour en obtenir des prophéties. D’après Strabon, les druides affirmaient qu’à la fin du monde régneront seuls l’eau et le feu (éléments primordiaux) (LERD, 74-76).

     

    Chez les Germains, ce sont les eaux ruisselant pour la première fois au printemps à la surface des glaces éternelles qui sont l’ancêtre de toute vie puisque, vivifiées par l’air du Sud, elles se rassemblent pour former un corps vivant, celui du premier géant Ymir, d’où procédèrent les autres géants, les hommes et, dans une certaine mesure, les dieux eux-mêmes.

     

    L’eau-plasma, féminine, l’eau douce, l’eau de lac, l’eau stagnante, et l’eau océane, écumante, fécondante, mâle, sont soigneusement différenciées dans la Théogonie d’Hésiode : la terre engendre d’abord, sans goûter de plaisir, Pontus la mer stérile. Puis, s’étend unie à son fils Uranus, elle donne l’océan aux gouffres immenses : La Terre enfanta la mer inféconde aux furieux gonflements, Flot, sans l’aide du tendre amour. Mais ensuite, des embrassements de Ciel, elle enfanta Océan aux tourbillons profonds (Hésiode, Théogonie, 130 – 135). L’eau stérile et l’eau fécondante, la distinction est liée par Hésiode à l’intervention de l’amour.

     

    L’eau stagnante plasma de la terre d’où naît la vie, apparaît encore dans de nombreux mythes de création. Selon certaines traditions turques d’Asie centrale, l’eau est la mère du cheval. Dans la cosmogonie babylonienne, au commencement de tout, alors qu’il n’y avait encore ni ciel ni terre, seule une matière indifférenciée s’étendait de toute éternité, les eaux primordiales. De leur masse se dégagèrent deux principes élémentaires, Apsou et Tiamat… Apsou, considéré comme une divinité masculine représente la masse d’eau douce sur laquelle flotte la terre… Quand à Tiamat, elle n’est autre que la mer , l’abîme d’eau salée d’où sortent toutes les créatures (SOUN, 119).

     

    De même une crête de limon émergeant des eaux, telle est l’image la plus fréquente de la création dans les mythologies égyptiennes. Un grand lotus sorti des eaux primordiales, tel était le berceau du soleil au premier matin (POSD, 67, 154).

     

    La valorisation féminine, sensuelle et maternelle de l’eau, a été magnifiquement chantée par les poètes romantiques allemands. C’est l’eau du lac, nocturne, lunaire et laiteuse, où la libido s’éveille ; L’eau, cette enfant première, née de la fusion aérienne, ne peut renier son origine voluptueuse et, sur terre, elle se montre avec une céleste toute-puissante comme l’élément de l’amour et de l’union. …Ce n’est pas à faux que les sages anciens ont cherché en elle l’origine des choses… et toutes nos sensations agréables ne sont, à la fin, que diverses manières d’écoulement en nous des mouvements de cette eau originelle qui est en nous. Le sommeil lui-même n’est rien d’autre que le flux de cette invisible mer universelle, et le réveil le commencement de son reflux (Novalis, NOVD, 77). Et le poète de conclure : les poètes seuls devraient s’occuper des liquides.

     

    Des symboles anciens de l’eau comme source de fécondation de la terre et de ses habitants, nous pouvons revenir aux symboles analytiques de l’eau comme source de fécondation de l’âme : la rivière, le fleuve, la mer représentant le cours de l’existence humaine et les fluctuations des désirs et des sentiments. Comme pour la terre*, il y a lieu de distinguer dans la symbolique des eaux la surface et les profondeurs. La navigation* ou l’errance des héros en surface signifie qu’ils sont exposés aux dangers de la vie, ce que le mythe symbolise par les monstres qui surgissent des profondeurs. La région sous-marine devient ainsi symbole du subconscient. Le pervertissement ce trouve également figuré par l’eau mélangée à la terre (désir terrestre) ou stagnante qui a perdu sa propriété purifiante : la vase, la boue, le marais*. L’eau gelée, la glace, exprime la stagnation à son plus haut degré, le manque de chaleur d’âme, l’absence du sentiment vivifiant et créateur qu’est l’amour : l’eau glacée figure la complète stagnation psychique, l’âme morte (DIES, 38 – 39).

     

    L’eau est le symbole des énergies inconscientes, des puissances informes de l’âme, des motivations secrètes et inconnues. Il arrive assez souvent dans les rêves que l’on soit assis au bord de l’eau en train de pêcher*. L’eau symbole de l’esprit encore inconscient, renferme les contenus de l’âme que le pêcheur s’efforce de ramener à la surface et qui devront le nourrir. Le poisson est un animal psychique… (AEPR, 151, 195).

     

    Gaston Bachelard a écrit de subtiles variations sur les eaux claires, les eaux printanières, les eaux courantes, les eaux amoureuses, les eaux profondes, dormantes, mortes, composées, douces, violentes, l’eau maîtresse du langage, etc., qui sont antant de facettes de ce symbole miroitant (BACE).

     

    Une enquête dirigée par Jules Gritti, en 1976, pour le Centre de recherches sur l’information et la communication (CRIC), et destinée à préparer une campagne pour l’épuration et la régénération de l’eau, a révélé la persistance de la symbolique de l’eau chez les habitants des villes et des campagnes. L’eau sale fait horreur, comme puanteur, souillure, maladie, mort : la pollution, c’est le cancer de l’eau. Tous perçoivent l’eau comme l’élément vital primordial : fontaine de vie… pas d’eau… pas de vie… aussi nécessaire que le soleil… résumé de la vie… Les femmes au-dessus de 25 ans, et surtout les mères, sentent une relation particulière entre la femme et l’eau. L’auteur de l’enquête conclut : une fois de plus nous constatons que des symboles fondamentaux… persistent dans le cœur et l’imaginaire humains, dans la mentalité collective. Une civilisation technicienne et industrielle, par les manques et les pollutions qu’elle suscite, peut aviver le besoin, l’angoisse et l’appétit de signes qui parlent.

    (Dictionnaire des symboles – Robert Laffont)

     

     

    Exercice pratique

     

    L’exercice consiste à faire une retranscription d’au moins une page sur le regard que vous avez sur vous-même, votre mode de penser et votre mode de fonctionnement intérieur et extérieur. Ici les fautes d’orthographes, de français et de grammaire, n’ont aucune importance, puisque seul demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel. Ce n’est pas un exercice intellectuel, mais un exercice pour faire connaissance avec son « soi ». Soyez vrai, droit et sincère avec vous-même, avec votre cœur, avec vos pensées, et dans vos écris. N’essayez pas de mentir, de minimiser, ou d’augmenter, juste d’être vous-même, juste de vous accepter tel que vous êtes, pour vous donner la possibilité de vous découvrir en profondeur. Une retranscription simple et honnête, de « qui vous êtes » et « ou vous en êtes » maintenant. Ce travail vous aide à faire « connaissance » avec vous, à chaque fois de manière renouvelée et en toute objectivité. Grâce à cette réalité véridique, vous pouvez aborder « là ou vous en êtes » en toute sérénité et avancer avec un « plan de restructuration » en fonction des découvertes que vous observez, et de l’élévation que vous constatez. Au fur et à mesure des exercices, votre Conscience Individuelle grandit, s’affine et change, c’est cela la transmutation, l’ascension vers la source de la Conscience Universelle…... !

     

    Voici les questions:

     

    Cet exercice est un travail philosophique pour ouvrir votre réflexion, sur votre relation avec la symbolique de « l’eau »,  et observer toutes les particularités que celle-ci véhicule. C’est un entrainement pour vous « observer » vous-même.  Pour « observer » vos réactions personnelles, qu’elles soient avec les autres ou avec  le Cosmos. Votre environnement intérieur et extérieur, sont mis à contribution pour vous révéler « qui vous êtes » exactement, mais également « qui sont les autres ».  C’est une manière particulière de se défaire des contraintes, en prenant conscience des corrélations qui existent dans tous les niveaux de conscience. Mais c’est également une manière divine de se lier avec ceux qui nous ressemblent et le Cosmos. 

    1/ La symbolique de l’eau porte sur trois thèmes dominants, la source de la vie, la purification et la régénérescence. Expliquez succinctement comment vous fonctionnez avec ses trois dominantes ? Les utilisez-vous toutes les trois ? Si oui de quelles manières ?

    2/ L'eau évoque l'infinité. L’infinité de tout ce qui est possible, de la forme essentielle ou substance de toute manifestation. Comment expliquez-vous cette infinité ? L’infini est-il une valeur que vous exploitez ?  Argumentez votre réponse avec des exemples.

    3/ Origine de la vie, régénération corporelle, fertilité, sagesse, grâce, vertu, compréhension, cohésion, souffle, l'eau se fond et se confond, en s’infiltrant partout ou elle passe.  Parfois comme un médicament,  parfois comme une boisson, ou encore comme un philtre d'immortalité, l'eau évoque très souvent une purification spirituelle. Expliquez votre rapport avec elle, et sous quelles formes vous la préconisez ?

    4/ L'eau, sous son aspect négatif, noie, étouffe, emporte, dissout, désintègre. Elle peut provoquer des orages destructeurs, des conflits récurrents, des déluges invraisemblables, et des débordements violents.  Afin de nous rappeler que c’est elle  qui sous-tend bien des situations. Expliquer quels rapports vous pensez qu’il existe entre votre inconscient, votre subconscient et la nature de l’eau ?

    5/ Dans beaucoup de cas, l'eau est reliée à la fonction psychologique du sentiment. Celui-ci est exprimé par des jugements subjectifs qui tentent de déterminer ce qui est bon ou pas, ou encore ce qui est bien ou mal. L’amour est un sentiment fondamental et une valeur intérieure qui se combine à l’esprit de l’eau. Comment expliquez-vous cela ? Comment exprimez-vous vos sentiments, avec retenue ou plutôt le contraire ? 

     


     

     

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    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

     

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    Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

    Avril 2015

    (pleine lune du 4 mai 2015)

      

    Exercice philosophique/symbolique 11

     

     

    Symbolique de l’arbre

    Module philosophique « éveilleur »

     

    L’un des thèmes symbolique les plus riches et les plus répandus ; celui également dont la bibliographie, à elle seule, formerait un livre. Mircea Eliade distingue sept interprétations principales (ELIT, 230-231) qu’il ne considère d’ailleurs pas comme exhaustives, mais qui s’articulent toutes autour de l’idée du Cosmos vivant en perpétuelle régénérescence.

     

    En dépit d’apparences superficielles et de conclusions hâtives, l’arbre, même sacré, n’est pas partout un objet de culte ; il est la figuration symbolique d’une entité qui le dépasse et qui, elle, peut devenir objet de culte.

     

    Symbole de la vie, en perpétuelle évolution, en ascension vers le ciel, il évoque tout le symbolisme de la verticalité : ainsi l’arbre de Léonard de Vinci. D’autre part, il sert aussi à symboliser le caractère cyclique de l’évolution cosmique : mort et régénérescence ; les feuillus surtout évoquent un cycle, eux qui se dépouillent et se recouvrent chaque année de feuilles.

     

    L’arbre met aussi en communication les trois niveaux du cosmos : le souterrain, par ses racines fouillant les profondeurs où elles s’enfoncent ; la surface de la terre, par son tronc et ses premières branches ; les hauteurs, par ses branches supérieures et sa cime, attirées par la lumière du ciel. Des reptiles rampent entre ses racines ; des oiseaux volent dans sa ramure : il met en relation le monde chthonien et le monde ouranien. Il réunit tous les éléments : l’eau circule avec sa sève, la terre s’intègre à son corps par ses racines, l’air nourrit ses feuilles, le feu jaillit de son frottement.

     

    On ne retiendra ici que la symbolique générale de l’arbre ; des précisions sur des espèces particulières seront données à leur nom : acacia, amandier, chêne, cyprès, olivier, etc.

     

    Parce que ses racines plongent dans le sol et que ses branches s’élèvent vers le ciel, l’arbre est universellement considéré comme un symbole des rapports qui s’établissent entre la terre et le ciel. Il possède en ce sens un caractère central, à tel point que l’arbre du monde est un synonyme de l’Axe du monde. C’est bien ainsi que le décrit lyriquement le Pseudo-Chrysostome, dans la sixième homélie sur la Pâque : ferme soutien de l’univers, lien de toutes choses, support de toute la terre habitée, entrelacement cosmique, comprenant en soi toute la bigarrure de la nature humaine. Fixé par les clous invisible de l’Esprit, pour ne pas vaciller dans son ajustement au divin ; touchant le ciel du sommet de sa tête, affermissant la terre de ses pieds, et, dans l’espace intermédiaire, embrassant l’atmosphère entière de ses mains incommensurables. (cité par H. de Lubac, dans Catholicisme – Les aspects sociaux du dogme, Paris, 1941, p. 366). Figure axiale, il est tout naturellement le chemin ascensionnel par lequel transitent ceux qui passent du visible à l’invisible : c’est donc cet arbre qu’évoquent aussi bien l’échelle de Jacob que le poteau chamanique de la Yourte sibérienne, le poteau-mitan du sanctuaire vaudou, Chemin des esprits (METV, 66), ou celui de la loge des Sioux autour duquel s’accomplit la danse du soleil. C’est le pilier central qui soutient le temple ou la maison, dans la tradition judéo-chrétienne, et c’est aussi la colonne vertébrale soutenant le corps humain, temple de l’âme.

     

    L’arbre cosmique est souvent représenté sous la forme d’une essence particulièrement majestueuse. Tels apparaissent, dans les croyances de ces peuples, le chêne celtique, le tilleul germanique, le frêne scandinave, l’olivier de l’orient islamique, le mélèze et le bouleau sibériens, tous les arbres remarquables par leurs définitions, leur longévité ou, comme dans le cas du bouleau, leur blancheur lumineuse. Sur le tronc de ce dernier des entailles matérialisent les étapes de l’ascension chamanique. Dieux, esprits et âmes empruntent le chemin de l’arbre du monde, entre ciel et terre. Ainsi en va-t-il en Chine avec l’arbre Kien-Mou, dressé au centre du monde, comme en témoigne le fait qu’il n’y a à son pied ni ombre, ni écho ; il a neuf branches et neuf racines, par lesquels il touche aux neuf cieux et aux neuf sources, séjour des morts.

     

    Par lui montent et descendent les souverains, médiateurs du Ciel et de la Terre, mais substituts aussi du soleil. Soleil et lune descendent également par le mélèze sibérien, sous forme d’oiseaux ; en outre, de part et d’autre de l’arbre Kien se trouve l’arbre Fou au levant et l’arbre Jo au couchant, par où monte et descend le soleil. L’arbre Jo porte aussi dix soleils, qui sont dix corbeaux.

    Pour les musulmans chiites de rite ismaélien l’arbre nourri de la terre et de l’eau et dépassant le septième ciel symbolise le hakikat c'est-à-dire l’état de béatitude où le mystique dépassant la dualité des apparences rejoint la Réalité suprême, l’Unité originelle ou l’être coïncide avec Dieu.

     

    Il existe dans certaines traditions plusieurs arbres du monde. Ainsi les Gold en situent un premier dans les cieux, un second sur terre, un troisième dans le royaume des morts (HARA, 56).

     

    Aux antipodes du pays des Gold on trouve, dans la cosmologie des Indiens Pueblo le grand sapin du monde souterrain qui reprend le symbolisme ascensionnel de la migration des âmes en fournissant l’échelle au moyen de laquelle les Ancêtres, in illo tempore, purent grimper jusqu’à la terre de notre soleil (ALEC, 56). Mais cet arbre central qui, du cosmos jusqu’à l’homme, couvre tout le champ de la pensée de sa présence et de sa puissance, est aussi, nécessairement, l’arbre de vie, qu’il soit à feuilles persistantes, tel le laurier, symbole d’immortalité, ou à feuilles caduques dont la régénération périodique exprime le cycle des morts et renaissances, et donc la vie dans sa dynamique : s’il est chargé de forces sacrées, note M. Eliade, c’est qu’il est vertical, qu’il pousse, qu’il perd ses feuilles et les récupère et que, par conséquent, il se régénère : il meurt et renaît d’innombrables fois (ELIT, 235). 

     

    L’arbre de vie a pour sève la rosée céleste, et ses fruits, jalousement défendus, transmettent une parcelle d’immortalité. Ainsi en est-il des fruits de l’arbre de vie de l’Eden, qui sont au nombre de douze, signe du renouvellement cyclique, et de celui de la Jérusalem céleste des pommes d’or du jardin des Hespérides et des pêches de la Si-wang mou, de la sève du Haoma iranien, sans parler des diverses résines de conifères. Le himorogi japonais, amené dans la terre centrale, paraît bien être un Arbre de Vie. L’Arbre de Vie est un thème de décoration très répandu en Iran où on le figure entre deux animaux affrontés ; à Java, il est représenté avec la montagne centrale sur l’écran (kayon) du théâtre d’ombres.

     

    L’Arbre de la Boddhi, sous lequel le Bouddha atteignit l’illumination, est encore un Arbre du monde et une Arbre de Vie : il représente, dans l’iconographie primitive, le Bouddha lui-même. Ses racines, dit une inscription d’Angkor, sont Brahmâ, son tronc Civa, ses branches Vishnu. C’est une représentation classique de l’axe du monde. L’arbre cosmique qui, dans le barattage de la Mer de Lait, sert à l’obtention du breuvage d’immortalité, est représenté à Angkor avec Vishnu à sa base, sur son tronc et à son sommet. Mais en d’autres circonstances, Civa est un arbre central dont Brahmâ et Vishnu sont les branches latérales.

     

    L’association de l’arbre de Vie et de la manifestation divine se retrouve dans les traditions chrétiennes. Car il y a analogie, et même reconduction du symbole entre l’arbre de la première alliance, l’arbre de vie de la Genèse, et l’arbre de la croix, ou arbre de la Nouvelle Alliance, qui régénère l’homme. Pour H. de Lubac, la Croix, érigée sur une montagne, au centre du monde, reconduit totalement l’antique image de l’arbre cosmique ou arbre du monde. Fréquentes sont du reste dans l’iconographie chrétienne, les représentations de croix feuillue ou d’arbres-Croix, où l’on retrouve, avec la séparation des deux premières branches, la symbolique de la fourche et de sa représentation graphique, l’Y, ou de l’Unique et du duel. A la limite c’est le Christ lui-même qui, par métonymie, devient l’arbre du monde, axe du monde, échelle : la comparaison est explicite chez Origène.

     

    En Orient comme en Occident l’arbre de vie est souvent renversé. Ce renversement, selon les textes védiques, proviendrait d’une certaine conception du rôle du soleil et de la lumière dans la croissance des êtres : c’est d’en haut qu’ils puissent la vie, c’est d’en bas qu’ils s’efforcent de la faire pénétrer. De là, ce renversement des images : la ramure joue le rôle des racines, les racines celui des branches. La vie vient du ciel est pénètre la terre : suivant un mot de Dante, il est un arbre qui vit de sa cime. Cette conception n’aurait rien d’anti-scientifique ; mais l’en-haut oriental est sacralisé et la photogénèse s’explique par la puissance d’êtres célestes. Le symbolisme hindou de l’arbre renversé, qui s’exprime notamment dans la Bhagavad-Gitâ (15, 1) signifie aussi que les racines sont le principe de la manifestation et les branches la manifestation qui s’épanouit. Guénon y découvre encore une autre signification : l’arbre s’élève au-dessus du plan de réflexion, qui limite le domaine cosmique inversé au-dessous ; il franchit la limite du manifesté, pour pénétrer dans le réfléchi et y introduit l’inspiré.

     

    L’ésotérisme hébraïque reprend la même idée : L’arbre de vie s’étend du haut vers le bas et le soleil l’éclaire entièrement (Zohar). Dans l’Islam, les racines de l’arbre du Bonheur plongent dans le dernier ciel et ses rameaux s’étendent au-dessus et au-dessous de la terre.

     

    La même tradition s’affirme dans le folklore islandais et finlandais. Les Lapons sacrifient chaque année un bœuf, au profit du dieu de la végétation et, à cette occasion, un arbre est posé près de l’autel, les racines en l’air et la couronne par terre.

     

    Schmidt rapporte que certaines tribus australiennes, les sorciers avaient un arbre magique qu’ils plantaient renversé. Après en avoir enduit les racines de sang humain, ils le brûlaient.

     

    Dans les Upanishad, l’Univers est un arbre renversé, plongeant ses racines dans le ciel et étendant ses branches au-dessus de la terre tout entière. Selon Eliade, cette image pourrait avoir une signification solaire. Le Rig-Veda précise : C’est vers le bas que se dirigent les branches, c’est en haut que se trouve sa racine, que ses rayons descendent sur nous ! La Katha-Upanishad : Cet Açvattha éternel, dont les racines vont en haut et les branches en bas, c’est le pur, c’est le Brahman ; le Brahman, c’est ce qu’on nomme la Non-Mort. Tous les mondes reposent en lui. Mircea Eliade commente : l’arbre Açvattha représente ici dans toute sa clarté la manifestation du Brahman dans le Cosmos, c'est-à-dire la création comme mouvement descendant (ELIT, 239-241).

     

    Et Gilbert Durand de conclure : Cet arbre renversé insolite, qui choque notre sens de la verticalité ascendante, est bien signe de la coexistence, dans l’archétype de l’arbre, du schème de la réciprocité cyclique (DURS, 371). Cette idée de réciprocité conduit à celle d’union entre le continu et le discontinu, l’unité et la dualité, au glissement symbolique de l’arbre de Vie à l’Arbre de la Connaissance, cet arbre de la Science du Bien et du Mal, qui est pourtant distingué du premier. Dans le paradis terrestre, il sera l’instrument de la chute d’Adam, comme l’arbre de vie sera celui de la rédemption, avec la crucifixion de Jésus. Cette distinction de l’Ancien Testament, qui renforce encore l’idée de réciprocité, introduirait aussi, selon André Virel, le parallélisme et la distinction de deux évolutions créatrices, biologique d’une part (arbre de vie), psychologique et historique de l’autre (VIRI, 175). 

     

    C’est bien, en effet, l’idée d’évolution biologique qui fait de l’arbre de vie un symbole de fertilité sur lequel s’est construite, au cours des temps, toute une magie propitiatoire, dont on peut encore observer aujourd’hui de nombreux témoignages. Ainsi, dans certaines tribus nomades iraniennes, les jeunes femmes s’ornent-elles le corps d’un arbre tatoué, dont les racines partent du sexe, et les frondaisons s’épanouissent sur les seins. Très ancienne coutume aussi qui fait que, de la méditerranée jusqu’en Inde on rencontre, isolés dans la campagne, souvent près d’une source, de beaux arbres couverts d’une floraison de mouchoirs rouges, que des femmes stériles sont venues nouer à ses branches pour conjurer le sort.

     

    La coutume dravidienne du mariage mystique entre arbres et humains est destinée à renforcer la capacité de procréation de la femme : la fiancée d’un Goala Hindu est obligatoirement mariée à un manguier, avant d’être unie à son propre mari (BOUA, 277). Des traditions analogues sont attestées au Pendjab et dans l’Himalaya. A Bombay, parmi les Kudva Kunbis du Gujerat, si le mariage présente certaines difficultés, on marie d’abord la jeune fille à un manguier ou à un arbre fruitier, parce que, écrit Campell (Bombay Gazeteer, 7, 61) un esprit craint les arbres et surtout les arbres à fruits. L’analogie arbre à fruits-femme féconde joue un rôle complémentaire de l’analogie arbre à latex-force génésique (mâle). Ce qui explique que, chez les Kurmi, ce sont le fiancé que l’on marie d’abord au manguier, le jour de son mariage. Il embrasse l’arbre, auquel il est ensuite attaché. Au bout d’un certain temps on le détache, mais les feuilles de l’arbre sont nouées autour de ses poignets. Le mariage d’arbres associé au mariage humain se retrouve en Amérique du Nord chez les sioux ; en Afrique, chez les Boshimans, et les Hottentots.

     

    On raconte chez les Yakoutes qu’au nombril de la terre se dresse un arbre florissant à huit branches… La couronne de l’arbre répand un liquide divin d’un jaune écumant. Quand les passants en boivent , leur fatigue se dissipe et leur faim disparaît… Quand le premier homme, à son apparition dans le monde, désira savoir pourquoi il était là, il se rendit près de cet arbre gigantesque dont la cime traverse le ciel…Il vit alors, dans le tronc de l’arbre merveilleux…une cavité où se montra jusqu’à la ceinture une femme qui fit savoir qu’il était venu au monde pour être l’ancêtre du genre humain (ROUF, 374).

     

    Les Altaïques disent également : avant de venir sur la terre, les âmes des humains résident dans le ciel ou sont perchés sur les cimes célestes de l’arbre cosmique, sous la forme de petits oiseaux (ROUF, 376).

     

    Marco Polo rapporte que le premier roi des Ouïghours est né d’un certain champignon nourri de la sève des arbres (cité par ROUF, 361). Des croyances analogues se retrouvent en Chine. Toutes ces légendes ne présentent qu’une alternative : tantôt un arbre est fécondé par la lumière – ce qui paraît la forme la plus ancienne du mythe – tantôt deux arbres s’accouplent.

    La coutume dravidienne marie aussi entre eux, substituts des hommes. Ainsi, en Inde du Sud, un couple n’arrivant pas à procréer se rend au bord de l’étang ou de la rivière sacrée, le matin d’un jour faste. Là, les deux époux plantent côte à côte deux plants d’arbres sacrés, l’un mâle, l’autre femelle, et enlacent la tige droite et rigide de l’arbre mâle avec la tige souple de l’arbre femelle. Le couple d’arbres ainsi formé est ensuite protégé d’un enclos, afin qu’il vive et assure, avec sa propre fécondité, celle du couple humain qui l’a planté (BOUA, 8-9).  Cependant ces arbres ne sont, jusqu’alors, considérés que comme fiancés. Il faut un laps de temps d’une dizaine d’années pour qu’à l’occasion d’une nouvelle visite la femme stérile, opérant seule cette fois-ci, se rende au pied du couple sylvestre et dépose entre les racines des deux arbres, toujours enlacés, une pierre, longtemps lavée par les eaux d’une rivière ou de l’étang sacré, et gravée d’un couple de serpents enlacés. Alors seulement, se produira l’union mystique des arbres sacrés et la femme deviendra mère. L’association des symboles eau-pierre-serpent-arbre dans ce rituel de fécondation est particulièrement significative.

     

    On rencontre également des interprétations anthropomorphiques de l’arbre parmi les Altaïques et Turco-Mongols de Sibérie. Ainsi chez les Youngouses un homme se transforme en arbre et reprend ensuite sa forme primitive (ROUF, 246).

     

    L’Arbre source de vie, précise Eliade (ELIT, 261), présuppose que la source de vie se trouve concentrée dans ce végétal ; donc, que la modalité humaine se trouve là à l’état virtuel, sous forme de germes et de semences. Selon Spencer et Gillen cités par le même auteur, la tribu Warramunga, du nord de l’Australie, croit que l’esprit des enfants, petit comme un grain de sable, se trouve à l’intérieur de certains arbres, d’où il se détache parfois pour pénétrer par le nombril dans le ventre maternel. Ce qui n’est pas sans rappeler la croyance très répandue, selon laquelle le principe du feu, comme celui de la vie, est caché dans certains arbres d’où on l’extrait par frottement (GRAF).

     

    Toutes les croyances que nous venons de rapporter montrent que, sexuellement, le symbolisme de l’arbre est ambivalent. L’arbre de vie peut à l’origine être considéré comme une image de l’androgyne initial. Mais, au plan du monde phénoménal, le tronc dressé vers le ciel, symbole de force et de puissance éminemment solaire, est bien le Phallus, image archétypale du père. Tandis que l’arbre creux, de même que l’arbre au feuillage dense et enveloppant, où nichent les oiseaux, et qui se couvre périodiquement de fruits évoque, lui, l’image archétypale lunaire de la mère fertile : c’est le chêne creux d’où s’échappe l’eau de la fontaine de jouvence (CANA, 80) ; c’est aussi l’athanor des alchimistes, matrice où s’opère la gestation de l’or philosophal, souvent comparé à un arbre. C’est en ce sens que Jérôme Bosch dans la Tentation de saint Antoine, l’a assimilé à une mégère qui extirpe de son ventre d’écorce un enfant emmailloté (VANA, 217). Parfois aussi un arbre est considéré comme mâle, un autre comme femelle : chez les Tchouvatches le tilleul sert à faire des poteaux funéraires pour l’office des femmes mortes, le chêne pour l’office des hommes morts (ROUFF, 360).

     

    Ou bien encore les deux polarités s’additionnent, ce qui conduit Jung à une interprétation androgynale, ou plutôt hermaphrodite du symbole.

     

    Le mythe de Cybèle et d’Attis procure à l’analyste un excellent schéma pour illustrer sa pensée. Il considère d’abord que Cybèle, mère des dieux, et symbole de la libido maternelle, était androgyne tout comme l’arbre. Mais une androgyne brûlante d’amour pour son fils. Comme, au contraire, le désir du jeune dieu le portait vers une nymphe, Cybèle, jalouse, le rendit fou. Attis au paroxysme du délire dont l’avait frappé sa mère, follement amoureuse de lui, se chate sous un pin, explique C.G Jung, arbre qui joue un rôle capital dans le culte qu’on lui rend. (Une fois l’an, le pin était couvert de guirlandes, on y suspendait une image d’Attis, puis on abattait l’arbre pour symboliser la castration.) Au comble du désespoir, Cybèle arracha l’arbre du sol, l’emporta dans as grotte et elle pleura. Ainsi, voilà la mère chthonique qui va cacher son fils dans son antre, c'est-à-dire dans son giron ; car, d’après une autre version, Attis fut métamorphosé en pin. Ici l’arbre est avant tout le phallus, mais aussi la mère, vu qu’on y suspend l’image d’Attis. Cela symbolisait l’amour du fils attaché à sa mère (JUNL, 411-0412). Dans la Rome impériale, un pin coupé, souvenir, symbole, ou simulacre d’Attis, était transféré solennellement sur le Palatin le 22 mars, pour la fête appelée de l’Arbor intrat.

     

    Un autre mythe est interprété, avec une certaine liberté quand aux détails des légendes anciennes, dans le même sens et met en cause, le même arbre, le pin. Le héros Penthée est fils d’Echion, la couleuvre, et lui-même serpent de nature. Curieux d’épier les orgies des Ménades, il grimpe sur un pin. Mais sa mère, l’apercevant, alarme les Ménades. L’arbre est abattu et Penthée, pris pour un animal, est déchiré en lambeaux. Sa propre mère est la première à se jeter sur lui…Ainsi on trouve réunis dans ce mythe le sens phallique de l’arbre (car l’abattage symbolise la castration) et son sens maternel, figuré par la montée sur le pin et la mort du fils (JUNL, 413).

     

    Cette ambivalence du symbolisme de l’arbre, à la fois phallus et matrice, se manifeste plus nettement encore dans l’arbre double : Un arbre double symbolise le processus d’individuation au cours duquel les contraires, en nous s’unissent (JUNS, 187).

     

    L’abondance dans la légende des peuples, des pères-arbres comme des mères-arbres conduit à l’arbre-ancêtre dont l’image, dépouillée peu à peu de son contexte mythique, aboutira de nos jours à l’arbre généalogique. Chemin faisant, du symbole profond à l’allégorie moderne, on peut citer le mythe biblique de l’arbre de Jessé ( ISAIE, 11, 13) qui a inspiré tant d’œuvres d’art et de commentaires mystiques : Un rameau sortira de la tige de Jessé, et de sa racine montera une fleur et l’esprit du Seigneur se reposera sur lui : l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de piété ; l’esprit de la crainte de Dieu le remplira. L’arbre de Jessé symbolise la chaîne des générations, dont la Bible nous résume l’histoire et qui culminera avec la venue de la Vierge et du Christ. Il a connu un grand succès chez les miniaturistes et verriers du XIIIe siècle, et particulièrement chez les Cisterciens, en raison de leur dévotion particulière à la Vierge. Dans ses représentations l’arbre émerge du nombril, de la bouche ou du flanc de Jessé. Le tronc porte parfois des branches sur lesquelles apparaissent les rois de Juda, ancêtres du Christ.

     

    Un autre arbre de Jessé qui, selon Ourse, constitue le chef-d’œuvre de la miniature cistercienne, se trouve dans le commentaire de saint Jérôme sur Isaïe. Au-dessous de l’image se trouve les textes Egredietur virgo. Jessé, le buste et la tête à demi soulevés, soutient de sa main gauche l’arbre jaillissant de son flanc. La Vierge immense plane. On pourrait même dire qu’elle bondit de la ramure surgissant du ventre de Jessé, comparable à un mont. Elle tient l’enfant sur son bras droit, et de sa main gauche lui offre une fleur ; deux anges entourent sa tête, à la base d’une auréole cerclée de pierres. L’ange de droite vers lequel la Vierge dirige son regard présente une église schématisée : celle de Cîteaux. L’ange de gauche soutient une couronne, celle-ci étant destinée à la Vierge. Au-dessus de cette auréole se trouve la colombe, avatar de l’Esprit-Saint.

     

    Symbolisant la croissance d’une famille, d’une cité, d’un peuple, ou mieux encore le pouvoir grandissant d’un roi, l’arbre de vie peut brusquement renverser sa polarité et devenir arbre de mort. On connait le cas de Nabuchodonosor en proie à ses songes, et l’interprétation que lui fournit le prophète Daniel : J’ai eu un rêve, dit le roi, il m’a épouvantéVoici un arbre au centre de la terre, très grand de taille. L’arbre grandit, devient puissant, sa hauteur atteignit le ciel, sa vue les confins de la terre. Son feuillage était beau, abondant son fruit ; en lui chacun trouvait sa nourriture…Mais voici un vigilant, un saint du ciel descend ; à pleine voie il crie : abattez l’arbre, brisez ses branches, arrachez ses feuilles, jetez ses fruits…ce songe soit pour tes ennemis, répondit Daniel, et son interprétation pour tes rivaux. Cet arbre que tu as vu, grand et fort, atteignant au ciel… c’est toi, ô roi, qui est devenu grand et puissant… Mais tu seras chassé d’entre les hommes… (DANIEL 2, 3, 4, 2, 78, 11, 17, 22).

     

    Dans Ezéchiel (31, 8-10) le Pharaon est comparé à un cèdre du Liban. De grands arbres, comme les térébinthes, figurent parfois dans les Psaumes (29,9) les ennemis de Yahvé et de son peuple : Clameur de Yahvé, elle secoue les térébinthes, elle dépouille les futaies. Isaïe (14, 13) déjà dénonçait les tyrans qui veulent, comme des cyprès et des cèdres, escalader les cieux, mais qui sont abattus. Aspect négatif du symbolisme de ses grands arbres, ils représentent aussi l’ambition démesurée des grands de la terre, qui veulent toujours étendre et consolider leur pouvoir, et qui sont foudroyés.

     

    L’anagramme de l’arbre, note Jacques Lacan dans ses écrits (504-505) c’est la barre arbre circulatoire, arbre de vie du cervelet, arbre de saturne ou de Diane, cristaux précipités en un arbre conducteur de la foudre, est-ce votre figure qui trace notre destin dans l’écaille passée au feu de la tortue, ou votre éclair qui fait surgir d’une innombrable nuit cette lente mutation de l’être dans l’Ev nav a du langage ?

     « Non dit l’Arbre, il dit : Non ! dans l’étincelle de sa tête superbe », vers que nous tenons pour aussi légitimes à être entendus dans les harmoniques de l’arbre que leur revers :

    « Que la tempête traite universellement

    Comme elle fait une herbe. »

    La kabbale aussi parle d’un arbre de mort. Il fournit à Adam les feuilles dont il couvre sa nudité, et le Zohar voit en lui le symbole du savoir magique, qui est une des conséquences de la chute. Elle est liée à l’existence du corps physique privé du corps de lumière (SCHK, 193).

     

    Mais c’est encore la croix, instrument de supplice et de rédemption, qui rassemble en une seule image les deux signifiés extrêmes de ce signifiant majeur qu’est l’Arbre : par la mort vers la vie ; per crucem ad lucem, par la croix vers la lumière.

    (Dictionnaire des symboles – Robert Laffont)

     

     

    Exercice pratique

     

    L’exercice consiste à faire une retranscription d’au moins une page sur le regard que vous avez sur vous-même, votre mode de penser et votre mode de fonctionnement intérieur et extérieur. Ici les fautes d’orthographes, de français et de grammaire, n’ont aucune importance, puisque seul demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel. Ce n’est pas un exercice intellectuel, mais un exercice pour faire connaissance avec son « soi ». Soyez vrai, droit et sincère avec vous-même, avec votre cœur, avec vos pensées, et dans vos écris. N’essayez pas de mentir, de minimiser, ou d’augmenter, juste d’être vous-même, juste de vous accepter tel que vous êtes, pour vous donner la possibilité de vous découvrir en profondeur. Une retranscription simple et honnête, de « qui vous êtes » et « ou vous en êtes » maintenant. Ce travail vous aide à faire « connaissance » avec vous, à chaque fois de manière renouvelée et en toute objectivité. Grâce à cette réalité véridique, vous pouvez aborder « là ou vous en êtes » en toute sérénité et avancer avec un « plan de restructuration » en fonction des découvertes que vous observez, et de l’élévation que vous constatez. Au fur et à mesure des exercices, votre Conscience Individuelle grandit, s’affine et change, c’est cela la transmutation, l’ascension vers la source de la Conscience Universelle…... !

     

    Voici les questions:

     

    Cet exercice est un travail philosophique pour ouvrir votre réflexion, sur votre relation avec la symbolique de « l’arbre »,  et observer toutes les particularités que celle-ci véhicule. C’est un entrainement pour vous « observer » vous-même.  Pour « observer » vos réactions personnelles, qu’elles soient avec les autres ou avec  le Cosmos. Votre environnement intérieur et extérieur, sont mis à contribution pour vous révéler « qui vous êtes » exactement, mais également « qui sont les autres ».  C’est une manière particulière de se défaire des contraintes, en prenant conscience des corrélations qui existent dans tous les niveaux de conscience. Mais c’est également une manière divine de se lier avec ceux qui nous ressemblent et le Cosmos. 

     

    1/ Que représente pour vous la symbolique de l’arbre ? Comprenez-vous le sens de cette symbolique, son utilisation au-delà des mots et des expressions ? Avez-vous déjà entendu parler de l’arbre à l’envers ? Expliquez-vous en quelques lignes ?

     

    2/ Il y a 7 interprétations de l’arbre autour du Cosmos. Citez lesquelles ?

     

    3/ L’arbre est un symbole fort de verticalité et de vie en perpétuelle évolution ? Qu’en pensez-vous ?

     

    4/ Quelles sont les trois niveaux principaux du Cosmos selon vous ? Argumentez votre réponse avec des exemples?

     

    5/ Arbre du Monde - Axe du Monde – Arbre Cosmique – Arbre de vie – Rosée Céleste – Fruit d’immortalité – Que représente toutes ses significations pour vous ? 

     

    L’arbre est vu comme une représentation d’un processus de création, qui met en œuvre des puissances et des énergies Divines. Essence de vie infinie tant dans le microcosme de l’être humain, que dans le macrocosme de l’univers, l’arbre représente le monde infini. De la plus simple représentation, aux pouvoirs magiques et mystérieux, toute l’histoire du monde réside en lui. De nombreux pouvoirs surnaturels lui sont attribués, notamment la fertilité et l’immortalité. L’interprétation que vous ferez de l’Arbre avec ses 5 questions,  sera en faite représentatif de votre état actuel.

     

     

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    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

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    Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

    Mars 2015

     

     

    Exercice philosophique/symbolique 10

     

    Symbolique Mars 2015

     

     

     

    Symbolique du sceau

    Module philosophique « éveilleur »

     

    Le sceau est un objet capital dans les anciennes civilisations orientales. On l’utilise en de nombreux domaines et dans des occasions multiples.

     

    Le roi imprime son sceau sur les documents qui exprime ses décisions. Le sceau est donc signe de pouvoir et d’autorité : le sceau vaut signature. Un sceau authentifie un traité public ou privé. Il préserve un document d’une publication anticipée (testament). D’où sceller = fermer, cacheter, réserver ; le sceau est alors un symbole de secret.

     

    Le sceau marque une personne ou un objet comme propriété indiscutable de celui dont il porte l’estampille et à la protection duquel ils ont par là même droit : symbole d’appartenance légitime.

     

    Ces différents usages se sont naturellement prolongés dans un symbolisme aux riches harmoniques.

     

    Ainsi l’apôtre Paul trouve-t-il dans l’église de Corinthe la légitimation de son apostolat : les Corinthiens sont pour lui un sceau (1 Cor. 9, 2). Le Père à marqué son Fils du sceau, indiquant par là, qu’il le destine et l’envoie en son nom pour donner la vie éternelle (Jean 6, 22).

     

    Dieu scelle ses instructions (Job, 33, 16) ; il met un sceau sur les étoiles, leur interdisant ainsi de se montrer (Job 6, 7). Il ordonne à Daniel de sceller ses visions, c’est-à-dire de les garder secrètes (Dan, 12, 4 ; voir Apocalypse, 10, 4). Au contraire dans Apocalypse, 22, 10, le voyant ne doit pas sceller les révélations qui lui ont été faites : elles sont d’application immédiate.

     

    Pour les écrivains rabbiniques, le sceau est symbole de la circoncision, qui introduit l’individu dans le peuple qui appartient à Dieu. L’apôtre Paul prolonge cette ligne, en précisant que la vraie circoncision spirituelle est le sceau d’une appartenance au peuple des justifiés (Romains, 4, 11) et que le Saint-Esprit peut-être appelé sceau en tant qu’il est gage de salut (11, Cor. 1, 22 ; Ephésiens, 1, 13s.). De là à reconnaître au sceau divin une valeur quasi magique, il n’y a qu’un pas, franchi à plusieurs reprises, comme en témoignent, à des époques fort éloignées  l’une de l’autre, les amulettes-sceaux portant le Tétragramme (le nom de Dieu en hébreu) et de valeur assurément apotropaïque, et tels textes mandéens ou gnostiques.

     

    Dieu marque des hommes de son sceau (Ezéchiel, 9, 4 ; Apocalypse, 7, 3 ss), montrant ainsi qu’ils lui appartiennent et sont sous sa protection. L’auteur de l’Apocalypse semble bien penser ici à un signe précis, soit le nom de Dieu, soit la lettre X, initiale du mot Christ en grec. Par là même, le mot sceau amorce un retour vers un sens réaliste, sans perdre pour autant la charge symbolique amassée en chemin.

    En effet, le christianisme ultérieur, tout en continuant à parler du sceau, dans le ou les sens indiqués plus haut, commence à employer le mot dans un sens nouveau et technique. Hermas affirme : le sceau, c’est l’eau, comprenez l’eau du baptême. Irénée, Clément d’Alexandrie, Tertullien connaissent cette interprétation qui aboutit à faire du mot sceau une désignation technique du baptême. N’est-ce pas lui qui marque l’homme comme propriété du Dieu, qui le justifie et le garde ? Il est possible que la cérémonie même du baptême ait comporté très tôt un rite précis de consignation qu’on trouve à la fin du deuxième siècle dans la Tradition Apostolique d’Hippolyte. (Voir encore les rites de la liturgie baptismale).

     

    La gnose spéculera sur le symbole et verra dans le sceau le moyen mystérieux qui assure à l’âme, qui remonte vers la lumière supérieure, la traversée des mondes inférieurs.

     

    Terminons en mentionnant l’intéressant symbolisme développé par Philon : le sceau c’est l’idée, le modèle qui informe le monde sensible. Le sceau primordial est donc le monde idéal, la parole divine (De la création du monde, 25). On remarquera l’évidente influence platonicienne.

     

    Enfin, il est un texte qui, dans l’Apocalypse, parle d’un livre scellé de sept sceaux (Apoc. 5 ss) et dont l’interprétation pose de difficiles problèmes. Pour déterminer le symbolisme de l’image, il faut d’abord décider de la signification du livre (Livre du destin, testament divin, Ancien Testament resté jusque-là incompris…). Quoi qu’il en soit, on notera que ce document scellé par Dieu ne peut être ouvert que par un être revêtu de l’entière autorité divine : l’agneau, c'est-à-dire le Christ.

     

    L’époux du Cantique des Cantiques dit à sa bien-aimée :

    Pose-moi comme un sceau sur ton cœur,

    comme un sceau sur ton bras.

    Car l’amour est fort comme la mort

    (8, 6-7)

    D’après les exégètes de la Bible de Jérusalem :

     

    Le sceau qui atteste les volontés de son possesseur désigne donc ici les volontés de Yahvé, c'est-à-dire la Loi, et Yahvé est un dieu jaloux. On pourrait donner du texte une interprétation plus intérieure, en considérant le sceau comme un symbole d’appartenance : l’époux n’impose pas sa loi de fidélité, il invite l’épouse à graver en son cœur et sur ses bras, en traits de feu que rien ne peut éteindre, le signe de leur amour mutuel, qui les livre l’un à l’autre dans une étreinte, définitive comme la mort. Ce n’est plus de l’obéissance, c’est de l’engagement volontaire.

    (Dictionnaire des symboles – Robert Laffont)


     

    Le pentagramme, ou l’étoile à 5 branches, est sans doute le symbole religieux le plus mal compris de nos jours.

               
    Etant le symbole le plus commun de la Sorcellerie néo-païenne, il a cependant été dénigré par les industries du film et de la presse qui semblent déterminer à le relier au Satanisme et autres pratiques diaboliques. Cependant, comme la Croix Romaine ou le Crucifix, c’est seulement lorsque le symbole est INVERSE qu’il est perçu comme négatif. Même s’il y a des exceptions, comme nous le verrons.


    Dans sa position habituelle, pointe vers le haut, le pentagramme est un ancien symbole de protection contre le mal. Egalement appelé « le nœud sans fin » (sous sa forme entrelacée), le pentagramme était souvent exhibé sur les portes, fenêtres et foyers des maisons à travers l’Europe préchrétienne. On peut même le retrouver en remontant jusqu’aux cultures Egyptiennes et Sumériennes, et également sur des outils-médecine amérindiens. Parfois confondu avec l’Etoile de David ou l’hexagramme (une étoile à six branches, emblématique du Judaïsme), le pentagramme est parfois appelé l’Etoile de Salomon, particulièrement par les magiciens cérémoniels.


    Pour beaucoup, les quatre pointes inférieures représentent les éléments classiques : terre, air, feu et eau, alors que la cinquième pointe, qui surmonte les autres, représente l’esprit, le cinquième élément ou la quintessence. Ainsi, le pentagramme symbolise les quatre éléments du monde matériel connectés à, mais régis par, l’esprit. Lorsque le pentagramme est placé à l’intérieur d’un cercle (symbole d’unité et de totalité), il accentue notre connexion à l’univers comme un tout.

    Une autre interprétation dit qu’il n’y a pas une pointe en haut, mais trois ! Selon la numérologie, trois est le nombre de l’harmonie, mieux exprimée sous la formule classique : thèse, antithèse, synthèse. En d’autres mots, il est la pointe centrale qui harmonise les pointes extérieures opposées. L’amour Celtique des triades (la forme la plus commune de leur « littérature de sagesse ») trouve ses racines dans ce modèle. Les trois pointes supérieures sont donc placées au-dessus des deux pointes inférieures, qui représentent les opposés, dualistes, qui ne peuvent être intégrés ou mariés (voir tout en noir ou blanc).


    Encore une autre interprétation du pentagramme droit (pointe en haut) dit qu’il symbolise la vision la plus commune des déités dans la Sorcellerie. Les trois pointes supérieures représentent la Déesse sous ses trois aspects de Vierge, Mère et Vieille Sage. Les deux pointes inférieures représentent son Dieu consort, sous son double aspect du Dieu de la Lumière et du Dieu des Ténèbres. Cependant, parmi toutes ces interprétations, il est important de se souvenir que toutes les pointes du pentagramme sont liées – chacune étant un aspect de l’autre, chacune faisant partie d’un même tout.


    Mais, lorsque le pentagramme est inversé, alors quelle est sa signification ? Ainsi, un pentagramme inversé peut représenter  le monde physique (quatre éléments matériels) qui domine le monde de l’esprit (le cinquième élément). (Cela peut être la raison pour laquelle les Satanistes et autres groupes « démonistes » utilisent ce symbole). Avec les deux pointes dominantes, il peut également exprimer un dualisme néo-Platonique (la vielle « guerre céleste », le thème du bien contre le mal) – comme opposé à la vision moniste Païenne de la réalité (« La Force ») vue dans la pointe simple supérieure. La plus commune exception à cette règle, c’est que certaines traditions de la Sorcellerie (principalement Britannique) emploient le pentagramme inversé comme un symbole POSITIF du second degré. Dans ce cas, les deux pointes supérieures représentent les cornes de lumière, symbole du « Dieu Cornu », consort de la Grande Déesse (comme le dieu Grec Pan).


    Le mot « pentacle », est parfois substitué par erreur au pentagramme, qui en vérité fait référence à un plat peu profond (dans lequel est habituellement inscrit un pentagramme) et utilisé comme un outil d’autel pour les Sorcières modernes, servant un but similaire au « Patten » de la Messe Catholique Romaine. Parmi les variations fréquentes de cet outil, on retrouve le plat de terre, le disque de cuivre, le plat en argent, ou le disque de cire. 


    La suite de pentacles (ou « deniers ») du Tarot, la Pierre de Fal (pierre de couronnement des rois) dans l’ancienne Irlande, le sangreal des processions du Saint Graal, et the 'Universal Man' de Léonard de Vinci, sont tous rattachés au pentagramme, accentuant ses liens avec la terre et la nature, faisant de lui le symbole par excellence d’une religion de la nature ou de la terre. Les cinq pointes représentent également les cinq sens physiques et fait allusion à l’approche du royaume spirituel PAR le sensuel – c’est en fait la signification de l’As de Pentacles dans le Tarot. En numérologie, le chiffre 5 est le nombre de la sexualité, combinant le féminin 2 au masculin 3. Ainsi, le pentagramme représente également l’opposé de l’ascétisme.


    Mais partout où le pentagramme est exhibé, le message est clair : le mal n’a aucun pouvoir ici.

    (http://echange-spirituel.kazeo.com/astres/le-symbolisme-de-l-%C3%A9toile-%C3%A0-5-branches-(pentagramme),a1583105.html)


     

    La colombe est fondamentalement un symbole de pureté, de simplicité et même lorsqu’elle apporte le rameau d’olivier à l’arche de Noé, un symbole de Paix, d’harmonie, d’espoir, et de bonheur retrouvé.

     

    La croix svastika indique manifestement un mouvement de rotation autour du centre immobile, qui peut-être le moi, où le pôle. Il est donc symbole d’action, de manifestation, de cycle et de régénération perpétuelle.

     

    Le lotus sur lequel trône Sâkyamuni – est la nature de Bouddha, non affectée par l’environnement du samsâra. Le joyau dans le lotus (mani padme), c’est l’univers réceptacle du Dharma, c’est l’illusion formelle, ou la Mâyâ, d’où émerge le nirvâna. D’autre part, le Bouddha au centre du lotus (à huit pétales) s’établit au moyeu de la roue (à huit rayons) dont le padma est l’équivalent : ainsi s’exprime sa fonction de Chakravartî, telle qu’on peut l’interpréter au Bayon d’Angkor-Thorm. Le centre du Lotus est, en d’autres circonstances, occupé par le mont Meru, axe du monde. Le lotus aux mille pétales signifie la totalité de la révélation.

    (Dictionnaire des symboles – Robert Laffont)

     

     

    Exercice pratique

     

    L’exercice consiste à faire une retranscription d’au moins une page sur le regard que vous avez sur vous-même, votre mode de penser et votre mode de fonctionnement intérieur et extérieur. Ici les fautes d’orthographes, de français et de grammaire, n’ont aucune importance, puisque seul demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel. Ce n’est pas un exercice intellectuel, mais un exercice pour faire connaissance avec son « soi ». Soyez vrai, droit et sincère avec vous-même, avec votre cœur, avec vos pensées, et dans vos écris. N’essayez pas de mentir, de minimiser, ou d’augmenter, juste d’être vous-même, juste de vous accepter tel que vous êtes, pour vous donner la possibilité de vous découvrir en profondeur. Une retranscription simple et honnête, de « qui vous êtes » et « ou vous en êtes » maintenant. Ce travail vous aide à faire « connaissance » avec vous, à chaque fois de manière renouvelée et en toute objectivité. Grâce à cette réalité véridique, vous pouvez aborder « là ou vous en êtes » en toute sérénité et avancer avec un « plan de restructuration » en fonction des découvertes que vous observez, et de l’élévation que vous constatez. Au fur et à mesure des exercices, votre Conscience Individuelle grandit, s’affine et change, c’est cela la transmutation, l’ascension vers la source de la Conscience Universelle…... !

     

    Voici les questions:

     

    Cet exercice est un travail philosophique pour ouvrir votre réflexion, sur votre relation avec la symbolique du « Sceau »,  et observer toutes les particularités que celle-ci véhicule. C’est un entrainement pour vous « observer » vous-même.  Pour « observer » vos réactions personnelles, qu’elles soient avec les autres ou avec  le Cosmos. Votre environnement intérieur et extérieur, sont mis à contribution pour vous révéler « qui vous êtes » exactement, mais également « qui sont les autres ».  C’est une manière particulière de se défaire des contraintes, en prenant conscience des corrélations qui existent dans tous les niveaux de conscience. Mais c’est également une manière divine de se lier avec ceux qui nous ressemblent et le Cosmos. 

     

    1/ Après cette lecture, pensiez-vous que le sceau était un symbole aussi fort et représentatif d’un pouvoir d’importance ? Avez-vous déjà fait attention à la représentation de certains sceaux, à ce qu’ils cachent dans leurs dessins, et à quels impacts ils ont sur la société ?    

     

    2/ Signer d’un sceau, ou intégrer un groupe dont le sceau est un signe d’appartenance commun, vous fait-il peur ou au contraire, renforce t-il votre engagement ?  Argumentez votre réponse ?

     

    3/ Croyez-vous que le sceau est protégé par quelque chose d’invisible et d’invincible ? Croyez-vous, que ceux qui acceptent de le porter, et de véhiculer la force du message que le sceau porte en lui, seront protégés et aider dans leur tâche ? Pourquoi ?

     

    Le sceau qui est placé juste avant le texte, est le sceau de MahaMaitri, la Grande Bienveillance Fraternelle. Il porte en son centre les deux flambeaux de l’amour personnel qui se transforme petit à petit en amour inconditionnel, grâce au dépassement qu’offre la bienveillance. Il y a le travail de la méditation du lotus (lotus méditant), le travail du dépassement de l’amour (l’étoile à 5 branches, celle de vénus), le travail pour pacifier et harmoniser (colombe de la paix et symbole du bonheur pour tous), et le travail d’évolution (croix ascensionnelle svastika).

     

    Voici le message de ce sceau : « Avec Bienveillance, j’aime les êtres comme une mère attentionnée, ainsi j’évolue vers les hauteurs de l’amour inconditionnel, pour que tous les êtres sensibles trouvent le bonheur ».

     

     

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    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

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    Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

    Février 2015

       

    Exercice philosophique/symbolique 9

     

    Symbolique Février 2015

     

    Symbolique de l’écriture

     

    Un antique document représente Thot tirant les caractères de l’écriture du portrait des Dieux. L’écriture apparait de ce fait à l’image de Dieu, d’une origine sacrée, et s’identifie à l’homme. Elle est le signal visuel de l’Activité divine, de la manifestation du Verbe. Certains ésotéristes musulmans font des lettres de l’alphabet les éléments constitutifs du corps même de Dieu. Dans l’Inde, Sarasvatî, la shakti de Brahma, déesse de la parole, est aussi désignée comme déessealphabet (lipidevî), les lettres s’identifiant aux parties du corps. La guirlande des cinquante lettres portée par Brahma, producteur de la manifestation, a le même sens : lire des lettres dans l’ordre de l’alphabet est anuloma, l’évolution (shrishti) ; les lire dans l’ordre inverse est viloma, la réintégration (nivritti).

     

    Le Nom divin suprême chez les hébreux (Yahvé), comme chez les Arabes (Allah), se compose de quatre lettres, détermination quaternaire de l’Unité. La gnose musulmane les met en relation avec les quatre éléments, les quatre points cardinaux, les quatre Anges de la glorification. On semble pouvoir dire, avec saint Martin, que les quatre lettres essentielles expriment les qualités ou la puissance divine, et que l’alphabet développé représente la production du Verbe (anuloma) (CF. art. quatre). L’Islam envisage encore sept lettres suprêmes homologuées aux sept Intelligences, ou Verbes divins. Les 28 lettres de l’alphabet complet (vingt-huit qui est quatre fois sept) sont l’homme achevé – esprit et corps - ; ce sont aussi les 28 mansions lunaires ; toutefois, comme le précise Ibn Arabî, ce ne sont pas les mansions qui déterminent les lettres, mais bien l’inverse. Tout un symbolisme est en outre tiré du fait que la Shahâda (l’Attestation fondamentale de l’Islam) comporte quatre mots, sept syllabes et douze lettres. La création est effectivement envisagée comme un livre dont les créatures sont les lettres. Il n’est rien dans le monde, écrit Abû Ya’ qûb Sejestanî, qui ne puisse être considéré comme une écriture. Le livre du monde exprime en outre l’unicité du Message divin primordial, dont les Ecritures sacrées sont les traductions particulières. Notons encore que dans la Kabbale hébraïque que dans l’ésotérisme musulman, chaque lettre correspond à un nombre, qui détermine ainsi les rapports symboliques entre les éléments de la manifestation.

    Le symbolisme cosmologique des lettres parait bien survivre dans le rituel de l’alphabet, pratiqué lors de dédicace des églises catholiques, rituel qui évoque la domination de l’église sur les dimensions de l’espace et du temps. S’agissant en l’occurrence des alphabets grec et latin, les deux instruments principaux de la liturgie d’Orient et d’occident, on a pu dire qu’il s’agissait aussi de symboliser l’union des Juifs et des Gentils, la lettre des deux Testaments, enfin les articles mêmes de notre foi(BENA).

     

    Il va de soi que le symbolisme des lettres, ainsi envisagé, donne aux Ecritures sacrées une pluralité de sens hiérarchisés, que Dante fixait à quatre. Le Coran en a sept. En fait, l’obscurcissement progressif de certains sens n’est pas sans rapport avec l’altération de l’écriture elle-même. Les hiéroglyphes, les idéogrammes primitifs sont la traduction d’un langage divin et certainement rituel. L’altération des idéogrammes – particulièrement sensible en Chine - leur retire cette valeur. En outre, la science des analogies phonétiques, familière non seulement aux Chinois, mais aux Hindous (nirukta), et même à Platon ( elle est évoquée dans le Cratyle), est un élément symbolique précieux, mais qui s’estompe aisément en raison de son absence apparente de logique. L’étude du langage et même de la grammaire – chez un Patanjali, un Bhartrihari – peut-être un exercice d’ordre spirituel, un véritable Yoga.

     

    L’inde (hindoue aussi bien que bouddhique) fait encore un large usage rituel de l’idéogramme et du caractère. On les utilise dans le tracé (les racines de l’écriture sont d’ailleurs à elles seules de véritable yantra). Le Tantrisme les situe, en tant que syllabes-germes (tattvabîja) – c’est-à-dire en tant que fixation des mantras – dans chacun des centres subtils de l’être. De la même manière, les siddha, caractères symboliques du Vajrayâna, sont des représentations de Bouddha ou d’autres figures sacrées, et entrent à ce titre dans le mandala.

     

    Il faut encore dire un mot des illettrés que sont de nombreux maîtres spirituels (ainsi Mohammed lui-même ; du patriarche zen Houei-nêeng ;  plus près de nous, du grand mystique Ramâkrishna) : ce caractère est évidemment tout le contraire de l’ignorance ; il symbolise la perception intuitive immédiate des réalités divines, la libération des servitudes du littéralisme et de la forme (AVAS, BEUA, CORT, LIOT, VACG).

     

    Si l’écriture chinoise est essentiellement symbolique, c’est qu’elle n’utilise aucun signe auquel on pourrait ne prêter que la simple valeur d’un signe. Les Chinois désirent que dans tous les éléments du langage : sonores et graphiques, rythmes et sentences, éclate l’efficience propre aux symboles. Par ce moyen, l’expression figure la pensée, et cette figuration concrète impose le sentiment qu’exprimer n’est pas évoquer, mais réaliser.

     

    Ainsi on peur dire qu’écrire, comme parler, en chinois, c’est plus se préoccuper d’efficacité  qu’obéir à des besoins d’ordre strictement intellectuel.

     

    Le mérite de cette écriture figurative qui permet toutes les expressions de pensée, même les plus scientifiques, est dans le fait qu’elle permet de donner aux mots leur fonction de force agissante.

     

    La puissance de l’écriture en Chine est d’une telle importance, que la calligraphie à surpassé la peinture. Voici ce que Wang-Hsichih (321-379), prince de la calligraphie de Chine, a dit sur l’art de l’écriture :

     

    Chaque trait horizontal est une masse de nuages en formations guerrières, chaque crochet un arc bandé d’une force rare ; chaque point un rocher tombant d’un sommet élevé ; chaque bec, un crochet de cuivre ; chaque prolongement de ligne, un sarment vénérable et chaque trait libre et délié un coureur prêt à bondir.

     

    Les égyptiens ont connus plusieurs types d’écriture. Les hiéroglyphes, sculptures sacrées constituaient une écriture monumentale. Ils étaient d’abord des idéogrammes (images d’idées), mais ils jouèrent aussi le rôle de lettres. Le système de l’écriture repose sur la combinaison dans les mots de ces signes figuratifs et de ces signes phonétiques ; En d’autres termes, les hiéroglyphes sont des dessins d’objets divers empruntés aux trois règnes de la nature, aux métiers, aux arts, etc., et qui expriment les uns des idées, les autres des sons. On divise les signes idéographiques en figuratifs et en symboliques (PIED, 262 ; voir également POSD, 129-134). Les premiers parlent d’eux-mêmes : le dessin d’un lion couché désigne un lion ; les seconds expriment des idées abstraites qu’il n’était pas possible d’indiquer que par des images conventionnelles ou allégoriques. Ainsi deux bras tenant l’un un bouclier, l’autre une pique, désigne la guerre, le combat (ibidem). La pensée égyptienne se développait ainsi sur la base d’une substructure de symboles, qui revêtirent plus que la valeur d’un signe conventionnel, mais se chargèrent d’une force magique et d’une puissance évocatrice. L’écriture hiératique fut une simplification et une abréviation de la précédente ; elle fut employée dans les papyrus et les actes de la vie civile : elle se lit de droite à gauche sur des lignes horizontales. Seuls les textes sacrés continuaient d’être écrits en hiéroglyphes linéaires, sur des verticales comme sur des colonnes. L’écriture démotique est dérivée de la seconde, mais elle est extrêmement difficile à déchiffrer. Elle à servi surtout aux actes civils, mais aussi à des textes magiques (ibidem 181). Enfin il existe une écriture secrète, de caractère essentiellement phonétique, pratiquant l’homophonie et le calembour, qui n’est accessible qu’à des initiés ou aux heureux chercheurs qui ont réussi des rapprochements avec les autres écritures et violé le secret des symboles.

     

    L’ensemble des documents que l’on possède sur le monde celtique de l’Antiquité prouve que les Celtes connaissaient et utilisaient l’écriture. Mais il ne lui accordait pas la valeur absolue d’archive et de moyen d’enseignement que nos sociétés modernes lui attribuent aujourd’hui. Ce qui est écrit est en effet fixé définitivement, sans aucune modification possible, alors que le savoir doit se transmettre et se renouveler à chaque génération. L’écriture était du ressort du dieu aux liens, Ogmios, et elle avait pleine valeur magique. Elle constituait même une très grave sanction, car la malédiction écrite avait des conséquences infiniment plus durables que la simple incantation parlée ou chantée. La complication et la difficulté de l’écriture irlandaise primitive, les ogam, étaient du reste telles qu’elles prohibaient tout texte de quelque longueur. Tous ceux qu’on possède sont de très brèves inscriptions funéraires comportant à peu près uniquement le nom du défunt.

     

    Cependant, malgré tous les efforts accomplis pour l’ériger en image de Dieu, en traduction du Cosmos, voire pour la diviniser, l’écriture apparaît comme un substitut dégradé de la parole. L’histoire de l’écriture ne remonte pas au-delà de 6000 ans. Les grands maîtres Socrate, bouddha, Jésus-Christ n’ont pas laissé d’écrit. Elle symbolise une perte de présence : l’écriture arrive, quand la parole se retire. C’est un effort pour encapsuler l’esprit et l’inspiration : elle reste comme un symbole de la parole absente. Le fondateur de la linguistique moderne, de Saussure, a bien distingué : langage et écriture sont deux systèmes de signes distincts : l’unique raison d’être du second est de représenter le premier. Elle matérialise la révélation, elle coupe le lien humain et le remplace par un univers de signes. Pour réactiver la révélation, il faut une présence parlante. On n’écrit pas dans les âmes avec une plume, disait Joseph de Maistre. Jean Lacroix résume bien cette valeur symbolique de l’écriture par opposition au langage : un effort second est dangereux pour se réapproprier symboliquement la présence.

     

     

    Exercice pratique

     

    L’exercice consiste à faire une retranscription d’au moins une page sur le regard que vous avez sur vous-même, votre mode de penser et votre mode de fonctionnement intérieur et extérieur. Ici les fautes d’orthographes, de français et de grammaire, n’ont aucune importance, puisque seul demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel. Ce n’est pas un exercice intellectuel, mais un exercice pour faire connaissance avec son « soi ». Soyez vrai, droit et sincère avec vous-même, avec votre cœur, avec vos pensées, et dans vos écris. N’essayez pas de mentir, de minimiser, ou d’augmenter, juste d’être vous-même, juste de vous accepter tel que vous êtes, pour vous donner la possibilité de vous découvrir en profondeur. Une retranscription simple et honnête, de « qui vous êtes » et « ou vous en êtes » maintenant. Ce travail vous aide à faire « connaissance » avec vous, à chaque fois de manière renouvelée et en toute objectivité. Grâce à cette réalité véridique, vous pouvez aborder « là ou vous en êtes » en toute sérénité et avancer avec un « plan de restructuration » en fonction des découvertes que vous observez, et de l’élévation que vous constatez. Au fur et à mesure des exercices, votre Conscience Individuelle grandit, s’affine et change, c’est cela la transmutation, l’ascension vers la source de la Conscience Universelle…... !

     

    Voici les questions:

     

    Cet exercice est un travail philosophique pour ouvrir votre réflexion, sur votre relation avec la symbolique de « l’écriture »,  et observer toutes les particularités que celle-ci véhicule. C’est un entrainement pour vous « observer » vous-même.  Pour « observer » vos réactions personnelles, qu’elles soient avec les autres ou avec  le Cosmos. Votre environnement intérieur et extérieur, sont mis à contribution pour vous révéler « qui vous êtes » exactement, mais également « qui sont les autres ».  C’est une manière particulière de se défaire des contraintes, en prenant conscience des corrélations qui existent dans tous les niveaux de conscience. Mais c’est également une manière divine de se lier avec ceux qui nous ressemblent et le Cosmos. 

     

    1/ Quels rapports entretenez-vous avec la symbolique de l’écriture ? A quoi vous fait-elle penser ? Avez-vous déjà repéré votre comportement face à la symbolique de chaque lettre de l’alphabet ? Connaissez-vous d’autres alphabets ainsi que leurs représentations symboliques ?

     

    2/ L’écriture est-elle pour vous un moyen de fixer le Verbe, de poser à plat des choses beaucoup plus subtiles ? Argumentez votre réponse.

     

    3/ L’écriture est-elle pour vous un moyen de faire passer des informations précises, de communiquer largement et en toute conscience, avec les autres êtres et avec tout l’univers ? Défendez votre position en une vingtaine de ligne.

     

    4/ Pensez-vous qu’actuellement, la parole est sublimée dans des écrits grâce aux différents médias, comme le téléphone portable avec des envois SMS, ou internet et les différentes formes de plateformes qui relient les êtres entre eux ? Expliquez votre point de vue.

     

    5/Pourquoi y’a-t-il aujourd’hui tant de personnes qui écrivent, et qui dialogue entre eux grâce à l’écriture ? Expliquez votre raisonnement ? Pensez-vous qu’il existe actuellement une volonté de faire « taire » les êtres, et que c’est très justement cette volonté qui les fait écrire davantage ?

     

    De nos jours, L’écriture dévoile un mode de communication très important grâce à internet et tous les supports visuels qui sont offerts royalement. C’est un fabuleux mode d’expression,  qui offre une richesse bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Grâce à elle, la Divinité trouve un moyen de fixer sur un support, des paroles échangées dans un passé dépassé depuis très longtemps. On prête les premiers alphabets au monde Divin et leur graphisme cache des trésors inestimables. Aujourd’hui, chacun peut trouver rapidement ce qu’il cherche, faire passer des messages et profiter du savoir ancestral des autres, en s’enrichissant de toute la gnose, qui se retrouve subitement dévoilée, après des siècles et des siècles de mystères. Cette connaissance arrive enfin, au grand dam de certaines personnes, qui auraient certainement préféré qu’elle reste encore cachée indéfiniment. Mais voilà, c’est le moment pour les êtres qui travaillent depuis des générations à devenir meilleur, de gouter aux fruits de la libération…….. !!!

     

     

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    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

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    Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

    Janvier 2015

     

    Symbolique Janvier 2015

      

     

    Symbolique du douze

    Module philosophique « éveilleur »

      

    Douze est le nombre des divisions spatiotemporelles. Il est le produit des quatre points cardinaux par les trois plans du monde. Il divise le ciel considéré comme une coupole, en douze secteurs, les douze signes du zodiaque, qui sont mentionnés dès la plus haute antiquité. Les douze mois de l’année sont déterminés en Chine par les stations de l’empereur aux douze portes du Ming-t’ang. Douze divise l’année en douze mois, chez les Assyriens, les Hébreux, etc. et les périodes principales du temps en groupes de douze années, chez les Chinois et les peuples d’Asie centrale. La combinaison des deux chiffres 12 X 5 donne naissance aux cycles de 60 ans, où se résolvent les cycles solaire et lunaire. Le douze symbolise l’univers dans son déroulement cyclique spatio-temporel.

     

    Il symbolise aussi l’univers dans sa complexité interne. Le duodénaire qui caractérise l’année et le zodiaque représente aussi la multiplication des quatre éléments terre, eau, air, feu, par les trois principes alchimiques (soufre, sel, mercure) ; ou encore les trois états de chaque élément, à leurs phases successives d’évolution, de culmination et d’involution ; ou bien encore, selon Allendy (ALLN, 328) les quatre éléments considérés chacun dans ses diverses manifestations cosmiques et selon un triple point de vue, lequel peut-être, par exemple, les trois gunas des Indiens : Activité, Inertie, Harmonie.

     

    Ce nombre est d’une très grande richesse dans la symbolique chrétienne. La combinaison du quatre du monde spatial et du trois du temps sacré mesurant la création-récréation donne le chiffre douze, qui est celui du monde achevé : C’est celui de la Jérusalem céleste (12 portes, 12 apôtres, 12 assises, etc.) ; c’est celui du cycle liturgique de l’année de douze mois et de son expression cosmique qu’est le zodiaque. Dans un sens plus mystique, le trois est rapporté à la trinité, le quatre à la création, mais le symbolisme du douze reste le même : un accomplissement du créé terrestre par assomption dans l’incréé divin…..(CHAS, 243).

     

    L’importance de ce nombre est aisément compréhensible. Pour les écrivains bibliques c’est le nombre de l’élection, celui du peuple de Dieu, de l’église : Israël (Jacob) avait douze fils, ancêtre éponymes des douze tribus du peuple hébreu (Genèse, 35,23ss). L’arbre de vie portait 12 fruits ; les prêtres, 12 joyaux. Lorsque Jésus choisit douze disciples, il proclame ouvertement sa prétention d’élire, au nom de Dieu, un peuple nouveau (Matthieu 10, 1 s et parallèles).La Jérusalem céleste de l’Apocalypse (21,12) a douze portes marquées du nom des tribus d’Israël et son rempart a douze assises au nom des douze apôtres. La femme de l’apocalypse (12,2) porte une couronne de douze étoiles sur la tête. Quand aux fidèles de la fin des temps, ils sont 144000, 12000 de chacune des douze tribus d’Israël (Apocalypse, 7, 4-8 ; 14, 1).

     

    De même la cité future en or fin, si elle repose sur 12 fondements (Apocalypse 21, 14),  chacun au nom d’un apôtre, dessine un cube de 12000 stades de côté, le rempart en jaspe ayant 144 coudées. Ce nombre symbolique de 12000 multiplie par 1000 (symbole de multitude) le chiffre même d’Israël (12), qui est celui de l’ancien et du nouveau peuple d’élu. Quand au nombre des fidèles, 144000, le carré de douze multiplié par 1000, il symbolise la multitude des fidèles du Christ. Paul  Claudel a magnifié ce chiffre : cent quarante-quatre, c’est douze fois douze : douze qui est trois multiplié par quatre, le carré multiplié par le triangle. C’est la racine de la sphère, c’est le chiffre de la perfection. Douze fois douze c’est la perfection multipliée par elle-même, la perfection au cube, la plénitude qui exclut tout autre chose qu’elle-même, le paradis géométrique….

     

    Le chiffre 12 représente l’Eglise, l’Eglise triomphante, au terme des deux phases militante et souffrante.

     

    Pour les Dogons et Bambaras du Mali, les principes contraires 4 et 3 (femelle et mâle), qui sont à la base de toute chose, peuvent s’associer de deux façons, l’une statique, l’autre dynamique, desquelles dépendent les valeurs du nombre 7 et du nombre 12. Si 7, addition de 4 et 3, est le principe de l’homme et de l’univers, 12, qui provient de leur multiplication est le symbole du devenir humain et du développement perpétuel de l’univers (DIEB).

     

    La vibration sonore qui préside à la genèse, selon la pensée africaine, en formant l’œuf cosmique avant la séparation de la terre et du ciel et la naissance des Grands Démiurges organisateurs de la création, commence par visiter – c’est-à-dire définir – les quatre points cardinaux : sur chacun, elle exécute trois girations en spirale ; c’est ainsi que le complexe espace-temps se définit à l’origine, par ce mariage du trois et du quatre, qui donne le douze, nombre d’action, et non principe statique comme est le sept. Ainsi, précise G. Dieterlen, se forme l’œuf cosmique, brasé par le tournoiement de la vibration sonore.

     

    Le nombre douze ne possède pas dans le monde celtique dont les nombres clés sont trois, neuf et vingt-sept, de signification s’éloignant du symbolisme général. La Table Ronde du Roi Arthur comprend elle aussi douze chevaliers.

     

    Douze est en définitive, toujours le nombre d’un accomplissement, d’un cycle achevé. Ainsi dans le Tarot, la lame du Pendu (XII) marque-t-elle la fin d’un cycle involutif, suivi par celle de la mort (XIII) qu’il faut prendre dans le sens de renaissance.

     

    L’arcane XII du Pendu dans le Tarot

     

    Ayant son origine et sa dérivée dans l’Hermite (lame IX) et le Diable (lame XV), qui équivaut aux deux femmes de l’Amoureux (lame VI) sur le plan spirituel, le douzième arcane majeur du Tarot, dont le complémentaire est la Roue de Fortune, nous présente un Pendu, dont le visage ressemble fort à celui du Bateleur.

     

    Un jeune homme est suspendu par un pied à un gibet vert sombre, soutenu par deux arbres jaunes, portant chacun six cicatrices rouges, qui correspondent à des branches coupées, arbres plantés sur deux monticules verts, sur lesquels pousse en outre une plante à quatre feuilles. Les cheveux et les chaussons du Pendu sont bleus, ainsi que le haut de sa veste en demi-manches rouges, à basques jaunes, marquées les uns et les autres d’un croissant horizontal, boutonnée par neuf boutons (six au-dessus de la ceinture, trois au-dessous), boutons blancs, comme le col, la ceinture et la partie du vêtement sur laquelle ils sont cousus.

     

    Le Pendu a les mains dans le dos au niveau de la taille et sa jambe droite est repliée derrière l’autre à la hauteur du genou. Le Pendu – ou le Sacrifice ou la Victime- représente : l’expiation subie ou voulue, le renoncement (M. Poinsot) ; le paiement des dettes, la punition, la haine de la foule et la traîtrise (Fr. Rolt-Wheeler) ; l’esclavage psychique et l’éveil libérateur, les chaînes de toutes sortes, les pensées coupables, les remords, le désir de se libérer d’un jong (TH. Terestchenko) ; le désintéressement, l’oubli de soi-même, l’apostolat, la philanthropie, les bonnes résolutions inexécutées, les promesses non tenues, l’amour non partagé (O. Wirth). Dans un tarot français du commencement du XVIIIe siècle, cette lame ne s’appelle pas le Pendu, mais la Prudence, qui est un conseil à donner devant l’ensemble des significations de cet arcane. La douzième maison horoscopique lui correspond en astrologie.

     

    Au premier regard, cette lame est celle de la défaite et de l’impuissance totale. Pourtant, les bras et les jambes du Pendu dessinent une sorte de croix sur un triangle, signe alchimique de l’accomplissement du Grand Œuvre. C’est assez dire qu’il faut, encore une fois, allez au-delà des apparences. Ce Pendu n’est-il pas victime, d’abord d’un asservissement magique ? La corde dont les extrémités peuvent faire penser à de petites ailes, ne passe pas réellement autour de son pied et il est permis de se demander comment elle tient réellement. C’est que le Pendu symbolise ici tout homme qui, absorbé par une passion, soumis corps et âme à la tyrannie d’une idée ou d’un sentiment, n’a pas conscience de son esclavage.

     

    Tout être humain dominé par une habitude mentale relève de a lame du Pendu, dit Van Rijnberk, qui ajoute : de même, tout homme dominé par un préjugé moral, contre ou sur quoi que ce soit, appartient à la catégorie des gens non-libres, liés tête en bas au plateau de leurs préjugés (RIJT, 242).

     

    Mais le symbole du Pendu débouche aussi sur un autre plan. Son inactivité apparente, sa position, indique une soumission absolue qui promet et assure un plus grand pouvoir occulte ou spirituel : la régénérescence chthonienne. Le pendu à renoncé à l’exaltation de ses énergies propres, il s’efface pour mieux recevoir les influences cosmiques : les douze marques rouges des branches coupées évoquent les signes du zodiaque et surtout, sa tête, entre les deux monticules, paraît s’enfoncer dans le sol, qu’il touche de ses cheveux bleus, couleur des puissances occultes. Nous songeons ici à Antée, le Géant qui reprenait des forces chaque fois qu’il touchait terre ; à la position des yogis, dressés sur leur tête et les avant-bras appuyés au sol, pour obtenir une plus grande concentration intellectuelle par une régénération et une circulation de forces de bas en haut entre le ciel et la terre. Le Pendu marque bien la fin d’un cycle, l’homme se renversant pour enfouir sa tête dans la terre, on pourrait dire pour restituer son être pensant à la terre dont il fut façonné. Le Pendu est « l’arcane de la restitution finale ». Mais cette restitution est la condition de la régénérescence.

     

    Symbole de purification par inversion de l’ordre terrestre, le Pendu est alors le Mystique par excellence et c’est en ce sens que Wirth voit dans ce douzième arcane majeur celui qui ouvre la série de l’initiation passive, par opposition aux douze premiers qui sont ceux de l’initiation active, fondée sur la culture et le déploiement des énergies que l’individu puise en lui-même (WIRT, 182).

     


     

    Exercice pratique

     

    Cet exercice est un travail philosophique pour ouvrir votre réflexion sur votre relation au chiffre 12. C’est un entrainement pour vous « observer » vous-même.  Pour « observer » votre environnement intérieur et extérieur, pour vous défaire des contraintes et prendre conscience de certaines corrélations qui existe entre vous, les autres et le spirituel. Tout est lié.

     

    L’exercice consiste à faire une retranscription d’au moins une page sur le regard que vous avez sur vous-même, sur votre mode de penser et votre mode de fonctionnement personnel. Ici les fautes d’orthographes, de français et de grammaire, n’ont aucune importance, puisque seul demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel. Ce n’est pas un exercice intellectuel, mais un exercice pour faire connaissance avec son « soi ». Soyez vrai, droit et sincère avec vous-même, avec votre cœur, avec vos pensées, et dans vos écris. N’essayez pas de mentir, de minimiser, ou d’augmenter, juste d’être vous-même, juste de vous accepter tel que vous êtes, pour vous donner la possibilité de vous découvrir en profondeur. Une retranscription simple et véridique, de « qui vous êtes » et « ou vous en êtes » aujourd’hui. Ce travail vous aide à faire « connaissance » avec vous, avec les autres, et avec le monde qui vous entoure. Grâce à cette réalisation, vous pourrez aborder « là ou vous en êtes » en toute sérénité et avancer avec un « plan de restructuration » en fonction des découvertes que vous observerez.

     

    Voici les questions:

     

     

    1/ Que représente pour vous la symbolique du Douze et de l’Arcane du Pendu ? Comment voyez-vous votre relation avec les autres et le monde extérieur ? Êtes-vous quelqu’un qui est à l’écoute, dans l’ouverture d’esprit, la réjouissance et le bonheur des autres ou plutôt quelqu’un qui souhaite au contraire être entendu, vu et reconnu dans ce que vous êtes profondément?

     

    2/ Êtes-vous quelqu’un qui s’adapte aux êtres suivant leurs propres demandes, suivant les circonstances de la vie ? Savez-vous faire la part des choses dans l’instant présent ? Ou êtes-vous plutôt décidé à imposer vos points de vue?  Êtes vous souple d’esprit ou plutôt rigide ? Peut-être êtes-vous tantôt l’un, tantôt l’autre, et parfois victime ou riche de cette instabilité ? Trouvez-vous la vie en générale plutôt pénible ou le contraire ? Trouvez-vous votre relation aux autres « difficile », parfois « contrariante », voir « douloureuse » ? Ou plutôt tout le contraire « facile » « riche » et « abondante » ? Ou encore, faites continuellement de hauts et de bas ?

     

    2/ Quelles conséquences ont  sur vous les avis des autres ? Modifiez-vous votre manière de communiquer et d’être, en fonction des commentaires, appréciations et dépréciations que vous renvoie le monde extérieur ? Êtes-vous capables de vous modifier, de changer, et de faire un réel travail sur vous-même pour faciliter votre communication relationnelle? Savez-vous évaluer les difficultés relatives à chacune des parties en cas de conflits ? Savez-vous reconnaître vos tords si c’est le cas ? Savez-vous être ferme et déterminé si vous avez raison ? Savez-vous vous effacer pour éviter un conflit ? Savez-vous provoquer un conflit pour régler une problématique ? Savez-vous prendre du plaisir dans toutes les formes d’échanges quelles qu’elles soient ? Savez-vous mettre un brin d’humour et de futilité sur des ambiguïtés trop conflictuelles? Pardonnez-vous facilement les paroles blessantes ?

     

    3/ Êtes-vous plutôt du genre à vouloir changer le monde ou plutôt du genre à vouloir vous changer vous-même ? Êtes-vous quelqu’un qui souhaite réellement trouver des compromis avec les autres pour faciliter la relation ? Aidez-vous les autres à comprendre et résoudre leurs difficultés ? Savez-vous « voir » les qualités des êtres ? Savez-vous « voir » leurs besoins, répondre à leurs attentes et les conduire sur le chemin de la réalisation de toutes leurs espérances ?

     

    4/ Quelle analyse ressort de cette symbolique du douze et de l’arcane majeur du Pendu ? Quelles révélations et quels secrets cette connaissance a-t-elle ouverte en vous ? Connaissiez-vous toutes les valeurs et les convictions attachés à cette symbolique ? En toute honnêteté, avez-vous réussi à identifiés vos difficultés grâce à cet exercice ? Quelles motivations cela à t-il soulevé en vous ?

     

    5/ Pensez-vous que votre démarche de suivre un enseignement spirituel soit le résultat d’une longue démarche antérieure ? Qu’est-ce qui vous a conduit jusqu’ici ? Quel est votre but spirituel maintenant ? Qu’êtes-vous prêt à sacrifier pour arriver à vos fins ? Développez l’argumentation générale de cette  cinquième partie.

     

    Conclusion :

     

    Le douze est un chiffre de contraintes extrêmes qui tourne comme une horloge afin de permettre un franchissement de toutes les étapes nécessaire à une parfaite prise de conscience. Bien sûr il faut « savoir » comprendre toute l’utilité de ses obligations forcées. Il y a toute la force de chaque planète, toute l’action du temps, tout le rayonnement du yin et du yang dans leurs intégralités, toutes  les différences relatives au monde de la dualité, qui doivent être comprise, surmontées et dépassées. C’est la parfaite nécessité absolue d’une bonne perception  de chaque détail qui ouvre à chaque fois un peu plus « la conscience ». Ce sont toutes ses prises de conscience successives, qui affinent la capacité à percevoir toutes les particularités existentielles rencontrées par les individus, du plus bas niveau de conscience vers le plus haut. C’est toute la force de l’observation, la puissance de cette fermentation, qui permet à la spatialité de se réaliser dans toute son envergure. L’être tourne autour du sujet de son observation pour le comprendre et mieux l’appréhender. Il creuse en lui un sillon dans les profondeurs de son être,  en même temps qu’il grandit spirituellement. Plus il se penche en lui humblement, plus il devient grand spirituellement. C’est toute la transmutation qui se réalise en lui et modifie son jugement du monde extérieur.  Ici il y a également une capacité à se propulser continuellement dans un monde de croissance, d’évolution, vers une existence plus vaste. La dynamique utilisée est imposée à bon escient. C’est elle qui tourne la roue des pensées et des sentiments d’Amour tout au long du parcours de vie.   Être bienveillant et pure en esprit, demeurer enthousiaste malgré toutes ses contraintes difficiles et remercier avec un cœur chargé d’Amour pour toute la créativité qui ressort de cette fantastique « mise à l’épreuve ».

     

     

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    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

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    Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

     

    Exercice philosophique/symbolique (Décembre 2014)

     

     

    Symbolique Décembre 2014

     

     

    Symbolique de Ciel

    Brahman signifie spirituel. Le ciel est une représentation divine de ce qui nous élève et nous unis tous ensemble. Le ciel nous relie à la terre qui nous relie au ciel.

     

    Le ciel est un symbole quasi-universel par lequel s’exprime la croyance en un Être divin céleste, créateur de l’univers et garant de la fécondité de la terre (grâce aux pluies qu’il déverse). De tels êtres sont doués d’une préscience et d’une sagesse infinies ; les lois morales et souvent les rituels du clan ont été instaurés par eux pendant leur bref séjour sur la terre ; ils veillent à l’observance des lois et l’éclair foudroie celui qui les enfreint.

     

    Le ciel est une manifestation directe de la transcendance, de la puissance, de la pérennité, de la sacralité ; ce que nul vivant de la terre ne peut atteindre. Le seul fait d’être élevé, de se trouver en haut, équivaut à être puissant (au sens religieux du mot) et à être comme tel saturé de sacralité….La transcendance divine se révèle directement dans l’inaccessibilité, l’infinité, l’éternité et la force créatrice du ciel (la pluie).  Le mode d’être céleste est une hiérophanie inépuisable. Par suite, tout ce qui se passe dans les espaces sidéraux et dans les régions supérieures de l’atmosphère – la révolution rythmique des astres, la poursuite des nuages, les tempêtes, la foudre, les météores, l’arc en ciel – sont des moments de cette même hiérophanie.

     

    En tant que régulateur de l’ordre cosmique, le ciel à été considéré comme le père des rois et des maîtres de la terre. En Chine, l’empereur sera fils du ciel. Le passage de la transcendance à la souveraineté forme un ensemble classique, ciel – dieu créateur – souverain, qui a pour correspondant l’ensemble non moins classique : empire – fils de Dieu – bienfaiteur – roi. La hiérarchie terrestre s’organise sur le modèle de la hiérarchie céleste : le haut devient le maître ; le dispensateur de biens s’arroge le droit de dominer. Servir devient asservir. On connait l’inscription du sceau de Genghis Khan : Un Dieu au ciel et le Khan sur la terre. Le sceau du Maître de la terre. Le schéma se renversera dans l’histoire, suivant un processus de perversion qu’ont connu tous les symboles ; le maître sera appelé bienfaiteur, même s’il ruine les autres ; père, même s’il tue ; céleste, même s’il rampe dans le vice. Mais cette corruption du symbole n’ôte rien à sa force originelle.

     

    Le ciel est le symbole complexe de l’ordre sacré de l’univers, qu’il révèle par le mouvement circulaire et régulier des astres et qu’il cache en suggérant seulement l’idée d’ordres supérieurs au monde physique, invisibles, l’ordre transcendant du divin et l’ordre immanent de l’humain.

     

    Le ciel est souvent figuré par une cloche, une coupe renversée, une coupole, un dais, un parasol, une ombrelle, une colombe, un parapluie pivotant sur son axe, ou par le cœur de l’homme.

     

    Le ciel est universellement le symbole des puissances supérieures à l’homme, bienveillantes ou redoutables : le caractère chinois t’ien (ciel) représente ce que l’homme a au-dessus de sa tête. C’est l’insondable immensité, la sphère des rythmes universels, celle des grands luminaires, l’origine donc de la lumière, le gardien peut-être aussi de la destinée. Le ciel est le séjour des Divinités ; il désigne parfois la Puissance divine elle-même. Il est aussi le séjour des Bienheureux. On considère souvent sept (ou neuf) cieux ; ainsi du Bouddhisme à l’Islam et de Dante à la Chine. Il s’agit manifestement alors d’une hiérarchie d’états spirituels qui seront gravis un par un.

     

    Sous un autre aspect, le Ciel est, avec la Terre le résultat de la polarisation première, la moitié supérieure le l’Œuf du Monde. Tel il apparait, en particulier, dans la Chândogya Upanishad et dans l’architecture hindoue. Même quand ce symbole n’est pas exprimé avec précision, la notion d’un lien primitif entre le ciel et la terre, qui fut ultérieurement rompu, est presque universelle. La polarité s’exprime avec une netteté particulière en Chine : le Ciel est le principe actif, masculin, s’opposant à la Terre, passive et féminine. Ciel en action, puissance suprême, dit le Yi-king à propos de l’hexagramme céleste t’ien. Le Ciel n’est donc pas le principe suprême, mais le pôle positif de sa manifestation : le Ciel est l’instrument du Principe, écris Tchouang-Tseu ; le Principe est le Faîte du Ciel (T’ien-ki). 

     

    Par l’action du Ciel sur la Terre, tous les êtres se produisent. La pénétration de la Terre par le Ciel est donc envisagée comme une union sexuelle. Le produit en est soit l’homme, fils du Ciel et de la Terre, soit, dans le symbolisme particulier à l’alchimie interne, l’embryon de l’Immortel. Le mythe du mariage du Ciel et de la Terre s’étend de l’Asie à l’Amérique en passant par la Grèce, l’Egypte, et l’Afrique noire. L’expression fils de Ciel et de la Terre appartient aux mystères orphiques, ainsi qu’aux livres chinois. Le véritable fils du Ciel et de la Terre, celui dont le Yi-king dit qu’il est leur égal et que, par sa suite il n’est pas en opposition avec eux, c’est l’homme véritable et positivement, l’empereur : lez caractère wang qui le désigne, exprime exactement cette médiation, dont on trouve aussi mention dans la table d’Emeraude hermétique (il monte de la Terre au Ciel et redescend du Ciel en Terre…)

     

    L’alchimie chinoise, avons-nous noté, transfère le Ciel à l’intérieur du microcosme humain. Bien que d’une manière différente, il arrive à l’ésotérisme islamique d’en faire autant : le Ciel, écrit Abû Ya’qûb, est à l’intérieur de l’âme, et non l’inverse. C’est la raison pour laquelle l’homme lit les choses utiles dans le ciel. Nous avons ici une motivation spirituelle de l’astrologie digne d’intérêt.

     

    Contrairement à la tradition chinoise, le ciel en Egypte est un principe féminin, source de toute manifestation. En Egypte ancienne, en effet, c’est la déesse Nout, courbée en forme de voûte, qui figure le ciel. Un relief d’un sarcophage de la XXXe dynastie la représente inclinée en forme de portique roman, les mains touchant le sol à l’Orient, les pieds à l’Occident. A l’intérieur du portique se dessine une mappemonde, avec divers pays de la terre, le séjour souterrain des dieux inférieurs et un soleil irradiant. Cette déesse enveloppe dans sa courbe semi-circulaire, parcourue par le soleil, le cosmos tout entier avec ses trois niveaux. Personnifiant l’espace céleste qui englobe l’univers, Nout est appelée la mère des dieux et des hommes. Son image est gravée sur maints sarcophages ; un papyrus du Louvre la décrit, s’exprimant pour un défunt, comme une mère pleine de tendresse. Ta mère Nout t’a reçu en paix. Elle place ses deux bras derrière ta tête chaque jour ; elle te protège dans le cercueil ; elle te sauvegarde dans la montagne funéraire ; elle fait ses protections sur tes chairs excellemment ; elle se fait toute protection pour la vie et toute intégrité de santé. On la représente aussi dans un sycomore versant aux âmes l’eau céleste qui les renouvelle. Elle est censée avoir épousé la terre, le dieu Geb, et, supérieures aux étoiles et aux planètes, avoir donné naissance au soleil, le dieu Rê : le ciel a épousé la terre et le dieu Rê ; le ciel à épousé la terre et le soleil est né.

     

    Dans la tradition biblique, le ciel est identifié à la divinité, chroniqueurs et prophètes évitant systématiquement l’emploi du nom divin. Ainsi le Ciel remplace l’expression Dieu du ciel, qui était une désignation courante à l’époque perse. On lit par exemple dans I Macchabées : Le ciel nous garde d’abandonner loi et observances. Plus loin, dans II Macchabées : l’écrivain sacré attribue également au ciel les attentions particulières à Yahvé.

     

    Dans le Nouveau Testament, l’expression Royaume des cieux, propre à l’Evangile le plus judaïsant, celui de Matthieu, répondra à la préoccupation juive de remplacer le Nom redoutable par une métaphore (Note B.J sur Matth.3, 2 : Royaume des cieux est tout proche). L’expression est répétée plus loin, 4 17, manifestant que : la Royauté de Dieu sur le peuple élu, et par lui sur le monde, est au centre de la prédication de Jésus.

     

    Dans l’Apocalypse, le ciel est la demeure de Dieu, mode symbolique pour désigner la distinction du Créateur et de sa créature. Le ciel entre alors dans un système de relation entre Dieu et les hommes. Que ces relations changent, après l’incarnation rédemptrice par exemple, le système change complètement et l’on peut parler d’un ciel nouveau. C’est ainsi que l’auteur de l’apocalypse peut s’écrier : …Je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle – le premier ciel, en effet, et la première terre ont disparu…Et je vis la Cité sainte Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu…Voici que je fais l’univers nouveau. Le nouveau ciel symbolise ici le renouvellement universel, qui inaugure l’ère messianique. Les rapports de la création avec son Dieu sont entièrement transformés.

     

    Le ciel ne joue pas de rôle déterminant dans la symbolique celtique, qui n’y place pas le siège ou la résidence des dieux. Les langues modernes distinguent bien le ciel religieux du ciel atmosphérique, mais on n’a aucune preuve d’une telle distinction pour l’époque celtique préchrétienne où, à vrai dire, elle n’était pas nécessaire. Le ciel atmosphérique semble avoir été compris en général comme une voûte : c’est ainsi qu’on peut expliquer la crainte des Gaulois que le ciel ne leur tombe sur la tête, ou encore le serment irlandais par les éléments.

     

    A l’époque historique (environ 1000 ans avant J.-C.) les Mexicains croient à neuf cieux, symbolisés dans l’architecture sacrée par les neufs étages de leurs pyramides. Ils croient également à neuf mondes inférieurs. Les Aztèques remplacèrent cette cosmologie à étages par un système de couches et distinguèrent treize cieux et neufs mondes inférieurs.

     

    Douze cieux chez les Algonquins, chacun d’eux étant habité par un Manitou, et le douzième par le Créateur, puissance suprême, Grand Manitou.

     

    Les treize cieux des Aztèques, selon l’Historia de los Mexicanos por sus pinturas cité par Soustelle (SOUM), avaient les caractéristiques suivantes :

    1/ pays des étoiles ;

    2/ Pays des Tzitzimime, monstres à l’aspect squelettique, qui se déchaineront sur le monde lorsque le soleil périra ;

    3/ Pays des 400 gardiens des cieux ;

    4/ Pays des oiseaux qui descendent sur terre (sans doute les âmes des élus) ;

    5/ Pays des serpents de feu, météores, et comètes ;

    6/ Pays des quatre vents ;

    7/ Pays de la poussière ( ?) ;

    8/ Pays des dieux ;

    Les cieux 9 à 13 sont habités par les Grands Dieux, le soleil résident dans le 12e, les puissances nocturnes dans le 10; le couple divin primordial réside au 13 e et dernier. Le 13e est également le pays d’où viennent les enfants et où retournent les enfants mort-nés. Il y existe un arbre de lait (SOUM).

     

    Sept cieux s’étagent chez les Bambaras :

    - Le premier ciel est impure ;

    - Le deuxième, frais, partiellement purifié, est le pays des âmes des hommes et des animaux ;

    - Le troisième, ciel noir, est le lieu de repos des génies, intermédiaires entre les dieux et les hommes ;

    - Le quatrième ciel est le miroir des trois premiers. Le démiurge Faro, maître de l’eau et du verbe, responsable de l’organisation du monde dans sa forme actuelle, y tient sa comptabilité : il suit dans son miroir les faits et gestes de sa création ;

    - Le cinquième ciel est rouge. C’est le ciel de la justice divine, ou Faro édicte ses sentences à l’égard des hommes qui ont enfreint des interdits. C’est aussi le ciel de la guerre et des combats. Il est le pays du sang, du feu, des vents, chauds et nuisibles. Les Bambaras lui offraient des sacrifices propitiatoires avant d’entreprendre une guerre. Le 5e ciel – pays de la sécheresse – est habité par des génies qui tentent d’arrêter la chute de ses eaux ; ils sont combattus par les génies Kwore, cavaliers montant des coursiers ailés, qui habitent le 3e ciel. L’éclair, le tonnerre, la foudre résultent de ces combats ;

    - Le sixième ciel est celui du sommeil. Les secrets du monde y sont conservés. Les âmes des hommes et des génies vont s’y purifier, pour recevoir en songe, les instructions du dieu faro ;

    - Le septième ciel est le royaume du dieu faro, et le réservoir des eaux qu’il dispense à la terre, sous forme de pluies fécondantes et purificatrices.

     

    Il y a tantôt sept, tantôt neuf cieux dans l’image du monde des peuples ouralo-altaïques. Ces différentes couches célestes sont figurées par autant d’encoches sur le pieu, ou le bouleau sacré par lequel le chaman matérialise les étapes successives de son ascension. On parle parfois en maints endroits de ciel à douze, seize, voir dix-sept couches (d’après Katanov et Radloff). L’étoile polaire joue un rôle particulier dans cette organisation céleste. Selon Anokhin, elle constitue le cinquième obstacle de l’ascension chamanique et correspond en conséquence au cinquième ciel ; selon Bogoraz, les Tchoukche se figure que l’ouverture du ciel par laquelle on peut passer d’un monde à l’autre se trouve près de l’étoile polaire. Tous les mondes, ajoute Bogoraz, sont reliés entre eux par des ouvertures situés près de l’Etoile polaire. Les chamans et les esprits les utilisent dans leurs courses d’un monde à l’autre. Les héros de diverses légendes, à cheval sur un aigle ou un oiseau des tempêtes, peuvent également les traverser.

     

    Les Tatars de l’Altaï et les Teleoutes placent la lune dans le sixième ciel et le soleil dans le septième.

     

    Les mêmes populations situent le troisième ciel le Paradis des Bienheureux, demeure de Jajyk-Khan, le Prince du Déluge, divinité protectrice des hommes et médiatrice entre ceux-ci et le dieu suprême. Du troisième ciel également proviennent les âmes des enfants à naître, que Jajyk envoie sur la terre.

     

    Le livre Ouïgour Koudatkou Bilik, écris vers1069, place les sept astres dans l’ordre suivant en commençant par le ciel supérieur : Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure et Lune. Cette disposition est celle qui a toujours été adoptée par les astrologues et occultistes européens.

     

    Selon Uno Harva la disposition du ciel en neuf couches serait incontestablement une idée plus récente que sa disposition en sept couches, non seulement chez les peuples de la famille turque, mais aussi chez les autres peuples asiatiques où l’on rencontre cette représentation. Cet auteur poursuit ainsi : les derniers adorateurs de Mithra commencèrent par parler de neuf ciels à l’époque de Julien l’Apostat. C’est d’après neuf cercles stellaires que les Sabéens avaient organisés leur clergé du temple. Les neufs planètes, qui correspondent chacune à un métal et qui sont mentionnées dans le recueil juridique hindou Yaajnavalkya, sont expliqué par Bousset comme étant d’origine persane tardive.

     

    Dans le Paradis dantesque on compte, outre les sept cercles planétaires, au-dessus d’eux : huitième, le ciel des étoiles fixes, et neuvièmement, le primum mobile.  L’idée des neuf ciels s’est répandue au moyen Age jusque dans les pays nordiques et elle a laissé des traces dans les formules magiques finnoises.

     

    Le ciel est aussi un symbole de la Conscience.

     

    Le mot est fréquemment employé pour signifier l’absolu des aspirations de l’homme, comme la plénitude de la quête, comme le lieu possible d’une perfection de son esprit, comme si le ciel était l’esprit du monde… On comprend que la foudre – déchirure éclatante du ciel – ait été propre à symboliser cette ouverture de l’esprit qu’est la prise de Conscience.

     

    (Dictionnaire des symboles-Robert Laffont)


     

    Exercice pratique

     

    Cet exercice est un travail philosophique pour ouvrir votre réflexion sur votre relation avec la Divinité. C’est un entrainement pour vous « observer » vous-même.  Pour « observer » votre environnement intérieur et extérieur, pour vous défaire des contraintes et prendre conscience de certaines corrélations qui existe entre vous, les autres et le spirituel. Tout est lié.

     

    L’exercice consiste à faire une retranscription d’au moins une page sur le regard que vous avez sur vous-même, sur votre mode de penser et votre mode de fonctionnement personnel. Ici les fautes d’orthographes, de français et de grammaire, n’ont aucune importance, puisque seul demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel. Ce n’est pas un exercice intellectuel, mais un exercice pour faire connaissance avec son « soi ». Soyez vrai, droit et sincère avec vous-même, avec votre cœur, avec vos pensées, et dans vos écris. N’essayez pas de mentir, de minimiser, ou d’augmenter, juste d’être vous-même, juste de vous accepter tel que vous êtes, pour vous donner la possibilité de vous découvrir en profondeur. Une retranscription simple et véridique, de « qui vous êtes » et « ou vous en êtes » aujourd’hui. Ce travail vous aide à faire « connaissance » avec vous, avec les autres, et avec le monde qui vous entoure. Grâce à cette réalisation, vous pourrez aborder « là ou vous en êtes » en toute sérénité et avancer avec un « plan de restructuration » en fonction des découvertes que vous observerez.

     

    Voici les questions:

     

    1/ Que représente pour vous la symbolique du ciel et de la terre ? Quelle est votre relation avec la terre et avec le ciel ? Y’a-t-il une corrélation entre eux ? Concrètement, que pouvez-vous expliquer sur  votre aspect matériel et sur votre aspect spirituel ? Quelles relations entretenez-vous avec la Divinité ? Quelle place accordez-vous au Divin dans votre vie en général? Combien de temps en heure et par semaine, passez-vous avec ou auprès du Divin ? Priez-vous ? Pourquoi ? Cela a-t-il un bon impact sur vous et sur votre entourage ? Pensez-vous que la religion est une philosophie, ou un état d’esprit ou encore quelque chose dont vous devez « prendre conscience » ? Pourquoi ? Souhaitez-vous cultivez une part de Divinité en vous et quels sont les moyens que vous utilisez pour mettre cette culture en place ? 

     

    2/ Pensez-vous que votre vie personnelle est plutôt vécue sous l’influence d’un karma ou plutôt sous l’influence d’un dharma ? Pensez-vous que  votre lien avec la Divinité ait un effet purificateur sur vous, sur les autres et sur votre environnement ? S’il n’existe pas de lien, pensez-vous que cela changerait votre vie, si vous faisiez une démarche dans ce sens ?

     

    3/ Pensez-vous avoir de la « chance », avoir eu des protections, et des événements inexplicables dans votre vie ? Quand et Lesquelles ? Ou pensez-vous plutôt n’avoir pas de chance, pas de soutien, pas d’aide, pas de compréhension de la part de votre famille, de vos amis et de votre entourage ?

     

    4/ Maintenant, observez votre fonctionnement avec les autres, et reprenez toutes ces questions et voyez de quelle manière vous avez « aidez » votre entourage. Porter-vous « chance » aux autres ? Les encouragez-vous à aller vers le positif, ou plutôt le contraire ? Quel regard avez-vous sur les personnes qui ont un lien Divin ? Acceptez-vous les liens avec la divinité qui sont différents des vôtres ? En bref, que représentent les autres religions pour vous ? 

     

    5/ Pensez-vous que tous les chemins qui conduisent vers le Divin amènent tous à la même conclusion ? Pensez-vous que la Divinité soit représentative de l’unité et une marque d’unité entre vous et les autres ? Selon vous, qu’est-ce qui favorise le plus votre épanouissement personnel et celui des autres ? Développez l’argumentation générale de cette  cinquième partie.

     

    Conclusion :

     

    Le ciel est une représentation de la divinité. C’est une allégorie à la sacralité, à la foi des êtres sensibles, aux religions, et à la philosophie spirituelle. Le ciel est semblable à une échelle graduée qui nous permet de pénétrer dans les mondes célestes et de transcender la matérialité. Grandir afin de s’élever à travers les grades pour obtenir des avantages, des dons, des bannières et des biens suivant notre ascension personnelle. Le but ultime était la libération, même si les récompenses antérieures sont aussi appréciées au moment où elles arrivent sur le chemin du pèlerin. Le ciel est un vaste domaine où la sagesse à toute sa place.

     

     

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    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

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  • Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

     

    Exercice philosophique/symbolique (Novembre 2014)

     

    Symbolique Novembre 2014

     

     

    Symbolique du chiffre « 5 »

    « Il y a quelque chose qui change dès l’apparition du chiffre cinq »

     

     

    La philosophie est un exercice spirituel qui prépare et ouvre sur la sagesse. Elle est surtout une discipline créative, une réappropriation de concepts, pour une reformulation beaucoup plus objective. Cette nouvelle discipline de l’esprit,  qui nous pousse à voir les choses autrement, avec un esprit neuf et ouvert, s’appelle « l’éveil des Consciences ». Tous les exercices qui permettent cette ouverture sont considérés comme « éveilleurs ».  

     

    Le nombre 5 tire son symbolisme de ce qu’il est, d’une part, la somme du premier nombre pair et du premier nombre impair (2+3) ; d’autre part, le milieu des neufs premiers nombres. Il est signe d’union, nombre nuptial disent les Pythagoriciens ; Nombre aussi du centre, de l’harmonie et de l’équilibre. Il sera donc le chiffre des hiérogamies, le mariage du principe céleste (3) et du principe terrestre (2).

     

    Il est encore symbole de l’homme (bras écartés, celui-ci paraît disposé en cinq partie en forme de croix : les deux bras, le buste, le centre –abri du cœur- la tête, les deux jambes). Symbole également de l’Univers : deux axes, l’un vertical  et l’autre horizontal, passant par un même centre ; symbole de l’ordre et de la perfection ; finalement, symbole de la volonté divine qui ne peut désirer que l’ordre et la perfection.

     

    Il représente aussi les cinq sens et les cinq formes sensibles de la matière : la totalité du monde sensible.

     

    L’harmonie pentagonale des Pythagoriciens laisse sa marque dans l’architecture des cathédrales gothiques. L’étoile  à cinq branches, la fleur à cinq pétales est placée, dans le symbole hermétique, au centre de la croix des quatre éléments : c’est la quint-essence, ou l’éther. Le 5 par rapport au 6 est le microcosme par rapport au macrocosme, l’homme individuel par rapport à l’homme Universel.

     

    En Chine également, 5 est le nombre du centre. On le trouve dans la case centrale de Lo-chou. Le caractère wou (cinq) primitif est précisément la croix des quatre éléments, auxquels s’ajoute le centre. Dans une phase ultérieure, deux traits parallèles s’y adjoignent : le ciel et la terre, entre lesquels le yin et le yang produisent les cinq agents. Aussi les anciens auteurs assurent-ils que sous le ciel, les lois universelles sont aux nombre de cinq : il y a cinq couleurs, cinq saveurs, cinq tons, cinq métaux, cinq viscères, cinq planètes, cinq orients, cinq régions de l’espace, et bien entendu cinq sens. Cinq est le nombre de la terre : il est, somme des quatre régions cardinales et du centre, l’Univers manifesté. Mais il est aussi la somme de deux et de trois, qui sont la terre et le ciel dans leur nature propre : conjonction, mariage du yin et du yang de T’ien et de Ti. Aussi est-ce le nombre fondamental des sociétés secrètes. C’est cette union que symbolisent les cinq couleurs de l’arc en ciel. Cinq est aussi le nombre du cœur.

     

    Dans le symbolisme Hindou, cinq est encore conjonction de deux (nombre femelle) et de trois (nombre mâle). Il est principe de vie, nombre de Civa transformateur. Le pentagone étoilé, également symbole çivaïte, est considéré comme étant un pentagone simple entouré de cinq triangles de feu rayonnants qui sont des linga. Civa qui, en tant que seigneur de l’Univers, domine aussi les cinq régions, est parfois représenté à cinq faces et vénéré, notamment au Cambodge, sous la forme de cinq linga. Toutefois, la cinquième face, celle qui regarde vers le haut, s’identifie à l’axe et n’est généralement pas figurée.

     

    Dans le bouddhisme japonais de la secte Shingon, on distingue également cinq orients (les quatre points cardinaux plus le centre) ; cinq éléments (terre, eau, feu, vent, espace) ; cinq couleurs ; cinq qualités de connaissances, celles que possédait le Bouddha suprême et que l’adepte de l’ésotérisme Shingon doit s’efforcer d’acquérir progressivement pour accéder au niveau de l’éveil. Cinq se révèle ici comme le nombre de la perfection intégrée.

     

    Cinq est le nombre des provinces d’Irlande réparties en quatre provinces traditionnelles : Ulad (Ulster), Connacht (Connaught), Munster (Mumu) et Leinster (Lagin), et une province centrale, Midhe (Meath), constituée par le prélèvement d’une parcelle des quatre autres provinces. Le nom de la province est en Irlandais moyen coiced, littéralement cinquième. Cinq est encore le nombre des dieux fondamentaux du panthéon  celtique, soit un dieu suprême, polytechnicien, Lug (lumineux) assimilé à Mercure en Interpretatio romana, et quatre dieux dont il transcende tous les aspects : Dadge (dieu bon), Jupiter ; Ogme (le champion) et Nuada (le roi), Mars ; Diancecht (médecin) et Mas Oc (le jeune homme), Apollon ; Brigit (brillante mère des dieux, mère des arts et des techniques, de Goibniu, le forgeron), Minerve. Le schéma est confirmé par César qui, dans le de bello Gallico énumère Mercure, Jupiter, Mars apollon, Minerve. Toutefois, chez l’auteur latin les théonymes romains désignent, non des divinités, mais des fonctions ; ce qui explique que certaines correspondances celtiques soient doubles. Cinq serait aussi un symbole de la totalité : totalité du pays d’Irlande, totalité du panthéon celtique ; mais une totalité obtenue par un centre qui ressemble et qui intègre quatre et dont les quatre participent.

     

    Dans la plupart des textes irlandais médiévaux cinquante, ou son multiple triple cent cinquante (tri coicait : littéralement trois cinquantaines) est un nombre conventionnel indiquant ou symbolisant l’infini. On compte rarement au-delà. Mais le système de numération celtique est, encore actuellement dans les langues modernes, archaïque et d’emploi malaisé.

     

    En Amérique centrale, cinq est un chiffre sacré. Dans la période agraire, c’est le symbole numéral du dieu du maïs. Dans les manuscrits comme dans la sculpture Maya, il est fréquemment représenté par une main ouverte. Selon Girard, la sacralisation du chiffre cinq serait liée au processus de germination du maïs, dont la première feuille sort de terre, cinq jour après les semailles. Les Jumeaux Dieux du Maïs, après leur mort initiatique, ressuscitent des eaux de la rivière cinq jours après que leurs centres y ont été jetées (Popol-Vuh). Le mythe précise qu’ils apparaissent d’abord sous forme de poissons, puis d’hommes-poissons (sirènes) avant de devenir des adolescents radieux (solaires). Aussi le glyphe maya du nombre cinq, couramment constitué par une main, se rencontre-t-il aussi sous les trait d’un poison. De nos jours encore les Chorti, descendant des Mayas, associent le nombre cinq au maïs et au poisson. Dans la suite de leur histoire, les Jumeaux se différencient en Dieu Soleil et Dieu Lune. C’est le Dieu Lune qui conserve le Cinq comme symbole numérique (d’où l’analogie avec le poisson symbole lunaire).

     

    Chez les Chorti également, le cycle de l’enfance, pour les mêmes raisons (analogie homme-maïs) est de cinq ans, le Dieu du Maïs est le patron des enfants qui n’ont pas atteint l’âge de raison, c'est-à-dire âgés de moins de cinq ans.

     

    Selon les croyances des Maya, Dieu hale le mort par la corde, qui est son âme, le cinquième jour, de même que le maïs termine sa période de gestation et sort de terre halé par Dieu, après cinq jours. La tige du maïs est également appelée corde ou âme.

     

    Dans la tradition mexicaine, Quetzalcóatl reste quatre jours en enfer avant de renaitre le cinquième jour. Le glyphe solaire des Maya se compose de cinq cercles, le Dieu du Maïs étant également dieu solaire.

     

    Cinq est aussi symbole de perfection chez les Maya pour qui e cinquième jour est celui des divinités terrestres. Selon ce même auteur, il est donc sans discussion, le jour du serpent qui envoie la pluie.

     

    Les quatre soleils successifs de la tradition aztèque représentent l’accomplissement d’un monde qui se trouve, avec le quatrième soleil, réalisé mais pas encore manifesté. C’est avec le cinquième soleil, signe de notre ère, que s’accomplit la manifestation. Nous avons vu que chacun de ces soleils – et de ces âges – correspondait à l’un des points cardinaux. Le cinquième soleil correspond au centre ou milieu de la croix ainsi dessinée. Il est l’éveil de ce centre, le temps de la conscience. Cinq est donc le chiffre symbolique de l’homme-conscience du monde. Les Aztèques assignent au soleil du centre la Divinité Xiuhtecutli, maître du Feu, représenté quelquefois par un papillon.

     

    Chez les Aztèques le dieu cinq (jeune maïs) est maître de la danse et de la musique. Cette fonction apollinaire l’associe à l’amour, au printemps, à l’aurore, et à tous les jeux. Le même dieu, appelé le chanteur est, chez les Huitchol, l’Etoile du matin.

     

    Reprenant l’interprétation du nombre cinq chez les anciens Mexicains, J. Soustelle met clairement en lumière l’ambivalence propre à ce symbole. Cinq, dit-il est tout d’abord le nombre du monde présent ( qui a été précédé de quatre premières ébauches de création) et du centre de la croix des points cardinaux. Par là, il symbolise le feu, mais sous sa double acceptation, d’une part, solaire, donc lié au jour, à la lumière, à la vie triomphante ; d’autre part, sous sa forme interne, terrestre, chthonienne, liée à la nuit, et à la course nocturne du soleil noir dans les enfers. Le héros Quetzalcóatl, dans ses successives métamorphoses, incarne par deux fois l’idée de sacrifice et de renaissance, assimilé d’une part au soleil, d’autre part à Vénus, qui tous deux disparaissent à l’ouest dans le domaine des ténèbres, pour reparaître – renaître – à l’est, avec le jour. En tant que Seigneur de la maison de l’aurore, Quetzalcóatl, renaissant sous la forme de Vénus étoile du matin, est représentée sur les manuscrits mexicains comme un personnage portant sur le visage le chiffre cinq, sous forme de cinq gros points, en quinconce. De ce fait, le nombre cinq a pour signification ésotérique, précise J. Soustelle, dans le symbolisme de la classe sacerdotale et guerrière, le sacrifice, ou plutôt l’auto sacrifice et la résurrection. Glyphe solaire, il incarne l’idée du triomphe solaire et de la vie ; mais il sous-tend aussi ces sacrifices des guerriers dont le sang versé, nourriture du soleil, conditionne le retour cyclique de l’astre, qui conditionne à son tour la vie. De même le centre du monde, représenté par le 5, est aussi le glyphe du tremblement de terre, du châtiment final, de la fin du monde, où des esprits maléfiques se précipiteront des quatre directions cardinales sur le centre pour anéantir la race humaine. Le centre du monde est ici le carrefour central, et, comme tous les carrefours, il est un lieu où se produisent des apparitions redoutables.

     

    Rappelons que c’est aux carrefours qu’apparaissent, cinq fois par an, la nuit, les femmes mortes en couches, et qui, divinisées comme guerriers morts au combat ou sacrifiés, accompagnent le soleil dans sa course diurne – ce qui rappelle analogiquement la pensée des Dogon quand à ce nombre. Enfin, toujours pour préciser le côté néfaste de ce symbole, il faut rappeler que 5, en tant que milieu de la série nocturne (9) est l’opposé de 7, milieu de la série diurne (13). Le cinquième Seigneur de la nuit, Mitlantecutli, Seigneur de la mort, s’oppose à l’heureuse déesse Chicomecoatl, 7e des 13 divinités diurnes ; il porte sur son dos un signe solaire : c’est le soleil des morts – le soleil noir – qui passe sous la terre pendant la nuit. Ainsi, conclut J. Soustelle, le nombre 5 symbolise, pour les Mexicains, le passage d’une vie à l’autre par la mort, et la liaison indissoluble du côté lumineux et du côté sombre de l’Univers.  

     

    Le précieux récit du père Francisco de Avila, De Priscorum Huarachiriensum montre le rôle capital que jouait e nombre cinq dans les croyances des anciens Péruviens : tout ce qui servait de nourriture mûrissait cinq jours après avoir été semé, et les morts ressuscitaient après cinq jours, raison pour laquelle ils n’étaient pas enterrés, mais exposés : le cinquième jour on voyait réapparaitre leur esprit, sous la forme d’une petite mouche. Dans les mythes relatifs à la fin des premiers âges, apparaissent un déluge, qui dura cinq jours, et une éclipse de soleil, qui plongea le monde dans les ténèbres également pendant cinq jours : alors les cimes des montagnes s’entrechoquèrent, les mortiers et les pierres a moudre se mirent à écraser les hommes. Le dieu Paryacaca, maître des eaux et de la foudre, naît de cinq œufs, sous la forme de cinq milans ; il est un en cinq ; l fait tomber la pluie simultanément de cinq endroits différents et il lance l’éclair des cinq régions du ciel.

     

    La conception de cinq humanités successives – la notre étant la cinquième – se retrouve dans les travaux et les jours d’Hésiode. Pour le poète de la cosmogonie, la terre fut successivement habitée par les hommes d’or, les hommes d’argent, les hommes de bronze et les demi-dieux – qui périrent au cours de la guerre de Troie- avant que survienne notre génération, celle des hommes de fer. Les hommes d’or sont devenus les bons génies de la terre, gardiens de la terre, dispensateurs des richesses ; leurs successeurs, les hommes d’argent, coupables d’une folle démesure ayant refusé de rendre le culte dû aux Immortels, furent ensevelis par Zeus ; ils devinrent ceux que les mortels appellent les Bienheureux des Enfers, génies inférieurs, mais que quelque bonheur accompagne encore ; les hommes de bronze, coupables, eux, non de l’orgueil luciférien de leurs prédécesseurs, mais de l’excès de leur force terrifiante, succombèrent sous leurs propres bras, et partirent pour le séjour de l’Hadès frissonnant sans laisser de nom sur la terre ; quand à la race divine des demi-dieux, elle habite, le cœur libre de soucis, dans les iles des Bienheureux, au bord des tourbillons profonds de l’Océan, c'est-à-dire à l’extrême Occident, près du jardin des dieux, gardé par les Hespérides. Il y a là aussi un curieux rapprochement à faire entre la tradition grecque et celle des cinq soleils ou cinq ères des aztèques.

     

    Dans les Dogon et les Bambara du mali, l’unique est exceptionnel, non comme un synonyme d’achèvement, de perfection, mais comme un synonyme d’erreur de la nature : c’est le nombre du chaos initial, deux étant celui du cosmos organisé. De ce fait, cinq, fait de l’association de quatre, symbole féminin, et de un, est lui-même un symbole d’incomplétude, d’impureté, d’inharmonie, d’instabilité, de création inachevée. C’est, de ce fait, un nombre considéré le plus communément comme néfaste : il est associé aux plus graves échecs – dont les fausses couches – et à la mort.  Cependant il peut être considéré comme un heureux symbole : les bambara parlent en effet d’un cinquième monde – à venir – qui serait le monde parfait, né de l’association non plus de quatre et de un, comme le monde actuel, mais de trois et de deux.

     

    Sainte Hildegarde de Bingen a développé toute une théorie du chiffre cinq comme symbole de l’homme. L’homme se divise dans la longueur, du sommet de la tête aux pieds, en cinq parties égales ; dans la largeur formée par les bras étendus d’une extrémité d’une main à l’autre, en cinq parties égales. En tenant compte de ces mesures égales dans sa longueur et de ces cinq mesures égales dans sa largeur, l’homme peut s’inscrire dans un carré parfait. Cinq carrés dans la longueur et cinq carrés dans la largeur, la poitrine étant le lieu de l’’intersection, forment une croix dans un carré. Si le carré est le symbole de la terre, l’homme est comme une croix en ce monde, ou ce monde est pour lui comme une croix.

     

    Outre ces cinq parties égales dans sa longueur et les cinq parties égales dans sa largeur, l’homme possède cinq sens, cinq extrémités (tête mains et pieds). Plutarque utilise ce nombre pour désigner la succession des espèces. Une telle idée peut se trouver dans la Genèse où il est dit que les poissons et les volatiles furent créés le cinquième jour de la création…Le nombre pair signifiant la matrice, car il est féminin, le nombre impair étant mâle, l’association de l’un et de l’autre est androgyne….Ainsi le pentagramme est l’emblème du microcosme et de l’androgyne. Dans les miniatures médiévales, l’homme microcosme est souvent représenté, bras et jambes écartés, afin de mieux indiquer les cinq pointes du pentagramme. Le nombre cinq régit donc bien la structure de l’homme.

     

    Cinq est chiffre faste pour l’Islam, qui lui voue une prédilection : le pentagramme des cinq sens et du mariage. Cinq est le nombre des heures, de la prière, des biens pour la dîme, des éléments du hajj (et des jours à Arafât), des genres de jeûne, des motifs d’ablution, des dispenses pour le vendredi ; c’est le quint des trésors et du butin ; les cinq générations pour la vengeance tribale, les cinq chameaux pour la diya, les cinq takbîr ou formules de prière : Dieu est grand ! Ce sont les cinq témoins de la Mubâhala (pacte), les cinq clefs coraniques du mystère. Ce sont aussi les cinq doigts de la main de Fatima.

     

    Contre le mauvais œil, on étend les cinq doigts de la main droite, en disant : cinq dans ton œil ou cinq sur ton œil. A Fez pour éviter le danger produit par l’admiration pour quelque chose ou quelqu’un, on dit : cinq et quinze. Le chiffre cinq est devenu ainsi un charme en lui-même. Le cinquième jour de la semaine jeudi, est sous le signe d’une protection efficace.

     

    Cinq dit Allendy est le nombre de l’existence matérielle et objective. Le psychanalyste et la tradition maya se rencontre ici, ainsi que les traditions orientales, pour faire de cinq le signe de la vie manifestée. Etant un nombre impair, il exprime non un état, mais un acte. Le quinaire est le nombre de la créature et de l’individualité. Il est remarquable en ce sens, que l’homme s’inscrive dans un pentagramme, qui à pour centre son sexe. C’est ce pentagramme qui est à l’origine du signe idéogramme chinois Jen, représentant l’homme. Si un homme est étendu bras et jambes allongés, le sexe servant de centre, sa partie supérieure est égale à sa partie inférieur ; et une circonférence peut être tracée par un compas, chacune de ces parties ayant la longueur d’un rayon. Une fois de plus, le cinq symbolise la manifestation de l’homme, au terme de l’évolution biologique et spirituelle.

     

    (Dictionnaire des symboles-Robert Laffont) 


     

    Exercice :

     

    Cet exercice est un exercice, pour vous aider à « prendre conscience » de vos réactions personnelles face à l’écoute, à la lecture, ou à la vision de certaines informations qui circulent. Il est très ciblé sur la peur et les réactions qu’elle engendre.

     

    Voici les questions

     

    1/ Ai-je eu des réactions de peur face à cette lecture ? Lesquelles ?

     

    2/ Ai-je peur en raison de ce qui existe véritablement ou de tout ce que j’ai peur qui arrive ?

     

    3/ Cette peur à t-elle un fondement dans mon passé ? Et ai-je peur que cela recommence ?

     

    4/ quelle est la raison de ma peur ?

     

    4/ Est-ce que j’ai réellement conscience de cette « peur » qui vit en moi et de tous les sentiments qu’elle véhicule avec elle ?

     

    5/ Et surtout quelle est ma manière de faire face à toutes mes peurs?

     

    Exercice : Faites une retranscription d’une page au moins, du ressenti de cette lecture et des peurs que cette lecture à soulever. Ici les fautes d’orthographe, de français, de grammaire, et autres, n’ont aucune importance, puisque seule demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel. Ce n’est pas un exercice intellectuel mais un exercice spirituel. Soyez vrai avec vous-même,  dans votre cœur, dans vos pensées et dans vos écris. N’essayez pas de « broder », de mentir, de minimiser, ou d’augmenter le phénomène. Juste une retranscription simple et véridique.

     

    Les questions posées ici ne sont pas pour justifier vos peurs, mais juste pour constater qu’elles existent. L’exercice est de les identifier, de les nommer si possible, parce qu’elles sont la racine de toutes vos souffrances.  Mais ces racines sont plus ou moins développées en vous, suivant vos propres dépassements personnels et individuels. Elles sont en fonction du déracinement ou plutôt du « détachement » que l’individu à déjà développer en lui.

     

    Conclusion : 

     

    La « peur » est un élément essentiel de la vie, en cela qu’elle véhicule inconsciemment et dirige une grande partie de votre vie. Elle est « la dérive du bateau » qui donne la direction dans laquelle  l’individu se meut et navigue.  L’appréhension de l’existence est entretenue en permanence par tous les sentiments que soulève la peur intérieure. En prenant Conscience d’elle, nous reconnaissons son existence et nous acceptons qu’effectivement, elle à une grande influence sur nous et sur les autres. Reconnaitre l’existence de la « peur » dans nos vies, c’est nous affranchir en douceur de cette servitude, pour la dépasser progressivement et la vaincre en toute Conscience par le détachement.

     

    Maintenant que vous avez identifié vos peurs, vous allez apprendre à « rire et sourire » devant leurs existences et travailler sur elles. Qu’elles soient psychologiques ou vitales, vous allez apprendre à les  observer « en Pleine Conscience », apprendre à les connaitre, à les définir, en portant votre attention sur « leur nature ». Par cette réaction, vous montrez que vous ne fuyez plus devant « elles », que vous ne cherchez plus à les éviter, mais que vous essayez de les résoudre. Certes, vous n’allez pas toutes les dissoudre en une seule fois, mais vous ne vivrez plus dans l’illusion que « tout va bien » dans le meilleur des mondes. Avec une fausse impression d’être « libre », alors qu’en réalité vous êtes complètement dépendant de toutes vos peurs.

     

    En déracinant complètement et définitivement toutes traces de « peur » l’homme créé sa liberté et s’envole au-delà du par-delà, vers le bonheur et la sérénité.

     

    La symbolique du chiffre 5, détient toute la vérité de la compréhension de l’aboutissement du 4 + 1 = 5.  Ce sont la réunion de la totale assimilation des 4 ensembles qui donne le 5ème élément « Ether ». Cette terminaison passe par des maturations, des germinations, des transformations et des transmutations importantes, avant qu’un discernement s’exécute dans une fusion complète des quatre qui donne le cinquième. Ne faire qu’UN en toute unité.

     

     

    ¸.•°*”˜”*°• ¯`°º·¤.¸¸.¤·º°´¯¸.•°*”˜”*°•. 

     

     

    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

    ¯˜ »*°•**•°* »˜¯ 

     

     

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  • Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

      

    Exercice philosophique/symbolique (Octobre 2014)

    Symbolique Octobre 2014

     

     

    Symbolique du miroir

     

    « Il y a une toute petite porte dans le miroir, qui ouvre sur le mystère de l’âme »

     

    Speculum (miroir) à donné le nom de spéculation : à l’origine, spéculer c’était observer le ciel et les mouvements relatifs des étoiles, à l’aide d’un miroir. Sidus (étoile) à également donné considération, qui signifie étymologiquement regarder l’ensemble des étoiles. Ces deux mots abstraits, qui désignent aujourd’hui des opérations hautement intellectuelles, s’enracinent dans l’étude des astres reflétés dans des miroirs. De là vient que le miroir, en tant que surface réfléchissante, soit le support d’un symbolisme extrêmement riche dans l’ordre de la connaissance.

     

    Que reflète le miroir ? La vérité, la sincérité, le contenu du cœur et de la conscience : Comme le soleil, comme la lune, comme l’eau, comme l’or, lit-on sur un miroir chinois du musée de Hanoi, sois clair et brillant et reflète ce qu’il y a dans ton cœur. Ce rôle est utilisé dans les contes initiatiques d’Occident, dans le rituel des sociétés secrètes chinoises, dans le récit de Novalis, Die Lehrlinge zu Sais, dans le poème de Mallarmé :

     

    O miroir !

    Eau froide par l’ennui dans ton cadre gelée

    Que de fois et pendant des heures, désolée

    Des songes et cherchant mes souvenirs qui sont

    Comme des feuilles sous ta glace au trou profond,

    Je m’apparus en toi comme une ombre lointaine,

    Mais, horreur ! des soirs, dans ta sévère fontaine

    J’ai de mon rêve épars connu la nudité !

    (Hérodiade)

     

    Quoique sa signification profonde soit autre, le miroir est également mit en rapport, dans la tradition nippone, avec la révélation de la vérité et non moins avec la pureté. C’est aussi dans la même perspective que Yama, le souverain indo-bouddhique du royaume des morts, utilise pour le jugement un miroir du karma. Les miroirs magiques, s’ils ne sont, sous une forme purement divinatoire, que les instruments dégénérés de la parole de Dieu, n’en possède pas moins une étonnante efficacité dans les diverses formes de Chamanisme – qui utilisent à cet effet le cristal de roche – et aussi chez les Pygmées d’Afrique. La vérité révélée par le miroir peut évidemment être d’un ordre supérieur : évoquant le miroir magique des Ts’in, Nichiren lui compare le miroir du Dharma bouddhique, qui montre la cause des actes passés. Le miroir sera l’instrument de l’illumination. Le miroir est en effet symbole de la sagesse et de la connaissance, le miroir couvert de poussière étant celui de l’esprit obscurci par l’ignorance. La Sagesse du grand miroir du Bouddhisme tibétain enseigne le secret suprême, à savoir que le monde des formes qui s’y reflète n’est qu’un aspect de la Shûnyâtâ, de la vacuité.

     

    Ces reflets de l’Intelligence ou de la parole céleste font apparaître le miroir comme le symbole de la manifestation reflétant l’Intelligence créative. Il est aussi celui de l’intellect divin réfléchissant la manifestation, la créant comme telle à son image. Cette révélation de l’Identité et de la Différence dans le miroir est l’origine de la chute luciférienne. Plus souvent elle est l’aboutissement de l’expérience spirituelle la plus haute. Ainsi dans Saint Paul et chez de nombreux spirituels chrétiens et musulmans. Le cœur humain, miroir reflétant dieu, s’exprime par exemple chez Angelus Silesius ; le miroir du cœur reflète, chez les bouddhistes, la nature de Bouddha ; chez les taoïstes, le Ciel et la Terre.

     

    L’intelligence céleste reflétée par le miroir s’identifie symboliquement au soleil : c’est pourquoi le miroir est souvent un symbole solaire. Mais il est aussi un symbole lunaire, en ce sens que la lune, comme un miroir, reflète la lumière du soleil. Le miroir solaire le plus connu est celui du mythe japonais d’Amaterasu : le miroir fait sortir la lumière divine de la caverne et la réfléchit sur le monde. Dans le symbolisme sibérien, les deux grands miroirs célestes reflètent l’univers, reflet que le chaman capte à son tour à l’aide d’un miroir. Le reflet de la perfection cosmique s’exprime également dans le miroir de Dévî et, au second degré, dans celui des Sarasundarî, qui sont ses messagères. Dans la tradition védique, le miroir est le mirage solaire des manifestations ; il symbolise la succession des formes, la durée limitée et toujours changeante des êtres.

     

    Forme après forme ;

    La forme propre on la trouve partout :

    Indra par ses magies, a maintes formes :

    Mille coursiers sont attelés pour lui !

    (Rig Véda, Grhyasutra 1, 6).

     

     La réflexion de la lumière ou de la réalité n’en change certes pas la nature, mais elle comporte un certain aspect d’illusion (la saisie de la lune dans l’eau), de mensonge à l’égard du principe. Il y a identité dans la différence, disent les textes hindous : la lumière se reflète dans l’eau, mais en fait ne la pénètre pas ; ainsi fait Çiva ; Ainsi la spéculation n’est-elle qu’une connaissance indirecte, lunaire. Par ailleurs, le miroir donne de la réalité une image inversée : Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, dit la table d’Emeraude hermétique, mais en sens inverse. La manifestation est le reflet inversé du Principe : c’est ce  qu’expriment les deux triangles inversés de l’hexagone étoilé. Le symbole du rayon lumineux se réfléchissant à la surface des eaux est le signe cosmogonique de la manifestation ; c’est Purusha agissant sur la passive Prakriti, le ciel vertical sur la terre horizontale. Toutefois, cette passivité, qui reflète les choses sans être affectées par elles, est, en Chine, le symbole de la non-activité du Sage.

     

    Symbole lunaire et féminin, le miroir est encore en Chine le symbole de la reine. Le miroir prend le feu du soleil. Il est par ailleurs le signe de l’harmonie, de l’union conjugale, le miroir brisé étant celui de la séparation (la moitié brisée du miroir vient éventuellement, sous la forme d’une pie, rendre compte au mari des infidélités de la femme). L’animal nommé p’o-king, ou miroir brisé, est en relation avec les phases de la lune ; l’union du roi et de la reine s’effectue lorsque la lune est pleine, le miroir reconstitué en son entier.

     

    L’utilisation taoïste du miroir magique est assez particulière : révélant la nature réelle des influences malfaisantes, elle les éloigne, les protège contres elles. Aussi place t-on, de nos jours encore, au dessus de la porte des maisons, un miroir octogonal portant les huit trigrammes. Le miroir octogonal -  qui est sans doute d’harmonie et de perfection dans le cas d’Amaterasu –est, en Chine, intermédiaire entre le miroir rond, (céleste) et le miroir carré (terrestre). Le reflet de l’homme ne lui est pas seulement rendu par le bronze poli où l’eau dormante ; témoin, ce texte des annales des T’ang utilisé par Segalen : L’homme se sert du bronze comme miroir. L’homme se sert de l’antiquité comme miroir. L’homme se sert de l’homme comme miroir. Au Japon le Kagami, ou miroir est un symbole de pureté parfaite de l’âme, de l’esprit sans souillure, de la réflexion de soi sur la Conscience. Il est aussi symbole de la déesse solaire (Amaterasu-Omi-Kami). Il y a un miroir sacré dans beaucoup de sanctuaires shintoïstes, comme il y a un crucifix dans les églises. C’est l’un des grands attributs du trône. Dans le Palais Impérial, le miroir sacré est conservé dans un bâtiment spécial.

     

    L’emploi du miroir magique correspond à l’une des plus anciennes formes de divination. Varron dit qu’elle venait de Perse.  Pythagore, selon une légende, avait un miroir magique qu’il présentait à la face de la lune, avant d’y voir l’avenir, comme le faisaient les sorcières de Thessalie. Son emploi est l’inverse de la nécromancie, simple évocation des morts, car il fait apparaitre des hommes qui n’existent pas encore ou qui accomplissent une action qu’ils n’exécuteront que plus tard.

     

    En vertu de l’Analogie eau-miroir, on rencontre fréquemment l’utilisation magique, chez les Bambaras, par exemple, de fragments de miroirs dans les rites pour faire venir la pluie.

    Le miroir, de même que la surface de l’eau est utilisé en divination, pour interroger les esprits. Leur réponse aux questions posées s’y inscrit par réflexion. Au Congo, les devins utilisent ce processus en saupoudrant le miroir – ou la surface d’un bol d’eau – de poudre de kaolin ; les dessins de la poudre blanche, émanation des esprits, leur livrent la réponse. En Asie centrale, les chamans pratiquent la divination par le miroir, en dirigeant celui-ci vers le Soleil ou la Lune, qui sont censés être eux aussi des miroirs, sur lesquels se reflète tout ce qui se passe sur la terre. En outre, les costumes chamaniques sont fréquemment ornés de miroirs, qui réfléchissent les actions des hommes ou encore protège le chaman (pendant son voyage) contre les dards des esprits méchants. Après avoir chamanisé, le magicien doit parfois faire dans ces boucliers un nombre de rayures égales à celui des flèches qui les ont atteints.

     

    Le thème de l’âme considérée comme miroir, qui se trouve ébauchée par Platon et par Plotin, à été particulièrement développé par saint Athanase et par Grégoire de Nysse. Selon Plotin, l’image d’un être est disposée à recevoir l’influence de son modèle, comme un miroir. Suivant son orientation, l’homme en tant que miroir reflète la beauté ou la laideur. L’important consiste tout d’abord dans la qualité du miroir, sa surface doit être parfaitement polie, pure, pour obtenir un maximum de reflet. C’est pourquoi, selon Grégoire de Nysse,  comme un miroir, lorsqu’il est bien fait, reçoit sur sa surface polie les traits de celui qui lui est présenté, ainsi l’âme, purifiée de toutes les souillures terrestres, reçoit dans sa pureté l’image de la beauté incorruptible. C’est une participation, et non un simple reflet : ainsi l’âme participe à la beauté dans la mesure où elle se tourne vers elle (Jean Daniélou, La colombe et la ténèbre dans la mystique byzantine ancienne, Eranos Jahrbuch, 1954 ; Régis Bernard, L’image de Dieu d’après saint Athanase, Paris, 1952).

     

    Le miroir n’a pas seulement pour fonction de refléter une image ; l’âme devenant un parfait miroir participe à l’image et par cette participation elle subit une transformation. Il existe donc une configuration  entre le sujet contemplé et le miroir qui le contemple. L’âme finit par participer de la beauté même à laquelle elle s’ouvre.

     

    Sous des aspects très divers, le miroir est un thème privilégié de la philosophie et de la mystique musulmanes inspirées du néo platonisme. On a dit du miroir qu’il était le symbole même du symbolisme.

     

    L’aspect numineux du miroir, c'est-à-dire la terreur qu’inspire la connaissance de « soi », est caractérisé par la légende soufie du Paon. Le miroir est l’instrument de psyché et la psychanalyse à mis l’accent sur le côté ténébreux de l’âme.

     

    La notion platonicienne des deux faces de l’âme, qui aurait un côté inférieur tourné vers le corps et un côté supérieur tourné vers l’intelligence, a été utilisée par al-Ghazali et a exercé une grande influence chez les Soufis.

     

    Attar dit que le corps est dans son obscurité comme le dos du miroir ; l’âme est le côté clair du miroir. A propos de ces deux faces du miroir, Rûmî explique que Dieu a créé ce monde, qui est obscurité, afin que sa lumière puisse être manifestée.

     

    En vertu de la théorie du microcosme, image du macrocosme, l’homme est l’univers sont dans la position respectives de deux miroirs. De même les essences individuelles se reflètent dans l’Être Divin, selon Ibn’Arabi, et l’Être divin se reflète dans les essences  individuelles.

     

    Par ailleurs, le thème du miroir magique, permettant de lire le passé, le présent et l’avenir, est classique dans la littérature islamique. La coupe de Jamshîd, roi légendaire de l’Iran, est en réalité un miroir. Elle symbolise à son tour le cœur de l’initié.

     

    Le cœur étant symbolisé par un miroir – en métal, jadis – la rouille symbolise le péché et le polissage du miroir sa purification.

     

    Le miroir des fiancés, appelés Ayin-y Bîbî Maryam Miroir de Notre dame marie, est encore utilisé en Perse, en Afghanistan et au Pakistan pour bénir la première rencontre entre le fiancé et l’épousée. Le miroir est suspendu sur le mur du fond de la salle de réunion ; les fiancés doivent entrer par deux portes opposées et, au lieu de se regarder directement l’un l’autre, ils doivent regarder de biais le miroir.  Ce faisant, ils se rencontrent comme au Paradis, voyant leurs visages redressés (l’œil droit à droite), non inversés comme en ce monde ; cette faculté du miroir de redresser’ l’image devient ici symbole des choses, vues selon leur réalité essentielles.

     

    Pour les Soufis, l’univers tout entier constitue un ensemble de miroirs dans lesquels l’essence infinie se contemple sous de multiples formes ou qui reflètent à divers degrés l’irradiation de l’Être unique ; les miroirs symbolisent les possibilités qu’a l’Essence de se déterminer elle-même, possibilité qu’elle comporte souverainement en vertu de Son infinité. C’est là du moins la signification principielle des miroirs. Ils ont aussi un sens cosmologique, celui de substances réceptives à l’égard de l’Acte pur.

     

    Dans une autre acception, enfin, le miroir symbolise la réciprocité des consciences. Un hadîth célèbre déclare que le croyant est le miroir du croyant. Plus la face du miroir de l’âme à été polie par l’ascèse, et plus il sera capable de refléter fidèlement ce qui l’entoure, et jusqu’aux pensées les plus cachées d’autrui. La littérature soufie abonde d’exemples de cette capacité de reflet de l’homme purifié.

     

    (Dictionnaire des symboles-Robert Laffont) 


     

    Exercice

     

    Cet exercice est un travail philosophique pour ouvrir votre réflexion avec ce texte sur la symbolique du miroir. Un entrainement pour vous « observer » vous-même, comme si vous vous regardiez dans un miroir.

     

    L’exercice consiste à faire une retranscription d’au moins une page sur le regard que vous avez sur cette symbolique. Ici les fautes d’orthographes, de français, de grammaire, et autres, n’ont aucune importance, puisque seul demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel. Ce n’est pas un exercice intellectuel, mais un exercice pour faire connaissance avec votre « soi ». Soyez vrai avec vous-même, avec votre cœur, avec vos pensées, et avec vos écris. N’essayez pas de mentir, de minimiser, ou d’augmenter, juste d’être vous-même, juste de vous accepter tel que vous êtes. Une retranscription simple et véridique, de « qui vous êtes ». Ce travail vous aidera à faire vraiment connaissance avec vous. Grâce à cette réalisation, vous pourrez aborder « là ou vous en êtes » et avancer avec un plan de restructuration en fonction de vos découvertes.

     

    Voici les questions :

     

    1/ Quelle est la qualité de vos intentions intérieurs vis-à-vis de vous-même ? Est-ce que vous vous aimez? Oui ou non ? Argumentez vos réponses ?

     

    2/ Quelles sont les motivations intérieures que vous déployez pour vous purifier ? Pour vous construire ? Pour vous affirmer dans la vie ? Dressez un plan de vos motivations réelles et imaginaires ?

     

    3/ vos intentions sont-elles nobles ou en voie de le devenir ?

     

    4/ Par quelles sentiments, par quelles pensées et par quelles actions, êtes-vous préoccupé le plus souvent dans votre vie ?

     

    5/ Êtes-vous en accord constant avec votre Conscience ? En bref, avez-vous des choses qui encombrent et obscurcissent votre Conscience ? Dressez-en une liste ?

     

    Conclusion :

     

    Le miroir de la vie est le reflet de votre cœur. Tout autour de vous il n’y a que vos intentions en manifestations. Vos intentions envers vous-même et envers les autres sont « essentielles » pour une parfaite harmonisation de votre « être » avec votre Conscience. Dans l’univers qui vous entoure, vous croisez aussi les intentions des autres. Tous ces miroirs sont-ils purs, purifiés ou déformées ? C’est le challenge quotidien que nous devons relever dans chaque rencontre. Parfois cela se passe très « bien » parce que nous sommes en accord avec nous-mêmes et avec l’autre. Parfois cela se tend, se tord, plie, ou se déforme, parce qu’il y a un reflet qui nous dérange, ou dérange l’autre. Mais la rencontre avec « soi » passe très souvent par les autres, par le reflet qu’ils nous renvient de nous-mêmes. Ce sont les reflets de ce que nous aimons ou pas chez nous. Sur cette porte, sur cette ouverture, est la connaissance de notre « soi ». Mais « qui » est dans le « soi » de l’autre en face de nous ?

     

    Il y a surtout cette toute petite porte entre les deux miroirs, qui ouvre sur le mystère de notre âme, sur le mystère du « soi ». Il y a un « monde infini » entre notre miroir et le miroir de l’autre. Malheureusement, nous passons souvent à côté de ce monde magnifique, de ce monde de bonheur et d’harmonie, ou personne n’a raison ni tord. Cet espace ou l’égo n’existe plus, ou l’être n’est plus préoccupé par l’image qu’il projette, ou seul demeure le plaisir de contempler l’autre dans toute son authenticité. Cette « observation extatique » provoque un tel plaisir qu’il n’y a plus rien à dire, juste contempler la totalité de la vérité absolue.

     

    ¸.•°*”˜”*°• ¯`°º·¤.¸¸.¤·º°´¯¸.•°*”˜”*°•. 

     

    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

    ¯˜ »*°•**•°* »˜¯ 

     

     

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  • Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

     

    Exercice philosophique/symbolique (Septembre 2014)

    Symbolique Septembre 2014

     

     

    Symbolique du chiffre « 7»

     

    Sept correspond aux sept jours de la semaine, aux sept planètes, aux sept degré de la perfection, aux sept sphères ou degré célestes, aux sept pétales de la rose, aux sept têtes du naja d'Angkor, aux sept branches de l'arbre cosmique et sacrificiel du chamanisme, etc. 

    Certains septénaires sont symboles d'autres septénaires : ainsi la rose aux sept pétales évoquerait les sept cieux, les sept hiérarchies angéliques, tous ensembles parfaits.

    Sept désigne la totalité des ordres planétaires et angéliques, la totalité des demeures célestes, la totalité de l'ordre moral, la totalité des énergies et principalement dans l'ordre spirituel.

    Il était chez les Égyptiens symbole de vie éternelle. Il symbolise un cycle complet, une perfection dynamique. Chaque période lunaire dure sept jours et les quatre périodes du cycle lunaire (7 x 4) ferment le cycle. Philon d'Alexandrie observe à ce propos que la somme des sept premiers nombres (1 = 2 = 3 = 4 = 5 = 6 = 7) arrive au même total : 28. Sept indique le sens d'un changement après un cycle accompli et d'un renouvellement positif.

    Le nombre sept est caractéristique du culte d'Apollon : les cérémonies apolliniennes se célébraient au septième jour du mois. En Chine également, les fêtes populaires avaient lieu un septième jour. Il apparaît dans d'innombrables traditions et légendes grecques : les sept Hespérides, les sept portes de Thèbes, les sept fils et sept filles de Niobé ; les sept cordes de la lyre, les sept sphères, etc.

    Il y a sept emblèmes du Bouddha.

    Les circumambulations de La Mecque comprennent sept tours.

    Il se trouve exprimé, si l'on y ajoute le centre dans l'hexagramme (Sceau de Salomon). La semaine comprend six jours actifs, plus un jour de repos, figuré par le centre ; le ciel six planètes (dans le comput ancien), le soleil étant au centre : l'hexagramme six angles, six côté ou six branches d'étoiles, le centre jouant le rôle d'un septième ; les six directions de l'espace ont un point médian ou central, qui donne le nombre sept. Il symbolise la totalité de l'espace et la totalité du temps.

    Associant le nombre quatre, qui symbolise la terre (avec ses quatre point cardinaux) et le nombre trois qui symbolise le ciel, sept représente la totalité de l'univers en mouvement.

    Le septénaire résume aussi la totalité de la vie morale, en additionnant les trois vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité, et les quatre vertus cardinales, la prudence, la tempérance, la justice et la force. (Louis-Claude de Saint Martin - Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'Univers - Rochefort sur Mer, 1946).

    Les sept couleurs de l'arc en ciel et les sept notes de la gamme diatonique révèlent le septénaire comme un régulateur des vibrations, vibrations dont plusieurs traditions primitives font l'essence même de la matière.

    On prête à Hippocrate cette sentence : « Le nombre sept, par ses vertus cachées, maintient dans l'être toutes choses ; il dispense vie et mouvement : il influence jusqu'aux êtres célestes ».

    Sept est le nombre, a-t-on noté d'abord, de l'achèvement cyclique et de son renouveau. Le monde ayant été créé en six jours, Dieu chôma le septième et en fit un jour saint : le sabbat n'est donc pas vraiment un repos extérieur à la création, mais son couronnement, son achèvement dans la perfection. C'est ce qu'évoque la semaine, durée d'un quartier lunaire.

    La perfection à sept du rythme sénaire est aussi familière à l'Islam, et notamment à l'Ismaélisme : le solide possède sept côtés (les six faces plus sa totalité - qui correspond au sabbat-). « Tout ce qu'il y a dans le monde est sept, parce que chaque chose possède une ipséité et six côtés ». Les « dons de l'intelligence » sont sept (six plus la « ghaybat » la connaissance suprasensible). Les Imâm d'une période sont sept (six plus le Qâ'im, l'Imâm de la résurrection). Ces différentes séries sont de plus en correspondances les unes avec les autres. La religion littérale se développe sur un cycle de six « jours », qui sont six millénaires, suivis d'un septième, « le Sabbat de la religion en vérité », le « jour » du soleil et de la lumière, de la manifestation de l'Imâm jusque là caché. (Henri Corbin - Trilogie Ismaélienne - Paris, Téhéran - 1961).

    Une tradition hindoue attribue au soleil sept rayons : six correspondent aux directions de l'espace, le septième au centre.

    Semblablement l'arc en ciel n'a pas sept couleurs mais six : la septième est le blanc, synthèse des six autres.

    De même les sept faces du mont Meru, tournées vers chacun des sept dvîpa (continents) correspondant aux sept directions de l'espace hindou (six plus le centre).(Jean Herbert - Introduction à l'Asie).

    De Dieu, « Cœur de l'univers », écrit Clément d'Alexandrie, émanent les « six étendues et les six phases du temps : c'est là le secret du nombre 7 » ; le retour au « centre », au Principe, à l'issue du développement sénaire, parfait le septénaire.

    Le nombre 7 est bien universellement le symbole d'une totalité, mais d'une totalité en mouvement ou d'un dynamisme total. Il est, comme tel, la clef de l'Apocalypse (7 églises, 7 étoiles, 7 esprits de Dieu, 7 sceaux, 7 trompettes, 7 tonnerres, 7 têtes, 7 fléaux, 7 coupes, 7 rois...)

    Sept est le nombre des cieux bouddhiques, mais aussi les sept pas du Bouddha ; voyons à ce propos ce que nous dit Mircea Eliade alors qu'il évoquait les différents symbolismes de l'ascension :

    « « Examinons maintenant un autre groupe d'images et de symboles, dont nous avons déjà fait état, du fait qu'il est solidaire du symbolisme du vol : l'ascension au Ciel par le truchement des marches. Voici d'abord un texte bouddhique particulièrement intéressant, qui nous montre à quel point les images traditionnelles sont susceptibles d'une revalorisation métaphysique. « Aussitôt né, le Boddhisattva pose ses pieds à plat sur le sol et tourné vers le nord fait sept enjambées, abrité par un parasol blanc. Il considère aux alentours toutes les régions et dit de sa voix de taureau : « Je suis le plus haut du monde, je suis le meilleur du monde, je suis l'aîné du monde ; ceci est ma dernière naissance ; il n'y aura plus désormais pour moi de nouvelle existence. » (Majjhima -Nikâya, III, p. 123). Ce trait mythique de la Nativité du Bouddha est repris, avec certaines dans la littérature ultérieure des Nikâya-Agama, des Vinaya et dans les biographies du Bouddha. Dans une longue note de sa traduction de Mahâprajnâpâramitâsastra de Nâgârjuna, M. Etienne Lamotte a groupé les textes les plus importants : le Bouddha fait sept pas dans une seule direction, le nord, ou dans quatre ou dans six, ou dans dix directions; il fait ces pas les pieds posés à plat sur le sol, ou reposant sur un lotus, ou à une hauteur de quatre pouces. [(Etienne Lamotte, Le Traité de la grande vertu de Nâgârjuna, t.I (Louvain, 1944), pp. 6 sq. Pour les représentations des sapta pâdani, voir A. Foucher, L'Art gréco-bouddhique du Gandhâra (Paris, 1905-1922), fig. 154-155 ; cf. aussi Images et symboles, pp.98 sq.)]

    La fréquence du premier motif - les sept pas fait dans une seule direction, le nord - nous induit à croire que les autres variantes (les quatre, six ou dix directions) sont plus tardives, dues peut-être, à l'intégration de ce thème mythique dans un symbolisme plus compliqué. Laissons de côté pour l'instant l'analyse des différentes manières dont le Bouddha atteint le Nord (les pieds posés à plat, ou sur un lotus, ou en position planante, pour nous occuper du symbolisme central des sept pas. En étudiant ce thème mythique M. Paul Mus a bien mis en évidence sa structure cosmologique et sa signification métaphysique (Paul Mus, Barabadur. Esquisse d'une histoire du bouddhisme (Hanoï, 1935, I, pp. 476-575 ; id. La Notion du temps réversible dans la mythologie bouddhique (Melun, 1939)). En effet les sept pas portent le Bouddha au sommet du monde cosmique. L'expression « je suis le plus haut du monde » (aggo'ham asmi lokassa) ne signifie pas autre chose que la transcendance spatiale du Bouddha, il a atteint la « cime du monde » (lokkagge) en traversant les sept étages cosmiques qui correspondent, on le sait, aux sept cieux planétaires. D'autre part, le monument connu sous le nom de « prâsâda à sept étages », symbolise le Monde culminant au Nord cosmique : de sa cime on touche la Terre suprême de Bouddha (cf. Paul Mus, Bârâbudur, pp. 95 sq., 320 sq.). Ce que le mythe de la Nativité exprime avec la plus nette précision c'est que le Bouddha, aussitôt né, transcende le Cosmos et abolit l'espace temps (il devient « le plus haut » et « le plus vieux du Monde ». Le symbole de la transcendance est bien mis en lumière par les différentes manières dont le Bouddha effectue les sept pas. Soit qu'il ne touche pas le sol, sois que des lotus jaillissent sous ses pas, soit qu'il marche « à plat »,- il n'est souillé par aucun contact direct avec ce monde-ci. Concernant le symbolisme des pieds posés à plat sur le sol, Burnouf avait rappelé déjà un texte bouddhique que Paul Mus reprend et commente (Barabadur, p. 484) : « Là où s'avance le chef du Monde, les lieux bas se soulèvent, et les lieux hauts deviennent unis » etc. Sous les pieds du Bouddha la Terre devient « lisse », entendez que les volumes sont réduits et la troisième dimension est abolie, expression imagée de la transcendance spatiale. L'interprétation métaphysique du symbolisme de la transcendance spatiale est portée à ses limites extrêmes par la spéculation bouddhiste. Mais ce symbolisme n'est évidemment pas une création bouddhiste. La transcendance du Monde par l'élévation au Ciel était connue déjà aux temps prébouddhiques.

    « Le sacrifice, en son ensemble, c'est la nef qui mène au Ciel » (çatapatha Brâhmana, IV, 2, 5, 10). Le mécanisme du rituel est une dûrohana, « une ascension difficile ». L'officiant escalade les marches (àkramana) du poteau de sacrifice, et, parvenu au sommet, il étend les mains (comme un oiseau ses ailes !) et s'écrie : « J'ai atteint le Ciel, les Dieux ; je suis devenu immortel ! » (Taittirîya Samaithâ, 1, 7, 9). «A la vérité, le sacrifiant se fait une échelle et un pont pour atteindre le monde céleste » (ibid. VI, 6, 4, 2). Dans ces cas, nous avons évidemment affaire à une croyance dans l'efficacité magico-religieuse du sacrifice védique ; ce n'est pas encore la « transcendance » du Cosmos dont fait état le thème bouddhiste de la nativité. Néanmoins, il est de remarquer l'analogie entre les pas du Bouddha et les « marches » du poteau du sacrifice que l'officiant gravit jusqu'au sommet. Dans les deux cas, le résultat est homologue : on atteint la cime culminante de l’Univers, qui Équivaut au Nord cosmique ou au « Centre du Monde ». La traversée par Bouddha des sept cieux pour atteindre « le point le plus élevé » - c'est à dire son ascension à travers les sept étages cosmiques, correspondant aux sept cieux planétaires - est un thème qui s'intègre dans un complexe symbolico-rituel commun à l'Inde, à l'Asie centrale et au Proche-Orient antique. Nous avons étudié ce système de croyance et de rites dans notre Chamanisme (Mircea Eliade, pp.237sq, 423 sq. et passim), au quel nous nous permettons de renvoyer le lecteur. Observons seulement que les « sept pas du Bouddha » sont analogues à l'ascension du chaman sibérien au ciel, par le truchement des entailles pratiquées dans le bouleau cérémoniel (sept, neuf ou douze entailles symbolisant les sept, neuf ou douze Cieux) ou à l'échelle des sept échelons gravit par l'initié dans les mystères de Mithra. Tous ces rites et mythes ont une structure commune : l'Univers est conçu comme ayant sept étages superposée (i.e. sept cieux planétaires) ; le sommet est constitué soit par le Nord cosmique, soit par l'étoile Polaire, soit par l'Empyrée, formules équivalentes du même symbolisme du « Centre du Monde » ; l'élévation au Ciel suprême, c'est à dire l'acte de transcender le monde, a lieu près d'un « Centre » (temple, ville royale, mais aussi arbre sacrificiel homologué à l'Arbre cosmique, poteau du sacrifice assimilé à l'Axis Mundi, etc.), parce que c'est dans un « Centre » que s'opère la rupture des niveaux, et donc le passage de la Terre au Ciel. (cf. Images et symboles, pp.52 sq.).

    Pour revenir au thème de la Nativité du Bouddha, il est certain que nous nous trouvons devant une réinterprétation de ce symbolisme archaïque de transcendance. La principale différence entre les Sept Pas du Bouddha et les rituels brahmanique, sibérien ou mithriaque consiste dans leur orientation religieuse et leurs implications métaphysiques différentes. Le mythe de la Nativité nous révèle la transcendance par le Bouddha de ce monde souillé et douloureux. Les rituels brahmanique et chamanique visent une ascension céleste destinée à faire participer au monde des Dieux et à assurer une condition excellente après la mort, ou à obtenir un service du Dieu suprême. L'initié dans les mystères de Mithra entreprend symboliquement la traversée des sept cieux pour se « purifier » des influences de leurs planètes tutélaires et s ‘élever jusqu'à l'Empyrée. Mais la structure de tous ces « motifs » est identique : on transcende le monde en traversant les sept cieux et en atteignant le sommet cosmique, le Pôle. Comme le remarque Paul Mus, dans al cosmologie indienne, le point d'où est partie la Création est le sommet : « la création s'est faite graduellement au-dessous de lui, par étapes successives. » Le Pôle n'est pas seulement l'axe des mouvements cosmiques ; il est aussi l'endroit le plus « vieux », parce que c'est là que le Monde est venu à l'existence. C'est pourquoi Bouddha s'écrie : « C'est moi qui suis à la pointe du Monde...C'est moi qui en suis l'Aîné. » Car en atteignant le sommet cosmique, Bouddha devient contemporain du commencement du Monde. Il a aboli le Temps et la Création, et se trouve dans l'instant atemporel qui précède la cosmogonie. Il s'agit donc d'un « retour en arrière », afin de réintégrer la situation primordiale, situation « pure » et incorruptible puisque non encore engagée dans le Temps. « Revenir en arrière», atteindre le point le plus « vieux »du Monde, équivaut à abolir la durée, à anéantir l'œuvre du Temps. En s'écriant qu'il est « l'Aîné du Monde », le Bouddha proclame sa transcendance par rapport au Temps, tout comme il déclare qu'il a transcendé l'Espace en arrivant « à la pointe du Monde ». Les deux images expriment un dépassement total du Monde et la réintégration d'un « état absolu » et paradoxal, au delà du Temps et de l'Espace.

    Remarquons que la cosmologie indienne n'est pas seule à faire commencer la Création au sommet. D'après les traditions sémites, le Monde a été créé en partant de l'ombilic (image du Centre) et les mêmes idées se retrouvent ailleurs. [Mircea Eliade, Le Mythe de l'éternel retour, pp. 36 sq. ; et Traité d'Histoire des religions, pp. 323 sq.]. Le Centre du Monde est nécessairement le lieu le plus « vieux »de l'Univers. Mais il ne faut pas oublier que, dans la perspective des symbolismes qui nous occupent, la « vieillesse » signifie l'instant où le Monde a commencé à se développer, donc le moment où le Temps a fait irruption ; autrement dit, la « vieillesse » est une formule du Temps primordial, du « premier » Temps. L' « aînesse » (jyeshta) du Bouddha est une façon de dire qu'il était déjà là avant la naissance du Monde, qu'il a vu le Monde venir à l'existence et le Temps faire son apparition. D'autre part nous savons que les ascensions rituelles au Ciel ont toujours lieu dans un « centre ». L'arbre chamanique est censé se trouver au « Centre du Monde », le poteau sacrificiel (Yûpa) est la réplique de l'Axis Mundi.

    Mais un symbolisme analogue est attesté dans la structure même des temples et des habitations humaines. Du fait que tous les sanctuaires, les palais, les villes royales, et, par extension, toutes les maisons, sont symboliquement situés au « Centre du Monde », il résulte que dans n'importe laquelle de ces constructions est possible la rupture des niveaux ; c'est à dire qu'est possible à la fois la transcendance spatiale (l'élévation au Ciel) et la transcendance temporelle (la réintégration de l'instant primordial où le monde n'était pas encore venu à l'existence). Ce qui n'est pas pour nous surprendre, car on sait que toute habitation humaine est une image Mundi et que chaque construction d'une maison nouvelle réitère la cosmogonie.

    En somme, ces symboles solidaires et complémentaires présentent tous, dans les perspectives qui leur sont propres, une même signification : il existe, pour l'homme, une possibilité de transcender le Monde - spatialement en allant « vers le haut », et temporellement en allant « à rebours », « à reculons ». En transcendant ce monde-ci, on réintègre une situation primordiale : l'état plénier du commencement du Monde, la perfection du « premier instant », alors que rien n'était « souillé », rien n'était « usé », parce que le Monde venait à peine de naître.

    Par des moyens multiples, et en partant de points de vue différents, l'homme religieux s'efforçait toujours de se régénérer, de se renouveler en réintégrant périodiquement la « perfection des commencements » ; c'est à dire en retrouvant la source première de la Vie, lorsque la Vie, comme toute la Création, était encore sacrée parce qu'elle venait de sortir des mains du Créateur. [Ce texte des « Sept pas du Bouddha est extrait du livre Mircea Eliade, Mythes, rêves et mystères, pp. 139 à 145, Ed. Gallimard, Collection folio, Série Essais, mars 2001, ISBN 2-07-032520-2]

    Avicenne décrit aussi les « Sept Archanges princes des sept Cieux » qui sont les sept « Veilleurs d'Hénoch » et correspondent aussi aux sept Rishi védiques. Ceux-ci résident dans les sept étoiles de la Grande Ourse, avec lesquelles les Chinois mettent en rapport les 7 ouvertures du corps et les 7 ouvertures du cœur. La lampe rouge des sociétés secrètes chinoises a 7 branches comme le chandelier des Hébreux.

    Certains textes musulmans rapportent les 7 sens ésotériques du Coran aux sept sens subtils de l'homme.

    On rappellera que le Yoga connaît aussi sept sens subtils (les six chakras, plus le sahasrâra-padma).

    Selon Abû Ya'qûb, les « Formes spirituelles » ont été manifestées par les « sept lettres suprêmes », qui sont les « sept intelligences », les « sept chérubins ».

    Sept, nombre des Cieux, est aussi selon, selon Dante Allighiéri, celui des sphères planétaires, auxquelles les Cathares faisaient correspondre les 7 arts libéraux. (René Guénon - L'ésotérisme de Dante - Paris, 1925).

    Il faut encore noter qu'il fallait aussi assimiler aux sept cieux les sept encoches de l'arbre axial sibérien, les sept couleurs de l'escalier du Bouddha, les sept métaux de l'échelle des mystères mithriaques, les sept échelons de l'échelle des Kadosh de la Maçonnerie écossaise : c'est le nombre des états spirituels hiérarchisés qui permettent le passage de la terre au ciel. (René Guénon - Le Roi du Monde - Paris, 1927 et Symboles fondamentaux de la Science Sacrée - Paris, 1962).

    On a noté que le Bouddha naissant avait mesuré l'univers en faisant sept pas dans chacune des quatre directions. Quatre des étapes essentielles de son expérience libératrice correspondant à des arrêts de sept jours chacun sous quatre arbres différents.

    Les nombres yang, écrit Sseu-ma Ts'ien, atteignent leur perfections à 7.

    La divination par les baguettes d'achillée considère sept catégories d'indice ; ces baguettes sont 49 (7 x 7). (M. Granet - La pensée chinoise - Paris, 1934).

    49 est aussi le nombre du Bardo, l'état intermédiaire suivant la mort, chez les Tibétains : cet état dure 49 jours divisés, au début tout au moins, en 7 périodes de 7 jours. (Dr. W. Y. Evans - Wentz : Le Bardo Thödol - Livre des morts tibétains - Paris, 1961).

    Les âmes japonaises sont dites séjournées 49 jours sur le toit des maisons, ce qui a la même signification.

    Le nombre sept est fréquemment employé dans la bible. Par exemple le chandelier à sept branches ; sept esprits reposant sur la tige de Jessé ; sept cieux ou habitent les ordres angéliques ; Salomon construisit le temple en sept ans (1 Rois, 6, 38). Non seulement le septième jour, mais la septième année est de repos. Tous les sept ans, les serviteurs sont libérés, les débiteurs exemptés. Sept est utilisé 77 fois dans l'Ancien Testament ; Le chiffre sept par la transformation qu'il inaugure, possède en lui même un pouvoir, c'est un nombre magique. Lors de la prise de Jéricho, sept prêtres portant sept trompettes doivent, le septième jour, faire sept fois le tour de la ville. Elisée éternue sept fois et l'enfant ressuscite (11 Rois, 4, 35). Un lépreux plonge sept fois dans le Jourdain et se lève guéri (11 Rois, 5, 14). Le juste tombe sept fois et se relève pardonné (Proverbe, 24, 16). Sept animaux purs de chaque espèce seront sauvés du déluge. Joseph rêve de sept vaches grasses et de sept vaches maigres.

    Sept comporte cependant une anxiété par le fait qu'il indique le passage du connu à l'inconnu : un cycle s'est accompli, mais quel sera le suivant ?

    Chiffre sacré déjà chez les Sumériens, sept (et certains de ses multiples) est bien l'enfant chéri de l'arithmologie biblique. Correspondant au nombre des planètes (comput des anciens), il caractérise toujours la perfection (dans la gnose, le plérôme), sinon la divinité. La semaine dure sept jours en souvenir de la durée de la création (Genèse. 2, 2 s.). Si la fête pascale des pains sans levains couvre sept jours (Ex. 12, 15,19), c'est assurément parce que l'exode est regardé comme une nouvelle création, la création salvatrice.

    Zacharie (3, 9) parle des sept yeux de Dieu. Les septénaires de l'Apocalypse (les sept lampes qui sont les sept esprits de Dieu = son esprit tout entier (4, 5) ; les sept lettres aux sept églises = à l'Eglise tout entière ; les sept trompettes, coupes, etc. annoncent l'exécution finale de la volonté de Dieu dans le monde.

    C'est pourquoi sept est aussi le chiffre de Satan qui s'efforce de copier Dieu : « le singe de Dieu ». Ainsi la bête infernale de l'Apocalypse (13, 1) a sept têtes.

    Mais le voyant de Patmos réserve aux puissances mauvaises la moitié de sept, trois et demi, manifestant par là l'échec assuré des entreprises du mal (Apoc. 12, 6) : le dragon ne peut menacer la femme (= le peuple de Dieu) plus longtemps que 1260 jours = 3 ans et demi (voir encore 12, 14 : trois temps et demi).

    Sept est la clé de l'Evangile de Saint Jean : les sept semaines, les sept miracles, les sept mentions du Christ : « Je suis ».

    Il revient quarante fois dans l'Apocalypse : septénaire des sceaux, des trompettes, des coupes, des visions, etc. Le livre est construit par série de sept. Ce nombre désigne ici encore la plénitude d'une période de temps révolue (la création dans la Genèse) ; l'accomplissement d'un temps, d'une ère, d'une phase ; la plénitude des grâces données par l'Esprit saint à l'Eglise.

    Le « septième jour » a fait l'objet de nombreuses interprétations symbolique dans un sens mystique. Ce jour où Dieu se repose après la Création signifie comme une restauration des forces divines dans la contemplation de l'œuvre accomplie. Ce repos du septième jour marque un pacte entre Dieu et l'homme ;

    Le sept symbolise l'achèvement du monde et la plénitude des temps. Selon Saint Augustin il mesure le temps de l'histoire, le temps du pèlerinage terrestre de l'homme. Si Dieu prend un jour pour se reposer c'est, dira Saint Augustin, parce qu'il veut se distinguer de la création, être indépendant d'elle et lui permettre de se reposer en lui. D'autre part, l'homme lui-même par le chiffre sept, qui indique le repos, la cessation du travail, est inviter à se tourner vers Dieu pour se reposer en lui seul (De Gen. Ad litt, 4, 16). Augustin parlera aussi du grand mystère de la pêche miraculeuse représentant la fin du monde. Le Christ est accompagné de sept disciples et par la même il inaugure la fin des temps.

    Enfin le six désigne une partie, car le travail est dans la partie : seul le repos signifie le tout, car il désigne la perfection. Nous souffrons dans la mesure même où nous connaissons en partie, sans la plénitude de la rencontre avec Dieu ; ce qui est partie s'évanouira, le sept couronnera le six (cf. De Civitate Dei, 11,31). (Sur ce thème et l'interprétation donnée par Saint Augustin, voir Auguste Luneau, l'Histoire du salut chez les Pères de l'Eglise, Paris, 1964, pp. 336-338).

    Si l'on en croit le Talmud, les Hébreux voyaient aussi dans le nombre sept le symbole de la « totalité humaine », mâle et femelle à la fois, et ceci par addition de quatre et trois : en effet Adam, dans les « heures » de sa première « journée » reçoit l'âme qui lui donne complètement existence à l'heure quatre ; c'est à l'heure sept qu'il reçoit sa compagne, c'est-à-dire qu'il se dédouble en Adam et Eve.

    En Islam sept est également un nombre faste, symbole de perfection : sept cieux, sept terres, sept mers, sept divisions de l'enfer, sept portes. Les sept versets de la Fatiha (sourate ouvrant le Coran), les sept lettres non utilisées de l'alphabet arabe « qui sont tombées sous la table », les sept mots qui composent la profession de foi musulmane, la Sahâda, etc. Lors du pèlerinage à la Mecque, on doit effectuer sept tours de la Ka'ba et sept parcours entre les monts Cafâ et Marnia.

    Les compagnons de la Caverne, Ashab al-Kahf (Coran, 17) étaient sept (les sept Dormants). Des charmes sont composés avec leurs noms, auxquels on ajoute celui du chien qui les garda pendant 300 ans (E. W. Lane - The Arabian Night ‘Entertainment, New York ,1927 (nouvelle édition)).

    Les sept portes du paradis s'ouvrent devant la mère de sept filles. On lit sur la femme enceinte menacée d'un danger sept versets de la sourate. En Iran au moment de l'accouchement, on place sur une nappe une lampe allumée et on garnit la nappe de sept sortes de fruits et de sept espèces de graines aromatiques. L'enfant recevait généralement son nom le septième jour. Parfois à la veille de son mariage, une jeune fille se rend à la rivière, remplit et vide sept fois sa cruche, puis jette à l'eau sept poignées de grains (H. Masse - Croyances et coutumes persanes, 2 volumes, Paris, 1938). Symbole magique de fécondité.

    Au Maroc, les femmes stériles enroulent leur ceinture sept fois autour du tronc de certains arbres, puis l'attache à l'une des sept cordes qui y sont fixées. (E. Westermarck - Ritual and belief in Morocco, 2 volumes, London, 1926).

    En Syrie une jeune fille sans prétendant exorcise les mauvaises influences qui l'empêchent de trouver un mari en se baignant dans la mer et en laissant passer sept vagues au-dessus de sa tête.

    Si l'on met un sabre nu devant un enfant âgé de sept jours il deviendra courageux.

    Sept éléments sont essentiels à la parure des femmes. Pour assurer à un défunt le pardon de ses péchés, il faut tirer sept lignes sur sa tombe. L'inhumation faite on s'éloigne de sept pas, puis on revient d'autant.

    On rend visite au mausolée du saint, qu'on veut solliciter, sept jours ou quatre fois sept jours.

    Des voyageurs devant passer la nuit dans un lieu inhabité en font sept fois le tour.

    On pense souvent que l'âme des morts reste auprès de la tombe pendant sept jours.

    Les exemples sont innombrables. Il s'agit d'un nombre sacré, généralement bénéfique, parfois maléfique. Un dicton déclare que « sept est difficile ».

    Le célèbre ouvrage de Nizami, « Les sept Princesses », joint le symbolisme des couleurs à l'astrologie : sept palais ont chacun la couleur d'une des sept planètes ; dans chacun d'eux se trouve une princesse de l'un des sept climats.

    Les mystiques musulmans déclarent que le Coran comporte sept sens (il est parfois question de soixante-dix sens). Une tradition du Prophète (hadith) affirme : « le Coran a un sens exotérique et un sens ésotérique. Ce sens ésotérique a lui-même un sens ésotérique, et ainsi de suite jusqu'à sept sens ésotériques ».

    La physiologie mystique, si caractéristique du soufisme iranien, se fonde sur le septénaire. Des auteurs tel que Semnâni distinguent sept organes (ou enveloppes) subtils « dont chacun est la typification d'un prophète dans le microcosme humain....

    Le premier est désigné comme l'organe corporel subtil ; il est désigné comme l'Adam de ton être...

    Le sixième est le Jésus de ton être.

    Le septième est le Mohammad de ton être ».

    (Henri Corbin, L'homme de lumière dans le soufisme iranien (pages : 238 et suivantes), Paris, 1961).

    Ces enveloppes subtils sont associées à des couleurs : noir mat, pour l' « Adam » ; bleu, pour « Noé » ; rouge pour »Abraham » ; blanc, pour « Moïse » ; Jaune, pour « David » ; noir lumineux, pour « Jésus » ; vert, pour « Mohammad ». (Henri Corbin, L'homme de lumière dans le soufisme iranien (pages : 242).

    Les sept différentes étapes sur la voie mystique sont symbolisées par ATTAR, dans son célèbre poème intitulé « Le langage des oiseaux », par sept vallées : la première est celle de la recherche (talab) ; la deuxième est celle de l'amour (eshq) ; la troisième est celle de la connaissance (ma'rifat) ; la quatrième est celle de l'indépendance (istignâ) ; la cinquième celle de l'unité (tawhîd) ; la sixième celle de l'émerveillement (hayrat) ; et la septième, celle du dénuement (faqr) et de la mort mystique (fenâ).

    Chez les indiens de la Prairie, ce nombre représente les coordonnées cosmiques de l'Homme par addition des quatre points cardinaux (plan de l'immanence) et de l'axe du monde, traversant ce plan en son centre, qui est l' « ici » (l'Homme) et se terminant par l'en-dessous et l'au-dessus. 7 = 4 (points cardinaux) + 2 (axe vertical) + 1 (centre), ce 1 étant la résultante de 4 et 2. L'opposition transcendantale de l'au-dessus et de l'en-dessous se résout par la rencontre du plan d'immanence en l'Unité, qui est la place de l'Homme (d'après Hartley Burr Alexander, Le Cercle du Monde (The world's rim : Great mysteries of the north american indians), Paris, 1962).

    Même symbole, mais transposé sur le plan social, chez les indiens Pueblo. La ville sainte de Zuni, « Centre du Monde », est divisée en sept parties correspondant aux « sept quartiers du monde ». Elle est faite de la réunion de sept anciens villages qui représentent la même division du cosmos. La division sociale était calquée sur le même plan, les clans étant rattachés par groupes de trois à ces septièmes, à l'exception du clan des perroquets, premier clan de la tribu, qui occupait seul le « milieu », l' « ici » (Werner Muller, les religions des indiens d'Amérique du Nord, in Les religions amérindiennes (pages 277 et 278), traduit de l'allemand par L. Jospin, Paris, 1962). Les couleurs cosmiques étaient réparties selon cette même « boussole cosmique ».

    Chez les Maya - Quiché, le Grand Dieu du Ciel, qui se fait Dieu - Treize avec les douze étoiles (dieu de la pluie) se fait aussi Dieu - Sept avec six soleils cosmiques : il constitue ainsi le groupe des dieux agraires. L’idéogramme du Dieu - Sept est représenté par la Grande - Ourse.

    Chez les Mames, descendants des Mayas, le foyer est formé de six pierres (trois grandes et trois petites) qui, en recevant la marmite, forment le nombre sept, attribut du Dieu - Agraire, qui est aussi celui du feu sous toutes ses formes : feu divin = foudre ; feu de l'inframonde = réchauffant la Grand-Mère Terre ; foyer = feu des hommes (Raphaël Girard, Le Popol-Vuh, Histoire culturelle des Maya-Quiché (page 81), Paris, 1954).

    Le Dieu Agraire est Dieu-Sept parce que le nombre sept est lié au phénomène astronomique du passage du soleil par le zénith, qui détermine la saison des pluies (Popol-Vuh). Ce Dieu étant l'archétype de l'Homme Parfait impose son symbole numérique à la famille humaine : celle-ci, en effet, doit idéalement comprendre six enfants ; ils forment le corps du sept, dont la tête est faite de la symbiose luni-solaire des parents, rappelant les Jumeaux divins créateurs (Raphaël Girard, Le Popol-Vuh, Histoire Naturelle culturelle des Mayas-Quiché (page 237), Paris, 1954.

    Chez les Mayas, le septième jour, placé au milieu de la semaine de treize jours, est sous le signe du dieu Jaguar, expression des forces internes de la terre. C'est un jour faste (Eric S. Thompson Junior, Maya Hieroglyphic writing, university of Oklahoma, nouvelle édition, 1960).

    La déesse 7, appelée "sept serpents" ou "sept épis", placée au milieu de la série 1 à 13, symbolise le cœur de l'homme et du mais. Les jours numérotés 7 sont favorables (Jacques Soustelle, La pensée cosmologique des anciens Mexicains, Paris, 1940 et Eric S. Thompson Junior (ibidem)).

    Dans le temple de Coricancha, à Cuzco, où était résumé tout le panthéon des Incas, un mur portait près de l'arbre cosmique, un dessin représentant sept yeux nommés, « les yeux de toutes choses ». Lehman-Nitsche pense qu'il s'agir à la fois de la constellation des Pléiades et, sans doute, des yeux de la divinité suprême ouranienne, Viracocha. Il observe que le prophète Zacharie (4, 10) parle des « sept yeux du Seigneur », qui surveillent tous les peuples de la terre.

    En Afrique également, sept est un symbole de la perfection et de l'unité. Chez les Dogons, 7 étant la somme de 4, symbole de la féminité, et de 3 symbole de la masculinité, représente la perfection humaine (Marcel Griaule, Dieu d'eau, Paris, 1948).

    Les Dogons considèrent le nombre 7 comme le symbole de l'union des contraires, de la résolution du dualisme, donc comme un symbole d'unicité et par là de perfection. Mais cette union des contraires, qui est très précisément celles des sexes, est également symbole de fécondation. Pour cette raison, le verbe étant analogue au sperme comme l'oreille est au vagin, pour le Dogon, le nombre 7 est l'insigne du Maître de la Parole, dieu des pluies nouvelles, et donc de l'orage et des forgerons (Marcel Griaule (ibidem) et P. Grison, la légende des Hong, in Et. trad. n° 377, Paris, 1963).

    Sept, somme du 4 femelle et du 3 mâle, est également le nombre de la perfection pour les Bambaras. Le dieu souverain, Faro, dieu d'eau et du verbe, habite le septième ciel, avec l'eau fécondante qu'il dispense sous forme de pluies. C'est également dans le septième ciel que s'abîme chaque soir le soleil à la fin de sa course. La terre, comme les cieux, comprend sept étages et les eaux terrestres sont également au nombre de sept, de même que les métaux. Sept est à la fois le nombre de l'homme et le principe de l'univers.

    Somme de 4 et 3, il est le signe de l'homme complet (avec ses deux principes spirituels et de sexe différents), du monde complet, de la création aboutie, de la croissance de la nature. Il est aussi l'expression de la Parole Parfaite et par là de l'unité originelle.

    Les Tatars de l'Altaï, pour vanter les sanctuaires de leur pays natal les comprennent tous sous une seule dénomination « Mon pays aux Sept Portes et mes eaux » (Uno Harva, Les représentations religieuses des peuples altaïques, traduit de l'allemand par Jean-Louis Perret, Paris, 1959).

    Le chiffre sept est un « chiffre cosmique sacré » chez les Turco-Mongols souligne Jean-Paul Roux, page 98, dans Faune et Flore sacrées dans les Sociétés Altaïques, (Paris, 1966).

    Le sept, nombre de l'homme parfait - c'est-à-dire de l'homme parfaitement réalisé-, est donc, on le comprend aisément, le nombre de l'androgyne hermétique, comme il est en Afrique celui des Jumeaux mythiques. Car il est bien certain que cet androgyne et ces jumeaux ne font qu'un. Significatifs sont encore les mariages d'arcanes majeures du Tarot qui forment le sept. Sept par quatre et trois c'est le couple Empereur - Impératrice, le Père et la Mère, la perfection dans le Manifesté, l'intérieur et l'extérieur du pouvoir temporel assumé, la Somme harmonieuse des Quatre Eléments et des Trois Principes de la Science Secrète. En revanche le couple de la spiritualité, Pape - Papesse, donne lui aussi sept, mais par cinq et deux. Quand à l'arcane sept, expression de ces deux mariages, on ne s'étonnera pas qu'il soit celui du Chariot, signe d'accomplissement.

    Dans les contes et légendes se nombre exprimerait les « Sept états de la matière, les Sept degrés de la conscience, les Sept étapes de l'évolution :

    1 - conscience du corps physique : désirs apaisés de façon élémentaire et brutale ;

    2 - conscience de l'émotion : les pulsions se compliquent de sentiment et d'imagination ;

    3 - conscience de l'intelligence : le sujet classe, ordonne, raisonne ;

    4 - conscience de l'intuition : les relations avec l'inconscient se perçoivent ;

    5 - conscience de la spiritualité : détachement de la vie matérielle ;

    6 - conscience de la volonté : qui fait pousser le savoir dans l'action ;

    7 - conscience de la vie : qui dirige toute activité vers la vie éternelle et le salut. 

    (Dictionnaire des symboles-Robert Laffont)


     

    Exercice pratique

     

    L’exercice consiste à faire une retranscription d’au moins une page sur le regard que vous avez sur vous-même, votre mode de penser et votre mode de fonctionnement intérieur et extérieur. Ici les fautes d’orthographes, de français et de grammaire, n’ont aucune importance, puisque seul demeure l’expérience de l’élève et de son cheminement personnel.  Ce n’est pas un exercice intellectuel, mais un exercice pour faire connaissance avec son « soi ». Soyez vrai, droit et sincère avec vous-même, avec votre cœur, avec vos pensées, et dans vos écris. N’essayez pas de mentir, de minimiser, ou d’augmenter, juste d’être vous-même, juste de vous accepter tel que vous êtes, pour vous donner la possibilité de vous découvrir en profondeur. Une retranscription simple et honnête, de « qui vous êtes » et « ou vous en êtes » maintenant. Ce travail vous aide à faire « connaissance » avec vous, à chaque fois de manière renouvelée et en toute objectivité. Grâce à cette réalité véridique, vous pouvez aborder « là ou vous en êtes » en toute sérénité et avancer avec un « plan de restructuration » en fonction des découvertes que vous observez, et de l’élévation que vous constatez. Au fur et à mesure des exercices, votre Conscience Individuelle grandit, s’affine et change, c’est cela la transmutation, l’ascension vers la source de la Conscience Universelle…... !

     

    Voici les questions:

     

    Cet exercice est un travail philosophique pour ouvrir votre réflexion, sur votre relation avec la symbolique du chiffre « 7 »,  et observer toutes les particularités que celle-ci véhicule. C’est un entrainement pour vous « observer » vous-même.  Pour « observer » vos réactions personnelles, qu’elles soient avec les autres ou avec  le Cosmos. Votre environnement intérieur et extérieur, sont mis à contribution pour vous révéler « qui vous êtes » exactement, mais également « qui sont les autres », et « qui sommes nous » tous ensemble.  C’est une manière particulière de se défaire des contraintes, en prenant conscience des corrélations qui existent dans tous les niveaux de conscience. Une manière divine de se lier aux autres, avec ceux qui nous ressemblent et avec tout le Cosmos.

     

    1/ Que pensez-vous de la symbolique du chiffre 7 ? Qu’a-t-elle ouvert en vous ? Avez-vous compris les stades de la compréhension du 7 ? Qu’en pensez-vous personnellement ?

     

    2/ Quelle corrélation pouvez-vous faire entre la symbolique du 7, votre Conscience Individuelle, la conscience collective et la Conscience Universelle ?

     

    3/ Pensez-vous qu’il y a une correspondance entre votre centre, votre intériorité manifestée, les autres et le centre de l’univers ?

     

    4/ Le sept est la totalité de vous-même, mais également la totalité de l’univers, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Pouvez-vous expliquer ce fait et ce que vous en avez compris en une vingtaine de ligne ?

     

     

    ¸.•°*”˜”*°• ¯`°º·¤.¸¸.¤·º°´¯¸.•°*”˜”*°•. 

     

    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

    ¯˜ »*°•**•°* »˜¯ 

     

     

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  • Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

     

    Exercice philosophique/symbolique (Août 2014)

     

     

    Lisez ce texte sur la « symbolique du soleil et de la lune » pour vous imprégnez de son contenu. Vous devez lire en libérant votre cœur et votre intellectuel, de toutes pensées discriminatoires et  de toutes moqueries sur tout ce que vous lirez. Puis répondez aux questions qui suivent ce texte. Très bon travail.

     

    Symbolique Août 2014

     

    Soleil et lune ou éveil de conscience

     

    Le soleil et la lune sont deux luminaires ou deux natures qui coexistent en l’homme.

     

    La « nature solaire » de l’homme représente sa force, sa  fermeté, sa constance, et sa stabilité. Alors que sa « nature lunaire » représente les changements et  les émotions qu’ils produisent. Tantôt négatif et tantôt positif, quelque fois neutre, ils provoquent  tout un paquet d’impressions et de troubles qui modifient le comportement de l’être humain. Le soleil est l’ancien symbole de l’âme. L’âme est attachée aux pensées quotidiennes et aux émotions qui l’agitent.  La nature lunaire agit en profondeur sur nous et modifie tous nos comportements. Pourtant notre nature solaire doit être solide et forte pour demeurer dans l’immuabilité et la fixité des choses. Mais en réalité, il n’en est rien car la nature lunaire produit des émotions qui changent nos réactions. Alors la nature solaire doit s’adapter à la nature lunaire et vice-versa. L’une va développer  sa force pour réagir favorablement devant toute la fluctuation créée par les émotions. Le soleil est en lui-même un point d’immobilité, le centre de la roue de notre existence, et il va venir redresser la barre. En tant que symbole, il est masculin, en recherche de satisfactions personnelles, de jouissances créatives et de concentration consacrées. La nature solaire est animée par une directive intérieure très forte dont le but à atteindre en priorité est tout à fait personnel. Elle ne tient absolument pas compte des besoins et des intérêts des autres. Alors que la nature lunaire cherche constamment le changement en s’intéressant aux relations extérieures et à la compagnie. Elle à le goût de l’échange et de la socialisation, de la serviabilité et du partage. Alors elle va devoir réagir aussi face à toute la fixité de la nature solaire qui enferme trop. Le soleil trouve son réconfort à l’intérieur et la lune trouve son inspiration à l’extérieur. La nature lunaire à évidemment une grande répercussion  sur la nature solaire mais la nature solaire à également une très grande influence sur la nature lunaire. Tout peut se passer très bien dans l’harmonie la plus totale, mais tout peut également se passer  dans la plus grande confrontation et créer des tensions parfois récurrentes. Mais le plus souvent, ces « deux natures » engagent l’homme sur la voie du dépassement, du développement et de la transcendance. L’idéal est de laisser l’équilibre de leur nature propre s’exprimer librement sans créer de résistance. Parfois l’homme à besoin d’être fort et stable mais parfois il a besoin d’être un peu plus flexible et un peu plus sensible. C’est ce que nous appelons le lâcher prise. Ne pas s’enfermer dans l’une ou dans l’autre parce que nous avons besoin des deux, qu’elles se complètent, comme nos deux mains.

     

    Le soleil :

    Le soleil est aussi multivalent que la réalité solaire est riche de contradictions. S’il n’est pas Dieu lui-même, le soleil est dans beaucoup de peuples et de civilisations, une manifestation de la Divinité. Il peut être conçu comme fils du Dieu suprême et frère de l’arc en ciel. Le soleil est aussi considéré comme fécondateur. Mais il peut également brûler et tuer.

     

    Le soleil immortel se lève chaque matin et descend chaque nuit au royaume des morts ; par suite, il peut amener avec lui des hommes et, en se couchant, les mettre à morts ; mais en même temps, il peut d’autre part, guider les âmes à travers les régions infernales et les ramener le lendemain, avec le jour, à la lumière. Fonction ambivalente et psychopompe meurtrier et de hiérophante initiatique….Le soleil engendre et dévore ses enfants disent les Upanishads.

     

    Le soleil est la source de la lumière de la chaleur et de la vie. Il s’agit de symboliser la lumière et la chaleur, ou la lumière et la pluie, qui sont des aspects yin et yang du rayonnement vivifiant. Le soleil est aussi le destructeur par son principe de sécheresse à laquelle s’oppose la pluie fécondante.

     

    Le soleil est un aspect de l’arbre du monde, de l’arbre de vie, qui s’identifie lui-même, au rayon solaire.

     

    Le soleil est au centre du ciel, comme le cœur est au centre de l’être. Cœur du monde ou œil du monde, il est la demeure du Divin et de l’esprit universel. Il est lui-même l’intelligence cosmique, comme le cœur est dans l’être la faculté « connaissante ». Le soleil est l’emblème de tous les Dieux, soleil de vérité, soleil de justice, soleil spirituel et encore soleil Divin. Il est soleil impériale et soleil levant. La circumambulation s’effectue dans le sens solaire.

     

    Le principe solaire est figuré par le lotus, le tournesol, l’aigle, le cerf, le lion, et par le métal de l’or alchimique désigné comme le soleil des métaux.

     

    En astrologie le soleil représente la vie, la chaleur, le jour, la lumière, l’autorité du père, la Conscience, le dressage, l’éducation, la discipline et la morale.

     

    Il y a encore le soleil noir des Aztèques, des Mayas et des Alchimistes. Celui-ci est le déchainement des forces destructrices, l’image inversée du soleil au zénith.

     

    Il est aussi la dix neuvième arcades du tarot et prévisionnel.

     

    L’année solaire est marquée par plusieurs points importants :

    -les solstices, d'été et d'hiver, moments ou les jours sont respectivement les plus longs et les plus courts
    -les équinoxes : moments où la longueur des jours égale celles des nuits

    -les fêtes agraires : Imbolc, Beltaine, Lughnasadh/Lammas et Samhain. Elles ne sont pas directement déterminées par l'observation solaire, mais sont en rapport avec les saisons et constituent des repères pour les agriculteurs et éleveurs. Elles sont déterminées par le soleil et la rotation de la terre.

    Certains mégalithes sont positionnés de façon à marquer un jour précis (solstice ou équinoxe), ce qui atteste que nos ancêtres y accordaient de l'importance :

    - à Stonehenge : les solstices d'hiver et été

    - à Newgrange : le solstice d'hiver

    - au Cairn T de Loughcrew : équinoxes de printemps et d'automne

    - la roche aux fées : solstices d'hiver

     

    Il représente la vie, la jeunesse, la force mentale, la lumière, la connaissance et la vérité. Il y a bien longtemps, les humains associaient le soleil à un être suprême pensant et agissant selon diverses modalités:

    - les égyptiens pensaient qu’il traversait la terre sur une barque et qu’il était menacé, chaque nuit, par Apophis, un serpent maléfique. Son lever chaque matin témoignait de son triomphe.

    - pour les aztèques, le dieu Huitzilopochtli réclamait des sacrifices humains au nom du soleil pour que celui-ci continue à vivre et à éclairer le monde.

     

    Sa symbolique est très riche. Il est associé à l’or, à plusieurs animaux réels ou imaginaires (aigle, coq, bélier, serpent à plume, phénix...), à des couleurs telles que le jaune, le rouge, le doré, à des pierres précieuses comme le rubis, la topaze, à des formes géométriques (étoile, cercle avec un point au milieu, svastika, spirale...).

     

    La lune :

     

    La lune est yin par rapport au soleil yang : elle est passive, réceptive. Elle est l’eau par rapport au feu solaire, le froid par rapport à la chaleur, le nord et l’hiver symboliques opposés au sud et à l’été. Sa lumière est celle du reflet du soleil.

     

    La lune symbolise aussi le temps qui passe, le temps vivant, dont elle est la mesure par ses phases successives et régulières. La lune est l’instrument de mesure universel… le même symbolisme relie entre eux la Lune, les Eaux, la Pluie, la fécondité des femmes, celle des animaux, la végétation, le destin de l’homme après la mort et les cérémonies d’initiation.

     

    Les synthèses mentales rendues possibles par la révélation du rythme lunaire mettent en correspondance et unifient des réalités hétérogènes ; leurs symétries de structures ou leurs analogies de fonctionnement n’auraient pu être découvertes si l’homme primitif n’avait intuitivement perçu la loi de variation périodique de l’astre.

     

    Dans l’hindouisme, la sphère de la lune est l’aboutissement de la voie des ancêtres (pitri-yâna). Ils ne sont pas libérés de la condition individuelle, mais ils produisent le renouvellement cyclique. Les formes achevées s’y dissolvent, les formes non développées en émanent. Ce qui n’est pas sans rapport avec le rôle transformateur de Shiva, dont l’emblème est un croissant de lune. La lune est  par ailleurs le régent des cycles hebdomadaires et mensuels. Ce mouvement cyclique (phase de croissance et de décroissance) peut être mis en relation avec le symbolisme lunaire de Janus : la lune est à la fois porte du ciel et porte de l’enfer, Diane et Hécate, le ciel dont il s’agit n’étant toutefois que le sommet de l’édifice cosmique. La sortie du cosmos s’effectuera seulement par la porte solaire. Diane serait l’aspect favorable, Hécate l’aspect redoutable de la lune.

     

    La lune est un symbole de la connaissance indirecte, discursive, progressive, froide. La lune, astre des nuits, évoque métaphoriquement la beauté et aussi la lumière dans l’immensité ténébreuse. Mais cette lumière n’étant que le reflet de celle du soleil, la lune est seulement le symbole de la connaissance par reflet, c’est à dire de la connaissance théorique, conceptuelle, rationnelle ; ce en quoi on lui rattache le symbolisme de la chouette. 

     

    La lune est un symbole des rythmes biologiques : Astre qui croit, décroît et disparaît, dont la vie est soumise à la loi universelle du devenir, de la naissance et de la mort… la lune connaît une histoire pathétique, de même que celle de l’homme… mais sa mort n’est jamais définitive… cet éternel retour à ses formes initiales, cette périodicité sans fin font que la lune est par excellence l’astre des rythmes de la vie…

     

    Elle contrôle tous les plans cosmiques régis par la loi du devenir cyclique : eaux, pluies, végétation, fertilités…

     

    La lune est aussi le premier mort. Pendant trois nuits, chaque mois lunaire, elle est comme morte, elle a disparu… puis elle reparaît et grandit en éclat. De même, les morts sont censés acquérir une nouvelle modalité d’existence. La lune est pour l’homme le symbole de ce passage de la vie à la mort et de la mort à la vie ; elle est même considérée, chez beaucoup de peuples, comme lieu de ce passage, à l’instar des lieux souterrains. C’est pourquoi de nombreuses divinités lunaires sont en même temps chthoniennes et funéraires : Mên, Perséphone, probablement Hermès…

     

    Le voyage dans la lune ou même le séjour immortel dans la lune, après la mort terrestre, sont réservés, selon certaines croyances à des privilégiés : souverains, héros, initiés, magiciens.

     

    La lune produit la pluie ; les animaux aquatiques, professe Houai-Nan Tseu, croissent et décroissent avec elle. Passive et productrice de l’eau, elle est source et symbole de fécondité. Elle est assimilée aux Eaux primordiales dont elle procède la manifestation. Elle est le réceptacle des germes de la renaissance cyclique, la coupe qui contient le breuvage d’immortalité : c’est pourquoi elle est appelée soma, comme ce breuvage.

     

    La lune est aussi le symbole du rêve et de l’inconscient, comme des valeurs nocturnes. Chez les Dogons, le renard pâle Yurugu, maître de la divination, le seul à connaître la première parole de Dieu, laquelle n’habite l’homme que dans ses rêves, symbolise la lune.

     

    Mais l’inconscient et le rêve font partie de la vie nocturne. Le complexe symbolique lunaire et inconscient associe à la nuit les éléments eau et terre, avec les qualités de froid et d’humidité, en opposition au symbolisme solaire et conscient, lequel associe au jour les éléments air et feu, et les qualités de chaleur et de sécheresse.

     

    La vie nocturne, le rêve, l’inconscient, la lune, sont autant de termes qui s’apparentent au domaine mystérieux du double.

     

    Selon l’interprétation de Paul Diel, la lune et la nuit symbolisent l’imagination malsaine issue du subconscient ; ajoutons que l’auteur entend par subconscient : l’imagination exaltative et refoulante. Cette symbolisation s’applique, dans de nombreuses cultures, à toute une série de héros ou de divinités, qui sont lunaires, nocturnes, inaccomplis, malfaisants.

     

    L'éternel retour de la lune  - Tantôt pleine ou nouvelle, croissante ou décroissante, la Lune vit dans la plus part des mythes un cycle de mort, de renaissance, et de transformation...

     

    Fête lunaire : Une des 3 grandes fêtes chinoises, qui a lieu à la pleine lune de l’équinoxe d’Automne,  est la fête de la Lune (au cours de laquelle on mange des gâteaux en forme de croissant) dont la déesse est Heng-Ugo. Elle a lieu le 15e jour du 8e mois, à la pleine lune de  l’équinoxe d’Automne. Le sacrifice consiste en fruits, gâteaux sucrés qu’on fabrique et vend à cette occasion, et en une branche de fleurs d’amarante rouge. Les hommes  ne participent pas à la cérémonie. C’est manifestement une fête des moissons : la lune est ici encore le symbole de la fécondité. Elle est d’eau, elle est l’essence du yin. L’adoration de la lune en Chine se retrouve dans de nombreux domaines. Les ponts en dos d’âne forment par leur reflet dans l’eau, le disque lunaire complet.

     

    Dualités soleil/lune : 

    La lune est toujours yin par rapport au soleil yang, car celui-ci rayonne directement sa lumière, tandis que la lune reflète celle du soleil. Le yang est principe actif alors que la lune est principe passif. Le soleil est la lune correspondent à l’esprit et à l’âme, à leurs sièges respectifs le cœur et le cerveau. Ce sont l’essence et la substance, la forme et la matière, le mâle et la femelle, le feu et l’eau, l’intellectualisation et la mémoire, la droite et la gauche et tous les couples d’opposés.

     

     

    "La lune est yin par rapport au soleil yang : elle est passive, réceptive.
    Elle est l’eau par rapport au feu solaire, le froid par rapport à la chaleur,
    le nord et l’hiver symboliques opposés au sud et à l’été. "

    "Sa lumière est celle du reflet du soleil."

     

     

    L’Unité Soleil/lune :

    Le yoga est l’union du soleil et de la lune.

    Les polarités entre le soleil et la lune sont un jeu subtil entre nos deux personnalités lunaire et solaire, entre notre légèreté et notre densité, entre nos oppositions et nos perfections…..Un être éveillé jouera avec ces deux personnalités alors qu’un être normal restera coincé dans l’une ou l’autre. Pour le véritable sage, il y a aussi cet espace qui existe à la frontière entre ces deux personnalités, cet espace infime qui maintient le tout, et qui ouvre sur une autre dimension….. !! Cet ensemble est une trinité réunie en harmonie qui forme une totalité. De cela nous devons nous enrichir pleinement et transcender chacune d’entre elles, pour une pleine compréhension de l’absolu. Les épreuves que la vie met sur notre route ouvrent continuellement notre esprit vers l’infini de la compréhension. C’est notre karma, notre « chance » d’avancer avec l’intelligence du cœur pour nous défaire du superflu et nous concentrer sur l’essentiel.

     

    (Dictionnaire des symboles – Robert Laffont)


     

    La transformation humaine passe par différents stades de construction et de démolition pour aboutir au « grand œuvre » de sa plus belle création : « Lui-même ». Certaines étapes sont importantes de compréhension, voir « vitales » pour continuer sur le chemin de la vie.

     

    Voici les questions

     

    Cette première partie de l’exercice n’a rien à voir avec le texte que vous venez de lire, elle ne doit avoir aucune conséquence sur ce qui va en découler.

     

    (Respectez toujours les trois points suivants, d’abord se situer, puis recadrer, puis replacer les objectifs)

     

    1. Il consiste à être prêt à tout instant, à savoir reconnaitre au plus profond de « soi », ou est-ce que vous en êtes dans votre parcours personnel ? Dresser un bilan, sans critique, ni dévalorisation, ni culpabilisation, ni victimisation ? Juste observer ou vous en êtes ? Faites un état des lieux véridique, simple et sans fioriture. Observez les choses telles qu’elles sont !

     

    1. Puis lister avec sincérité et en « vérité » les erreurs et les perfections qui vous ont conduit là ou vous en êtes ? Vos projets de vie vous ont-ils conduit là où vous souhaitiez aller ou pas du tout ? Etes vous heureux et en harmonie, là ou vous êtes ? Et surtout vos projets de vie actuels correspondent-ils avec l’être que vous êtes aujourd’hui ?

     

    1. Maintenant replacer vos objectifs en symbiose avec la personne que vous êtes aujourd’hui. La moralité exerce un rempart solide à cette construction ou reconstruction. Soyez honnête avec vous-même. Lâcher le passé et tout ce qui est conflictuel et obsolète. Tout redémarre aujourd’hui avec un cœur neuf alors voyez large, donner-vous la magnifique chance de pouvoir tout recommencer en mieux.

     

     

    Maintenant dans la deuxième partie de cet exercice prenez en compte tout ce que vous venez de lire dans la symbolique soleil/lune. 

     

    1. Prenez l’ensemble de votre vie et tout ce que vous avez vécu. Pensez-vous que si vous aviez su ce que vous venez de lire, cela aurait-il pu modifier quelque chose dans vos pensées, dans vos actes et dans votre vie ? Si « oui » ou « non » pourquoi ?

     

    1. Maintenant pensez-vous que les objectifs de votre vie ai été dualitaire ou plutôt harmonieux ? Et pensez-vous avoir évolué dans les conditions favorables d’une nature solaire ou plutôt lunaire ? Qu’envisagez-vous de modifier dans vos comportements pour favoriser votre épanouissement ?

     

    1. Fort de toutes ses constatations, c’est le moment de refixer vos objectifs de vie. De quoi allez-vous tenir compte maintenant pour les déterminer ? Pensez-vous avoir changé de niveau de Conscience après cet exercice ?

     

    Savoir équilibrer l’être que vous êtes en rééquilibrant toutes les attentes est un exercice qui facilite le lâcher-prise. Savoir s’adapter en toutes circonstances favorise le plein épanouissement. En apprenant à surfer aussi bien sur les crêtes que dans les creux de la vague, l’étudiant favorise son apprentissage du développement du « soi » ou culture de « Maitri. Il devient l’homme solaire fort et déterminé qui décide de laisser sa nature lunaire sensible s’exprimer au travers de la création dans la vue parfaite de son esprit. Tout un programme riche en évolution active !!

     

     

    ¸.•°*”˜”*°• ¯`°º·¤.¸¸.¤·º°´¯¸.•°*”˜”*°• 

     

    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière.

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namasté  

     

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

    ¯˜ »*°•**•°* »˜¯ 

     

     

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  • Pack étudiant spirituel

    Être un cœur Créateur

     

    Exercice philosophique/symbolique (juillet 2014)

     

    Lisez ce texte sur la « symbolique du quatre » pour vous imprégnez de son contenu. Vous devez lire en libérant votre cœur et votre intellectuel, de toutes pensées discriminatoires et  de toutes moqueries sur tout ce que vous lirez. Puis répondez aux questions qui suivent ce texte. Très bon travail.

     

    Symbolique juillet 2014

    Symbolique du chiffre quatre

     

    Les significations symboliques du quatre se rattachent à celles du carré et de la croix. Depuis les époques voisines de la préhistoire, le 4 fut utilisé pour signifier le solide, le tangible, le sensible. Son rapport avec la croix en faisait un symbole incomparable de plénitude, d’universalité, un symbole totalisateur. La croisée d’un méridien et d’un parallèle divise la terre en quatre secteurs. Dans tous les continents, chefs et rois sont appelés : Maîtres des quatre mers… des quatre soleils… des quatre parties du monde… etc. : ce qui peut signifier à la fois l’étendue de leur pouvoir en surface et la totalité de ce pouvoir sur tous les actes de leurs sujets (CHAS, 31).

     

    Il existe quatre points cardinaux, quatre vents, quatre piliers de l’Univers, quatre phases de la lune, quatre saisons, quatre éléments, quatre humeurs, quatre fleuves du Paradis, quatre lettres dans le nom de Dieu (YHVH), du premier des hommes (Adam), quatre bras de la croix, quatre Evangélistes, etc. Le quatre désigne le premier carré et la décade ; la tétrachtys pythagoricienne, est produite par l’addition des quatre premiers nombres (1+2+3+4). Le quatre symbolise le terrestre, la totalité du créé et du révélé.

     

    Cette totalité du créé est en même temps la totalité du périssable. Il est singulier que le même mot shi signifie en japonais quatre et mort. Aussi, les Japonais évitent-ils avec soin de prononcer ce mot ; ils le remplacent dans la vie quotidienne par Yo ou Yon.

     

    Nombre sacré dans le Véda, qui est divisé en quatre parties (Hymnes, Charmes, Liturgie, Spéculation). L’homme aussi se compose du carré de quatre, 16 parties, selon la Chandogya Upanishad, ainsi que la féérie du Soma qui comporte 16 récitations, de même que l’enseignement sur le Brahman, qui est distribué en quatre quarts, correspondant aux quatre domaines de l’univers : les régions de l’espace, les mondes, les lumières, les sens : Celui qui sachant ainsi, connaît ce quart du Brahman, ou quatre seizièmes, qui est lumière, celui-là brille en ce monde. Il conquiert des mondes lumineux, celui qui, sachant ainsi, connaît le quart du brahman, ou quatre seizièmes, qui est lumière. (trad. E. Senard, in VEDV, 388). Quand il sait les quatre quarts du Brahman, ou quatre fois quatre seizièmes, le disciple ou initié connaît toute la science du maître. Le quatre se révèle ici encore, avec ses multiples et ses diviseurs, le symbole de la totalité.

     

    Dans la bible et notamment dans l’Apocalypse, ce chiffre suggère aussi l’idée d’Universalité : les quatre vivants, c’est l’ensemble des vivants dans le monde de la lumière (ils sont constellés d’yeux). Les quatre cavaliers apportent les quatre fléaux majeurs. Les quatre couleurs des chevaux correspondent aux couleurs des points cardinaux et à celles de la journée, pour montrer l’universalité de l’action dans l’espace et dans le temps : blanc est l’Est et l’aube ; rouge, le Sud et midi ; glauque l’Ouest et le crépuscule ; noir le Nord et la nuit. Les quatre anges destructeurs debout aux quatre coins de la terre ; les quatre fleuves du Paradis ; les quatre murailles de la Jérusalem céleste faisant face aux quatre orients ; les quatre camps des douze tribus d’Israël (Nombres, 2) ; les quatre emblèmes des tribus, un pour chaque groupe de trois, le lion, l’homme, le taureau, l’aigle ; les quatre lettres du nom divin YHVH, chacune correspondant à l’un de ces emblèmes, selon une tradition juive : Y à l’homme, H au lion, V au taureau, le second H à l’aigle ; les quatre Evangélistes : il ne pouvait, selon saint Irénée, y en avoir ni plus, ni moins ; et chacun des quatre emblèmes des tribus d’Israël a été attribué à un des quatre Evangélistes, dans un accord assez singulier, avec les caractéristiques de chacun des Evangiles : le lion à Marc, l’homme à Matthieu, le taureau à Luc, l’aigle à Jean ; ces animaux, d’autre part,  correspondent aux quatre constellations cardinales de la bande zodiacale : Le Taureau, le Lion, l’Homme et l’Aigle ; tous ces quaternaires (CHAS, 429) expriment une totalité.

     

    Dans la vision d’Ezéchiel (1, 5 et s.) qui remonte vers 593 avant notre ère, on observe déjà cette extraordinaire symbolique : … Je discernai comme quatre animaux dont voici l’aspect : ils avaient une forme humaine ; ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes… Leurs faces étaient tournées vers les quatre directions… Ils avaient une face d’homme et tous les quatre avaient une face de lion à droite, une face de taureau à gauche…et une face d’aigle. Les exégètes y voient le symbole de la mobilité, de l’ubiquité spirituelle de Yahvé, qui n’est pas attachée seulement au Temple de Jérusalem, mais qui assure tous ses fidèles de sa présence, quelle que soit la direction de l’exil. Les mêmes exégètes observent que ces figures étranges de la vision d’Ezéchiel rappellent les Karibu assyriens (dont le nom correspond à celui des Chérubins de l’arche, voir Exode, 25, 18 s), êtres à tête humaine, corps de lion, pattes de taureau et ailes d’aigle, dont les statues gardaient le palais de Babylone. Ces serviteurs des Dieux païens sont ici attelés au char du Dieu d’Israël : expression frappante de la transcendance de Yahvé (BIBJ, 475). Ils servent aussi de support au trône de Dieu, les têtes ressemblant à une voûte éclatante comme le soleil… au-dessus de la voûte, il y avait comme une pierre de saphir en forme de trône ; … au-dessus du trône, un être ayant apparence humaine, avec l’éclat du vermeil et tout autour de lui comme du feu… et une lueur semblable à l’arc qui apparaît dans les nuages, les jours de pluie… C’était quelque chose ayant l’aspect de la gloire de Yahvé (Ezéchiel, 1, 26-28). On ne saurait mieux suggérer, par une escalade des degrés du ciel, la supériorité transcendantale de Dieu, par rapport à tous ces quaternaires.

     

    Quatre est encore le chiffre qui caractérise l’univers dans sa totalité (le plus souvent il s’agit du monde matériel, sensible). Ainsi les quatre fleuves qui sortent d’Eden, selon Genèse 2, 10 ss, arrosent et délimitent l’univers habitable. L’Apocalypse (7, 1 ; 20, 8) parle des quatre extrémités de la terre d’où soufflent les quatre vents (Jérémie, 49, 36 ; Ezéchiel, 37, 9 ; Daniel, 2, et 7) et distingue quatre grandes périodes qui embrassent toute l’histoire du monde.

     

    Le nombre 4, selon Alexander (ALEC, 204) joue un rôle déterminant dans la pensée et la philosophie des indiens d’Amérique du Nord. Il est un principe d’organisation, et d’une certaine façon, une force. L’espace se divise en quatre parties ; le temps se mesure par quatre unités : le jour, la nuit, la lune et l’année ; il y a quatre parties dans les plantes : la racine , la tige, la fleur et le fruit ; les espèces animales sont au nombre de quatre :  celles qui rampent, celles qui volent,  celles qui marchent sur quatre pattes, celles qui marches sur deux pattes ; les quatre êtres célestes sont le ciel, le soleil, la lune, et les étoiles et quatre sont les vents qui marchent autour du cercle du monde ; la vie humaine se divise en quatre collines : l’enfance, la jeunesse, la maturité et la vieillesse ; quatre vertus fondamentales chez l’homme : le courage, l’endurance, la générosité et la fidélité ; chez la femme : l’habileté, l’hospitalité , la loyauté et la fécondité, etc.

     

    Quatre est aussi le nombre totalisateur. Nous avons fait quatre fois quatre tours autour de la loge… Quatre fois quatre signifie plénitude. Maintenant toutes les forces de là-haut et d’ici-bas, mâles et femelles, ont été invoquées. (Cérémonies de Hako chez les Indiens Pawnee, in ALEC, 153). Sur le plan métaphysique, Wakantanka, le Grand Mystère, est une quaternité, faite du Dieu Chef, du Dieu Esprit, du Dieu Créateur, et du Dieu Exécutant. Chacun de ces dieux est lui-même une quaternité faite de deux dyades opposées. (Théologie des Dakota, ALEC, 205-206).

     

    Rappelant que les disciples de Pythagore faisaient eux aussi de la tétrade la clé d’un symbolisme numérique qui pût donner un cadre à l’ordre du monde. Alexander voit dans le panthéon Dakota un pythagoricisme du Nouveau-Monde.

     

    Dans la tradition Maya-Quiché (Popol-Vuh) il y a eu quatre créations successives, correspondant à quatre soleils et à quatre âges. L’homme définitif – homme de maïs – n’apparaissant qu’avec le dernier âge (GIRP).

     

    Quatre degrés initiatiques conduisent à l’initiation parfaite, dans la Société des Hommes-Médecine chez les Algonquins (MULR, 250), en liaison avec le symbole d’un univers quadripartite. Le grand Manitou qui règne sur le 4e degré est représenté par une série de symboles quaternaires, dont une crois sur un pilier carré, chaque face étant peinte d’une couleur cosmique.

     

    Dans la cosmogonie des Zuni, basée sur la hiérogamie élémentaire Terre-Ciel, la Terre est appelée La Terre-Mère quadruple qui contient. Ce qui confirme l’universalité de la valeur symbolique du nombre quatre, comme définissant la matérialité passive. Quatre, comme la Terre, ne créé pas,  mais contient tout ce qui se crée à partir de lui. Sa valeur est potentielle. Quatre est le nombre de la terre ; mais par extrapolation, il peut convenir au Dieu suprême, en ce qu’il contient tout, lui qui est l’alpha et l’oméga et qui laisse aux démiurges le soin de créer, d’animer en lui.

     

    En plus des quatre éléments et des quatre directions cardinales (commandées pour les Indiens Pueblo par les Quatre Dieux de la Pluie, et chez les Maya, par les quatre tiges, ou jaguars, défendant les plantations du village) les Zuni (Pueblo) voient, au fond de la terre, quatre cavernes, les quatre ventres de la Terre-Mère. De l’étage le plus bas, l’obscurité extrême du monde, viennent les hommes, grâce à l’action des jumeaux divins, les guerriers Ayahutas, créés par le soleil et envoyés par lui à la recherche des hommes. Pour arriver à la lumière, les hommes ont traversés le monde de la suie, le monde du soufre, le monde du brouillard, le monde des ailes (H. Lehman).

     

    Au Pérou, le chroniqueur Guaman Poma de Ayala parle également de quatre ères mythiques qui ont précédé la création de l’homme sous sa forme actuelle.  

     

    En résumé, quatre apparaît comme le signe de la potentialité, attendant que s’opère la manifestation, qui vient avec le cinq.

     

    Pour les Dogons du Mali, quatre est le nombre de la féminité, et, par extension, celui du soleil, symbole de la matrice originelle. La matrice fécondée, représentée comme un œuf ouvert vers le bas, réplique terrestre de l’œuf cosmique (fermé) a pour valeur numérique 4 (le haut, les deux côtés, l’ouverture) (GRIS). Quatre est également le nom donné au prépuce, considéré comme l’âme femelle de l’homme, qui est circoncis pour cette raison.

     

    Pour les Dogons, l’unique est l’erreur, l’impur. La pureté, c’est la justesse voulant que toute chose créée soit deux en un, jumelle faite de l’association des sexes – des principes contraires, comme on l’a vu en ce qui concerne l’âme. De ce fait, c’est sous la forme de son double, le huit, que le nombre quatre est le symbole de la création : il y a huit ancêtres et huit familles d’hommes, d’animaux, de plantes, etc., à l’origine des temps. Mais la perfection est représentée pour les Dogons et Bambaras par le 7, associant les deux principes – ou sexes – opposés : le 4, principe femelle et le 3, principe mâle (DIEB).

     

    La division de nombre en quatre plans, sur les branches d’une croix verticale orientée Ouest-Est, est attestée chez les Balubas et Luluas du Kasaï (Congo) (FOUA).

     

    Frobénius relève parmi les traits caractéristiques des cultures de la côte occidentale d’Afrique, de l’embouchure du Sénégal à celle du Congo, une sexualisation inverse des nombres Trois et Quatre, quatre étant ici un symbole masculin et trois un symbole féminin (FROA). Mais cette inversion des symboles paraît plutôt exceptionnelle.

     

    Quatre, nombre des éléments, est le nombre des portes que doit franchir l’adepte de la voie mystique, selon la tradition des Soufi et des anciennes congrégations de derviches turcs. A chacune de ses portes est associé un des quatre éléments, , dans l’ordre de progression suivant : air, feu, eau, terre. Ce symbolisme peut s’interpréter ainsi : à la première porte (le Sheriat), le néophyte qui ne connaît que le livre, c'est-à-dire la lettre de la religion, est dans l’air, c'est-à-dire dans le vide. Il se brûle au passage du seuil initiatique, représenté par la deuxième porte, qui est celle de la voie, autrement dit de l’engagement dans la discipline de l’ordre choisi (Tarikat) ; ceux qui ont passé cette deuxième porte sont parfois nommés les ascètes (Zahitler). La troisième porte ouvre à l’homme la connaissance mystique ; il devient un gnostique (Arif), et correspond à l’élément eau. Enfin, celui qui atteint Dieu et se fond en lui comme en l’unique Réalité (Hak), passe, avec la quatrième et dernière porte (celle du Hakikat) dans l’élément le plus dense, la terre. On nomme ces élus les Amants. De l’air à la terre, il y a là un renversement de l’évolution mystique, telle qu’elle est habituellement imaginée par un esprit européen ; et pourtant le chemin de perfection d’un Ibn Mansour el Alladj ou d’un Mewlana Jalal ed din Rûmi n’est pas si éloigné de celui d’une Thérèse d’Avila ou d’un Jean de la Croix. Mais la doctrine Soufi, plus nettement peut-être que la mystique chrétienne, est partie du postulat selon lequel ce que nous nommons Réalité n’est qu’un reflet (irréel donc) de la seule Réalité, divine et transcendante, cachée par le voile de dualité qui sépare le non-croyant de Dieu et le met ainsi en état de péché (pour la Théorie des Quatre Portes, voir J.-M. Birges, BIRD, 95 sq). On a remarqué qu’entre ces quatre états successifs de l’ascension mystique, figurés par autant de portes, il n’y en a qu’une, la seconde,  associée à la symbolique purificatrice et transformatrice du feu, qui constitue un seuil initiatique. Les étapes de l’ascension mystique proprement dites ne sont donc que trois : Tarikat, Marifet, Hakikat. Ce qui est extrêmement proche des trois degrés de perfection que reconnaissaient les néo-platoniciens d’Alexandrie : successivement la vertu, la sagesse et l’extase. C.-E. Monod-Herzen commente ces étapes en ces termes : Le premier degré correspond à la perfection de la vie sociale et s’atteint par la pratique de la porale, la contemplation intellectuelle procure le second et l’enthousiasme conduit au plus haut terme (MONA, 53). Ces idées étaient alors aussi bien celles d’un chrétien comme Clément d’Alexandrie que celles d’un païen comme Plotin.

     

    De ces quatre stades ou portes du perfectionnement mystique, on peut rapprocher l’évolution quaternaire de l’anima selon les théories de Jung ; le psychanalyste en prend pour représentation archétypales : Eve, qui représente des fonctions purement instinctuelles et biologiques ; l’Hélène de Faust, qui personnifie le niveau romantique et esthétique, encore caractérisés cependant par des éléments sexuels ; la Vierge Marie, chez qui l’amour (l’Eros) atteint l’altitude de la dévotion spirituelle ; et enfin la Sulamite du Cantique des Cantiques, incarnation de la Sagesse qui transcende même la sainteté de la pureté. La figure de Mona Lisa constituerait, selon Marie-Louise Von Franz, une autre représentation de ce stade quatrième et ultime de l’anima (JUNS, 185). On voit clairement, toutefois, combien cette conception spirituelle de l’école jungienne diffère des hiérarchies traditionnelles.

     

    Quoi qu’il en soit, le système entier de la pensée jungienne est fondé sur l’importance fondamentale qu’il reconnaît au nombre quatre, la quaternité représentant pour lui, le fondement archétype de la psyché humaine (JACC, 139), c'est-à-dire la totalité des processus psychiques conscients et inconscients (JUNT, 425). Toute son analyse des types psychologiques repose en effet sur sa théorie des quatre fonctions fondamentales de la conscience : la pensée, le sentiment, l’intuition, et la sensation (Ibid. p. 499).  Le psychanalyste maintient ici une attitude humaine qui paraît constante depuis le paléolithique et qui, depuis la croix des directions cardinales, présente à l’aube de toutes les cosmologies, passe par la théorie des initiés et des alchimistes, pour lesquels la quaternité constituait  un axiome fondamental dans la poursuite du Grand Œuvre et la recherche de la pierre Philosophale.

    (Dictionnaire des symboles – Robert Laffont)

     

     

     

    Le carré parfait est l'image de l'homme qui a atteint l'harmonie en lui. Entre esprit et matière, entre corps physique et corps spirituel, le point d’équilibre est atteint. 

    Voici les questions

      

    1/ Que représente pour vous le chiffre 4, les quatre points cardinaux, les quatre seizième et le concept de totalité ? Donnez une explication d’au moins 10 lignes sur chacun d’entre eux ?

     

    2/ Croyez-vous que le quatre agit comme une structure fondamentale de l’être, des choses et de l’Univers tout entier ? Pensez-vous qu’il à une influence sur vous, sur votre environnement, sur vos traditions et sur toutes les croyances traditionnelles ?

     

    3/ Y’a-t-il autour de vous, une structure environnementale naturelle, qui équilibrerait et harmoniserait le monde ? Argumentez votre point de vue ?   

     

    4/ Croyez-vous à la réincarnation, à la naissance, à la vie et à la mort, dans une suite de vie successives, jusqu’au nirvana le plus absolu ? Si oui, expliquez ce que vous en pensez ? Si non, dites pourquoi vous n’y croyez pas ?

     

    5/ Tous les cercles d’influences, du plus traditionnel au plus sacré, ont construit leurs enseignement à partir du chiffre quatre, pensez-vous avoir compris pourquoi ?

      

    6/ La terre est représentée par le chiffre quatre, pouvez-vous expliquer pourquoi, selon vous ? Y aurait-il un lien évident entre matérialité et chiffre quatre ?

     

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    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière

    Recevez cher étudiant de la Conscience Universelle, toute mon Amitié Bienveillante et salutaire.

    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namaste  

     

    Extrait des Packs étudiants « Être un cœur créateur »©Véronique-Arlette 2012

    Livre protégé par un Copyright intégrant le texte et les images

     

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  • Pack étudiant spirituel

    Être un cœur créateur

     

    Exercice philosophique/symbolique (juin 2014)

     

    Lisez ce texte sur la « symbolique du cœur » pour vous imprégnez de son contenu. Vous devez lire en libérant votre cœur et votre intellectuel, de toutes pensées discriminatoires et  de toutes moqueries sur tout ce que vous lirez. Puis répondez aux questions qui suivent ce texte. Très bon travail.

     

    Symbolique juin 2014

     

    Symbolique du « Cœur »

      

    Cet exercice est très enrichissant pour vous, car il est triple en apprentissage. Dans un premier temps, il vous demande une ouverture complète sur les autres, sur leurs connaissances et leurs savoirs faires. Puis dans un deuxième temps, il vous demande de revenir vers vous pour voir ou vous en êtes. Ensuite, il vous demande un effort pour aligner vos connaissances avec celles des autres, en vue d’un enrichissement commun. C’est un véritable travail d’investigation sur les trois plans, intérieur, extérieur puis intérieur/extérieur réunit. C’est un exercice pour prendre l’habitude de tenir compte de vous, des autres, et de faire en sorte de trouver l’unité et non la dualité entre les deux. Car cette dualité ou  cette unité est en vous, facteur de cette triplicité comprise ou pas ? Plus vous utiliserez cette manière « triple » de faire, plus vous prendrez « Conscience » de l’Unité.

     

    Cet exercice est pour vous aider à prendre conscience des différences qui existent entre vous et les autres. Celles-ci ne sont en rien « dualitaire » mais juste différente. Il n’est pas question ici d’entrer dans un débat, pour savoir si vous avez raison ou tord, mais juste de vous ouvrir à autres choses. Cet exercice peut vous paraitre difficile au début, parce qu’il demande un certain travail intellectuel de lecture et de compréhension. Ensuite, il nécessite une investigation personnelle et beaucoup de sincérité de votre part. Il y a presque toujours une difficulté dans le travail à réaliser. Soit dans le fait d’aller vers l’extérieur et vers les autres, soit dans le fait de revenir vers le « soi » pour s’occuper de son intériorité, ou encore dans la réunion de ses deux là.  Est-ce que c’est plus confortable pour vous de rester à l’intérieur de vous-même ou plutôt d’aller vers les autres ? Il y en a toujours une des deux qui prime, c’est normal, car c’est la nature même du « soi ». Toute la difficulté repose sur l’équilibre et l’assouplissement entre cette intériorité et cette extériorité. Mais en repérant quelle est votre tendance propre, vous repérez votre difficulté personnelle. En prenant l’habitude d’effectuez cet exercice régulièrement,  vous éclairez votre Conscience et repérez progressivement tous les obstacles qui vous enferment dans la dualité.

     

    1/ Lisez ce texte sur la « symbolique du cœur » pour vous imprégnez de son contenu. Vous devez lire en libérant vos pensées de tous jugements discriminatoires et  de toutes moqueries sur tout ce que vous lirez. Si vous avez des difficultés, notez-les, et faites cet exercice en plusieurs fois. Surtout ne baissez pas les bras avant d’avoir bien compris l’exercice.

     

    Je vous laisse une belle « coupe » de cœur remplie de courage, une immense « couverture » d’énergie positive, et un wagon de patience juste pour vous, pour vous aider dans la réalisation de cet exercice. C’est en prenant « Conscience » de vos difficultés que vous abordez un véritable « chemin » vers le changement.

     

    « La symbolique du Cœur »

     

    Le cœur organe central de l’individu, correspond de façon très générale à la notion de « centre ». Si l’occident en fait le siège des sentiments, toutes les civilisations traditionnelles y localisent au contraire l’intelligence et l’intuition : c’est peut-être que le centre de la personnalité s’est déplacé, de l’intellectualisation à l’effectivité. Mais Pascal ne dit-il pas que « les grandes pensées viennent du cœur » ? On peut dire aussi que, dans les cultures traditionnelles, la connaissance s’entend en un sens très large, qui n’exclut pas les valeurs affectives.

     

    Le cœur est effectivement le centre vital de l’être humain, en tant qu’il assure la circulation du sang. C’est pourquoi il est pris comme symbole – et non bien sûr comme siège effectif – des fonctions intellectuelles. On trouve cette localisation en Grèce. Elle est importante en Inde où le cœur est considéré comme Brahmapura, la demeure de Brahma. Le cœur du croyant, dit-on en Islam, est le trône de Dieu. Si, dans le vocabulaire chrétien également, le cœur est dit contenir, le royaume de Dieu, c’est que ce centre de l’individualité, vers lequel la personne fait retour dans la démarche spirituelle, figure l’état primordial, en parlant du lieu de l’activité Divine. Le cœur dit Angélus Silesius, est le temple, l’autel de Dieu : il peut le contenir entièrement. Le cœur, lit-on encore dans le Houang-ti nei king, est un organe Royal ; il représente le roi ; en lui réside l’Esprit. Si l’église cruciforme s’identifie au corps du Christ, l’emplacement du cœur est occupé par l’autel. Le Saint des Saints est dit être le cœur du temple de Jérusalem, lui-même cœur de Sion, qui est, comme tout centre spirituel, un cœur du monde.

     

    Le double mouvement (systole et diastole) du cœur en fait aussi le symbole du double mouvement d’expansion et de résorption de l’Univers. C’est pourquoi le cœur est Prajâpati;  il est Brahmâ dans sa fonction productrice, il est l’origine des cycles du temps. Selon Clément d’Alexandrie, Dieu, cœur du monde, se manifeste selon les six directions de l’espace. Allah est semblablement Cœur des cœurs et Esprit des esprits.

     

    Parce qu’il est au centre, les chinois font correspondre au cœur l’élément terre et le nombre cinq. Mais en raison de sa nature – car il est le soleil – ils lui attribuent aussi l’élément Feu. Il s’élève jusqu’au principe de la lumière, commente le Sou-wen. La lumière de l’esprit, celle de l’intuition intellectuelle, de la révélation, brille dans la caverne du cœur. L’organe d’une telle perception est, selon le soufisme, l’œil du Cœur (Ayn el-Qalb), expression qu’on retrouve dans nombre de textes chrétiens, et notamment chez saint Augustin.

     

    Le cœur est le Roi, disait le Nei-king. La fonction du cœur est de gouverner, confirme un texte ismaélien. Le cœur, enseigne le maître taoïste Liu-tsou, est le maître du souffle; ceci pourrait s’expliquer par la seule analogie entre le rythme cardiaque et la respiration, identifiés dans leurs fonctions de symboles cosmiques. Mais Plutarque utilise la même image : le soleil diffuse la lumière comme le cœur diffuse le souffle. Or, dans le taoïsme aussi, le souffle (k’i) est la lumière ; il est l’esprit. Liu-tsou concentre l’esprit entre les sourcils, là ou le Yoga situe l’Ajna-chakra ; il y transfère en quelque sorte la fonction du cœur ; c’est pourquoi cet espace d’un pouce est appelé cœur céleste (t’iensin).

     

    L’écriture hiéroglyphique égyptienne représente le cœur par un vase. Or le cœur est aussi mis en relation avec le saint Graal, coupe qui recueillit le sang du Christ. Il est d’ailleurs remarquable que le triangle renversé, qui est une figuration de la coupe, soit aussi le symbole du cœur, outre que la coupe contenant le breuvage d’immortalité s’atteint nécessairement « au cœur du monde ».

     

    Dans la religion égyptienne, le cœur joue un rôle fondamental : selon la cosmogonie memphite, Dieu Ptah a pensé l’univers avec son cœur avant de la matérialiser par la force du verbe créateur. Mais surtout, il est en chaque homme le centre de la vie, de la volonté, de l’intelligence. Lors de la psychostasie, c’est le cœur du défunt – seul viscère laissé à sa place dans la momie – qui est posé sur l’un des plateaux de la balance et le scarabée du cœur, amulette essentielle, porte gravée la formule magique qui empêche au cœur de témoigner contre le mort au tribunal d’Osiris. Le cœur d’un homme est son propre Dieu et mon cœur est satisfait de mes actes, est-il inscrit dans la biographie d’un disciple des Sages. De même sur une stèle du Louvre, le cœur est assimilé à la « Conscience » : quand à mon cœur il m’a fait accomplir ces actions, tandis qu’il guidait mes affaires. Il fut pour moi un témoin excellent….J’excellais parce qu’il faisait que j’agisse….C’est un jugement du Dieu qui est en tout corps. Le souhait suprême de chacun est celui que formule Paheri d’El-Kab : Puisses-tu traverser l’éternité en douceur de cœur, avec les faveurs du Dieu qui est en toi. Ainsi le cœur est en nous le symbole même de la « présence divine » et de la « Conscience » de cette présence.

     

    Dans l’antiquité gréco romaine, le cœur n’a pas de signification symbolique précise. Une tradition rapporte que Zeus, ayant avalé le cœur encore palpitant de Zagreus que les Titans déchaînés avaient taillé en morceaux, régénéra son fils en engendrant Dionysos avec Sémélé. Il semble que ce soit la seule légende où le cœur joue un rôle ; et ce rôle est celui d’un principe de vie et de personnalité : le cœur de Zagreus régénéré donnera Dionysos.

     

    Dans le monde celtique, il existe une remarquable interférence sémantique entre le nom du centre (en Breton kreiz, gall.craidd et l’irlandais cridhe) et celui du cœur. Ces trois mots se rattachent à la racine indo-européenne krd cœur centre, milieu dont sont issus les noms latin, grec, arménien, germanique, et slave du cœur. Pour désigner le cœur, les trois langues brittoniques ont un emprunt roman (bret.kalon, corn. Et gall. Calon). Les textes irlandais disent quelques fois, pour évoquer la mort d’un personnage accablé de tristesse, que son cœur se brisa dans sa poitrine. Le cœur symbolise manifestement le centre de la vie.

     

    Dans la tradition biblique, le cœur symbolise l’homme intérieur, sa vie affective, le siège de l’intelligence et de la sagesse. Le cœur est à l’homme intérieur ce qu’est le corps à l’homme extérieur. C’est dans le cœur que se trouve le principe du mal, l’homme risque toujours de suivre son cœur mauvais. La perversion du cœur provient de la chair et du sang. Babua ben Asher commentait le texte : aimer de tout ton cœur dira que le cœur est le premier organe qui se forme et le dernier à mourir, d’où l’expression de tout ton cœur signifie jusqu’à ton dernier soupir.

     

    Le cœur tient une très grande place dans la tradition hébraïque. Faire attention se dit : sim lev, c'est-à-dire mettre son cœur, et la méditation signifie : parler à son cœur.

     

    Selon un Midrash, le cœur de pierre de l’homme doit devenir un cœur de chair. Les sages de cœur ont l’esprit de sagesse.

     

    Dans la bible le mot cœur est employé une dizaine de fois pour désigner l’organe corporel alors qu’on retrouve plus de mille exemples dans lesquels son interprétation est métaphorique. La mémoire et l’imagination relèvent du cœur, ainsi que la vigilance, d’où cette phrase : je dors mais mon cœur veille. Le cœur tient un rôle central dans la vie spirituelle : il pense, il décide, il ébauche des projets, il affirme ces responsabilités. Prendre le cœur de quelqu’un, c’est lui faire perdre « le contrôle de soi » (Cantique des Cantiques 4,9-10).

     

    Le cœur est associé à l’esprit et parfois les termes se mélangent en raison de leurs significations identiques. D’où les expressions : esprit nouveau et cœur nouveau (Ezéchiel 36, 26) ; cœur contrit et esprit contrit (Ps.51, 19). Le cœur est toujours plus lié à l’esprit qu’à l’âme.

     

    Dans la tradition Islamique, le cœur (qualb) représente, non pas l’organe de l’affectivité, mais celui de la contemplation et de la vie spirituelle. Point d’insertion de l’esprit dans la matière….c’est l’essentiel de l’homme, cette oscillation régulatrice placée au-dedans d’un morceau de chair. C’est le lieu caché et secret (sirr) de la conscience (MASH, 477).

     

    Il est représenté comme constitué d’enveloppes successives (‘Alâ al Dawlah en distingue sept), dont les couleurs sont visibles dans l’extase. Au-dedans de la nafs, l’âme charnelle, le sirr constitue la personnalité latente, conscience implicite, subconscient profond, cellule secrète murée à toute créature, vierge inviolée (MASH, 486. Rapprocher l’étincelle, le fondement de l’âme de Maître Eckhart).

     

    Cet organe spirituel que les Soufis appellent le cœur (qalb) se distingue à peine de l’esprit (ruh) : Jîlî dit que lorsque le Coran parle de l’esprit Divin insufflé en Adam, c’est du cœur qu’il s’agit (NICM, 113). Ce même mystique décrit le cœur comme la lumière éternelle et la conscience sublime (sirr) révélée dans la quintessence des êtres créés, afin que Dieu puisse contempler l’Homme par ce moyen. C’est le trône de Dieu  (Al-‘Arsh) et son temple dans l’homme…..le centre de la conscience divine et la circonférence du cercle de tout ce qui existe.

     

    Le Coran dit que le cœur du croyant se trouve entre deux doigts du Miséricordieux ; et une tradition sacrée fait dire à Dieu : Le ciel, la terre ne me contiennent pas, mais je suis contenu dans le cœur de mon serviteur. Les noms et les Attributs divins constituent la véritable nature du cœur : le cœur représente la présence de l’Esprit sous son double aspect (Connaissance et Être), car il est à la fois l’organe de l’intuition (al-kashf=dévoilement) et le point d’identification (wajd) avec l’Être (al-wujûd). Le point le plus intime du cœur est appelé le mystère (as-sirr) et c’est le point insaisissable où la créature rencontre Dieu.

     

    Pour les mystiques Soufis, le cœur est aussi le Trône de la miséricorde. L’amour dont il est siège manifeste en effet l’amour de Dieu. Le cœur aimant est une théophanie, le miroir du monde invisible et de Dieu.

     

    Pour Ibn al-‘Arabî, le cœur du mystique est absolument réceptif et plastique. C’est pourquoi, il revêt toute forme en laquelle Dieu se révèle, comme la cire reçoit l’empreinte du sceau (il existe une analogie entre la racine du mot qalb (cœur) QLB, et la racine de qâbil QBL qui signifie recevoir, être en face de (être passif, réceptif).

     

    Tirmidhî expose, en psychologue mystique, la théorie de la science des cœurs et note explicitement que qalb (cœur) désigne à la fois l’organe régulateur de la pensée et le viscère de la chair.

     

    En psychologie musulmane, le cœur suggère les pensées les plus cachées, les plus secrètes, les plus authentiques, la base même de la nature intellectuelle de l’homme.

     

    La notion de naissance spirituelle se rattache au symbole du cœur : Les cœurs en leur secret sont une seule vierge, dit al-hallâj. Les mystiques s’appellent chez les Soufis, les hommes du cœur. La vision spirituelle est comparée à l’Œil du cœur : J’ai vu mon Seigneur avec l’œil du cœur, dit encore al-Hallâj.

     

    Le Coran lui-même fait allusion à la connaissance par le cœur : Le cœur ne dément pas ce qu’il a vu (à propos de la vision du Prophète, et ce ne sont pas leurs yeux qui sont aveugles, ce sont leurs cœurs, dans leurs poitrines, qui sont aveugles.

     

    Un seul mot désigne l’âme chez les Caraïbes du Venezuela et des Guyanes ; Chez les Tucano (Bassin de l’Amazone) un seul mot pour cœur, âme et pouls ; pour les Wuitoto (sud-Colombiens), cœur, poitrine, mémoire et pensée sont même chose.

     

    Pour les indiens Pueblo de l’Arizona les enfants sont le produit de la semence sortie de la moelle épinière de l’homme et du sang du cœur de la femme.

     

    Dans les traditions modernes, le cœur est devenu le symbole de l’amour profane, de la charité en tant qu’amour Divin, de l’amitié et de la droiture.

     

    Guénon a observé que le cœur avait la forme d’un triangle inversé. Comme les symboles qui revêtent cette forme, le cœur se référerait au principe passif ou féminin de la manifestation universelle…tandis que ceux (les symboles) qui sont schématisés par le triangle droit se rapportent au principe actif ou masculin. On rappellera que, dans l’Egypte ancienne, le vase était l’hiéroglyphe du cœur et que dans l’Inde, le triangle inversé est l’un des principaux symboles de la Shakti, l’élément féminin de l’être, en même temps que celui des eaux primordiales.

    (Dictionnaire des symboles Robert Laffont)

     

    Suite de l’exercice :

     

    1/ Repérez toutes les complémentarités qui existent sur cette symbolique universelle du cœur. Avez-vous ressentis de la dualité dans cette lecture ou plutôt un sentiment d’unité ? Avez-vous collez facilement à cette lecture ? Votre compréhension à t-elle été aisée ou pas ?

     

    2/ Recentrez-vous sur vous-même et sur votre fonctionnement personnel. Quelle est votre manière d’aimer, laissez-vous votre cœur guider votre personnalité au travers de la vie ? Votre cœur, votre personnalité et votre vie sont elles bien alignées l’une à l’intérieur de l’autre et en symbiose ? Votre cœur respire t-il en harmonie avec votre extérieur, les autres et l’Univers ?

     

    3/ Synthèse sur cette triplicité : Vous retrouvez-vous dans ce texte ou pas du tout ? Quelles sont les différences que vous pouvez mettre en évidence entre vous et les autres ? Cette lecture vous a-t-elle rapprochée d'eux ou carrément éloigné ? Vous êtes-vous enrichit à la lecture de ce texte ? Êtes-vous capables de vous embellir au contact des différences des autres ? Êtes-vous capable d’effectuer un rapprochement entre votre manière d'être avec le cœur et votre manière de penser avec votre intellectuel? Pouvez-vous réaliser un changement dans votre manière d’être ?  Est-ce qu’à l’ avenir vous serez beaucoup plus compréhensif avec les autres ? Est-ce que vous parviendrez plus facilement à expliquer vos différences aux autres ?

     

    Conclusion de l’exercice

     

    Le cœur est très lié à la respiration et à la pensée. En lui-même il est très constructeur de notre environnement. La compréhension de la dualité nous conduit vers l’Unité. Le cœur est le siège de l’Amour….qui est lié au Divin. Toutes les religions ont des chemins différents parce que nous sommes tous différents. Toutes les religions amènent au Cœur qui est la demeure où l’Amour grandit vers le suprême.  Notre cœur est-il dans la dualité des différences ou dans l’unité Spirituelle et respectueuse de chacun ? Par le cœur, nous sommes tous les mêmes, par le cœur nous sommes tous « Frères et Sœurs ». Alors prenons pleinement « Conscience » de cette vérité avec une grande compassion envers nous-mêmes et envers les autres.

     

    Le cœur du Croyant est le siège du  Divin.

     

     

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    Que la philosophie dégagée par les symboliques éclaire votre conscience d’une nouvelle lumière

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    Je vous aime infiniment, je vous aime infiniment, je vous aime infiniment

    Véronique-Arlette

    Namaste  

     

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